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Kering : Gucci recule de 6 % au T3 et le groupe accélère les fermetures de boutiques

L’essentiel

Au troisième trimestre 2026, Gucci recule de 6 % et Kering relève à 125 son objectif de fermetures nettes de boutiques. L'action a chuté de plus de 11 %.

À retenir

Au troisième trimestre 2026, Gucci recule de 6 % et Kering relève à 125 son objectif de fermetures nettes de boutiques. L'action a chuté de plus de 11 %.

Kering a publié le 22 octobre 2026 un chiffre d’affaires trimestriel de 3,345 milliards d’euros, en recul de 1 % à données comparables, toujours pénalisé par Gucci, dont les ventes baissent de 6 %. Le groupe a aussi relevé son objectif de fermetures de boutiques et prévenu que sa marge ne progresserait pas au second semestre. Le 23 octobre, l’action perdait plus de 11 % dès l’ouverture de la séance parisienne.

Un trimestre de nouveau dans le rouge

Après un deuxième trimestre en croissance, Kering repasse en territoire négatif, relève le Journal du Luxe. De juillet à septembre, les ventes ne bougent pas en données publiées et reculent de 1 % hors effets de change et de périmètre. Sur neuf mois, le chiffre d’affaires atteint 10 565 millions d’euros, soit -2 % en publié et une stabilité en comparable, selon France Épargne. Le directeur général Luca de Meo, arrivé en septembre 2025, parle d’un « séquencement » attendu dans un contexte moins porteur.

Le pôle Mode et Maroquinerie, qui pèse environ 2,7 milliards d’euros sur le trimestre, recule de 3 %. Hors Gucci, ses boutiques en propre progressent de 2 % : Saint Laurent, Bottega Veneta et Brioni continuent de croître, tandis que Balenciaga voit son prêt-à-porter et ses chaussures souffrir malgré une maroquinerie qui résiste. Les meilleures nouvelles viennent des autres activités : Kering Jewelry, qui réunit notamment Boucheron et Pomellato, gagne 11 % à 239 millions d’euros, et les ventes de Kering Eyewear montent de 4 %, à 373 millions.

Gucci, toujours le point faible

La marque phare du groupe réalise 1 291 millions d’euros, soit -4 % en publié et -6 % en comparable, un peu moins bien que le consensus compilé par Kering (-5,4 %). Le détail inquiète davantage : les ventes dans ses propres boutiques chutent de 9 %, alors que le canal de gros, c’est-à-dire les ventes à des distributeurs tiers, bondit de 45 % à 120 millions d’euros. Kering l’explique par une référence peu élevée un an plus tôt et par des commandes liées aux nouvelles collections.

Le Journal du Luxe évoque une fréquentation en baisse dans les boutiques Gucci, notamment en Chine continentale et au Japon, et un effet de nouveauté moins fort qu’au printemps, tout en notant un panier moyen en hausse. À l’échelle du groupe, le réseau en propre recule de 3 % en comparable. Lors de la conférence téléphonique du 22 octobre, la direction financière a fait état de +1 % en Amérique du Nord, +4 % au Japon, d’une stabilité en Europe de l’Ouest et de -8 % en Asie-Pacifique, où la Chine continentale reste le principal point faible. Par rapport au deuxième trimestre, les achats des clients chinois comme ceux des clients américains ont perdu environ cinq points de croissance. « Le redressement de Gucci demeure notre priorité absolue », a insisté Luca de Meo.

Des fermetures de boutiques en accélération

Kering a fermé 128 magasins et en a ouvert 23 sur les neuf premiers mois de 2026, soit 105 fermetures nettes, contre 75 sur l’ensemble de 2025. Il en vise désormais au moins 125 sur l’année, au lieu des 100 prévues au départ, d’après France Épargne. Le Journal du Luxe cite en particulier la réduction du réseau d’Alexander McQueen, maison en plein repositionnement.

Ces fermetures sont l’un des leviers du plan de Luca de Meo, aux côtés d’économies de coûts et d’une réorganisation de l’approvisionnement, rappelle France Épargne. L’objectif affiché : faire doubler, d’ici la fin de la décennie, la marge opérationnelle courante du groupe.

Une marge plafonnée et une Bourse qui sanctionne

Sur l’ensemble de 2026, Kering vise toujours une marge opérationnelle courante plus élevée qu’en 2025 (11,1 %). En revanche, le second semestre ne fera pas mieux que les 12,8 % du premier. La directrice financière Armelle Poulou a reconnu que le groupe n’améliorerait pas sa rentabilité d’un semestre à l’autre, en invoquant un « environnement difficile ». Pour le quatrième trimestre, elle anticipe aussi un ralentissement des ventes en gros de Gucci, qui pourraient même baisser légèrement.

La sanction boursière a été immédiate. Le 23 octobre vers 9 h 30, le titre cédait 11,40 % à 189,16 euros, contre 213,50 euros à la clôture du 22 octobre, alors qu’il affichait déjà un recul de 29,1 % depuis le début de l’année. Dans le même temps, le CAC 40 reculait de 0,70 %, LVMH de 1,68 % et Hermès de 1,28 %. Plusieurs banques ont abaissé leur objectif de cours : Bernstein le ramène à 210 euros (contre 270), Barclays à 230 euros (contre 300) et Citi à 243 euros (contre 282). Les analystes de Bernstein voient dans l’envolée du canal de gros un signal négatif, qui pourrait traduire une pression commerciale accrue.

Le redressement passe aussi par des choix de portefeuille. Le Journal du Luxe rappelle la cession de Kering Beauté à L’Oréal, assortie d’une licence de 50 ans pour les parfums et cosmétiques Gucci, dont l’entrée en vigueur est avancée à la mi-2027.

Questions fréquentes

Combien Gucci a-t-il vendu au troisième trimestre 2026 ?

Gucci a réalisé 1 291 millions d’euros, en baisse de 6 % à données comparables. Les ventes de ses boutiques en propre ont reculé de 9 %, ce que le bond de 45 % du canal de gros n’a compensé qu’en partie.

Combien de magasins Kering ferme-t-il en 2026 ?

Le groupe compte 105 fermetures nettes sur neuf mois (128 fermetures pour 23 ouvertures) et en prévoit désormais au moins 125 en net sur l’ensemble de 2026, contre 100 dans l’objectif initial.

Pourquoi l’action Kering a-t-elle chuté ?

Les investisseurs ont réagi à la nouvelle baisse de Gucci, à une croissance du canal de gros jugée fragile par certains analystes et à l’annonce d’une marge du second semestre qui ne progressera pas. Le titre a perdu plus de 11 % le 23 octobre au matin.

Sources

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