La deuxième journée, le 12 juin, a approfondi le thème de la collaboration entre l’IA et les humains et mis à l’honneur l’innovation des startups. En conférence, plusieurs intervenants ont démystifié l’impact de l’IA sur le travail. Thomas Dohmke, CEO de GitHub, a ainsi rappelé que même avec une IA écrivant « 99 % du code », il faudra toujours des humains pour le relire et le valider : autrement dit, loin de supprimer des emplois, l’IA pourrait surtout augmenter la productivité et permettre de construire davantage. Downson Tong, vice-président de Tencent, a évoqué les attentes contrastées des utilisateurs face aux agents IA autonomes. « Certains utilisateurs souhaitent plus de contrôle : être assistés par des agents, mais avec des points de validation. D’autres préfèreront une vie simplifiée en autorisant les agents à agir en leur nom (paiements, usage de leur identité…). La jeune génération, née avec l’IA omniprésente, sera probablement plus à l’aise avec ce niveau de délégation. Mais j’imagine que mes parents n’y feraient pas confiance », a-t-il illustré. Cette réflexion sur l’IA agentique souligne l’importance de la confiance et du choix de l’utilisateur dans l’adoption de ces assistants intelligents.
Dans le secteur du retail, Fidji Simo (PDG d’Instacart et future dirigeante d’OpenAI Apps) a partagé sa vision de la magasinification augmentée par l’IA plutôt qu’automatisée à 100 %. « Les clients ne recherchent pas un magasin complètement vide de personnel. Ils veulent une activité humaine réelle. Ces technologies peuvent réellement contribuer à augmenter le travail humain – aider les employés à mieux accompagner les clients et rendre l’expérience en magasin plus agréable, grâce à l’assistance des chariots intelligents tout en gardant l’aide humaine. Pour nous, c’est la combinaison idéale : une augmentation, pas un remplacement », a-t-elle expliqué. Du côté de l’exploration spatiale, Vanessa Wyche, directrice du centre spatial Johnson de la NASA, a lancé un message aux innovateurs : « La NASA compte sur vous ! Nos startups et entrepreneurs ont de nombreux défis à relever – avec à la clé des applications concrètes ici sur Terre ». Elle a encouragé les jeunes pousses à s’attaquer aux grands enjeux spatiaux, tout en soulignant les retombées potentielles pour le quotidien. Enfin, dans le domaine de la robotique, Daniel Diez (Agility Robotics) a insisté sur le fait que ses robots humanoïdes visent en priorité les secteurs en manque de main d’œuvre. « Nous nous concentrons sur les postes où il est difficile de recruter. Il ne s’agit pas de supprimer des emplois, mais de pourvoir ceux pour lesquels il n’y a pas assez de candidats. On pourrait construire une très grande entreprise rien qu’en répondant à ce besoin », a-t-il affirmé, réorientant le débat vers la pénurie de talents plutôt que la substitution technologique.
Le Jour 2 s’est conclu par un moment fort : la Cérémonie des Global VivaTech Awards sur la grande scène. Pour la première fois, une remise de prix unifiée (sponsorisée par TechCrunch) a couronné les lauréats de cinq concours de startups vivatechnology.com:
- Female Founder Challenge : Hélène Briand, cofondatrice et CTO de Verley (prix distinguant les femmes fondatrices de startups).
- AfricaTech Awards : grand gagnant REME-D.Inc (HealthTech), avec des trophées par catégorie pour Plentify (GreenTech), REME-D.Inc (HealthTech) et Zeeh Africa (FinTech/e-commerce).
- Tech for Change : Adrienne de Malleray et la startup Genesis sont récompensées pour leur solution combinant impact social et innovation technologique.
- Next Startupper Challenge : deux jeunes entrepreneurs sont à l’honneur – Zied Madini pour Greeny Solutions et Typhaine Brual pour Artemisia – saluant la nouvelle génération de startuppeurs.
- Innovation of the Year : la startup française Chipiron l’emporte avec son dispositif médical d’IRM portable, illustrant l’ingéniosité technologique capable de transformer un secteur.
En outre, la matinée avait vu la publication très attendue du Global Startup Ecosystem Report 2025 par Startup Genome (en partenariat avec le Global Entrepreneurship Network). Ce 13e rapport annuel analyse les données de plus de 5 millions d’entreprises à travers 350 écosystèmes mondiaux et dresse le classement des 40 meilleurs hubs tech, ainsi que 100 écosystèmes émergents prometteurs. Dévoilé à VivaTech, le GSER 2025 met en lumière des tendances régionales et les défis auxquels font face les entrepreneurs dans le monde entier.
Enfin, la programmation du Jour 2 s’est illustrée par sa diversité. Des conférences ont exploré aussi bien le potentiel de l’IA pour accélérer la découverte de médicaments (session AI & Drug Discovery) que les solutions pour préserver l’environnement grâce aux données (session sur la tech au service de la planète). Ces discussions de haut niveau – mêlant grands comptes (AstraZeneca, European Environment Agency, etc.) et startups deeptech – ont montré comment la technologie peut apporter des réponses concrètes aux défis de santé ou de climat. Avec cette deuxième journée riche en échanges, VivaTech 2025 a souligné l’importance d’une IA centrée sur l’humain et célébré les startups innovantes, dans un esprit résolument optimiste quant à l’avenir de la tech européenne.

