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LVMH ralentit au troisième trimestre 2026 : la mode et maroquinerie recule de 5 %

L’essentiel

Au troisième trimestre 2026, LVMH ne croît que de 1 % et sa mode-maroquinerie recule de 5 %, freinée par la Chine. Ce que cela change pour la filière.

À retenir

Au troisième trimestre 2026, LVMH ne croît que de 1 % et sa mode-maroquinerie recule de 5 %, freinée par la Chine. Ce que cela change pour la filière.

LVMH a vendu pour 18,5 milliards d’euros au troisième trimestre 2026, avec une croissance organique ramenée à 1 %, contre 3 % le trimestre précédent. Le frein vient de sa plus grosse division : la mode et maroquinerie recule de 5 %, davantage que ne l’anticipaient les analystes, sous l’effet d’une demande chinoise en repli. Pour les ateliers et fournisseurs qui travaillent pour le luxe, ce signal se lit catégorie par catégorie.

Un total conforme aux attentes, un détail décevant

D’après le communiqué du groupe publié le 12 octobre, les ventes trimestrielles atteignent 18 504 millions d’euros, contre 18 280 millions un an plus tôt. À périmètre et changes constants, la hausse est de 1 %, après +1 % au premier trimestre et +3 % au deuxième. Sur neuf mois, le chiffre d’affaires s’établit à 57,1 milliards d’euros. En données publiées, il recule de 2 % du fait des devises et des cessions, mais la progression organique atteint 2 %.

À l’échelle du groupe, le total correspond au consensus de 18,49 milliards d’euros, relève Luxury Tribune. Les cessions, principalement celles de DFS et de Marc Jacobs, ont retiré environ 2 points de croissance au trimestre, compensés par un effet de change positif de même ampleur. C’est la répartition par métier qui a surpris.

La mode et maroquinerie, maillon faible du trimestre

La division qui regroupe notamment Louis Vuitton, Dior, Celine et Loro Piana a réalisé 8 245 millions d’euros de ventes, contre 8 497 millions un an plus tôt, soit un recul organique de 5 %. Elle était pourtant revenue en territoire positif au deuxième trimestre (+1 %), une première depuis deux ans selon Euronews. Les analystes de Barclays, RBC et HSBC tablaient sur -2 %, ceux de Jefferies sur -2,5 %, d’après Luxury Tribune.

Le groupe impute ce repli au ralentissement de la demande en Chine. Le Journal du Luxe chiffre à -5 % l’évolution organique en Asie hors Japon, après +4 % au trimestre précédent, alors que les États-Unis (+5 %), le Japon (+6 %) et l’Europe (+4 %) progressent. Euronews rappelle par ailleurs que Louis Vuitton a gagné un procès contre la chaîne chinoise de thé Molly Tea, accusée d’avoir copié son logo, une affaire qui a déclenché des appels au boycott sur les réseaux sociaux. Rien ne permet toutefois d’en mesurer l’effet sur les ventes.

Les autres métiers tiennent le choc

Le reste du portefeuille résiste. La distribution sélective progresse de 8 %, portée par Sephora, qui gagne des parts de marché et ouvre en Belgique et en Croatie. Les montres et la joaillerie avancent de 6 %, contre +11 % au deuxième trimestre, avec notamment la nouvelle ligne Eclettica de Bvlgari. Les vins et spiritueux gagnent également 6 % grâce au retour du champagne en Europe et à la bonne tenue de Hennessy en Asie, tandis que les parfums et cosmétiques se contentent de +1 %.

Ce que ce ralentissement change pour les ateliers et fournisseurs

Aucune des sources consultées ne chiffre l’effet de ce trimestre sur les commandes passées aux ateliers, tanneries ou sous-traitants français, et le communiqué de LVMH n’aborde pas le sujet. Les chiffres publiés permettent néanmoins de situer l’exposition de chacun.

  • Le poids de la division : la mode et maroquinerie a pesé près de 45 % des ventes du groupe au troisième trimestre, selon L’Essentiel de l’éco. Un fournisseur dont le carnet dépend surtout de ces maisons est le plus directement concerné par la baisse de 252 millions d’euros constatée sur le trimestre en données publiées.
  • Toute la maroquinerie ne souffre pas : sur la même période, la maroquinerie-sellerie d’Hermès a progressé de 10,8 %, quand Gucci reculait de 6 %, d’après le même média. Le recul ne frappe donc pas toutes les maisons de maroquinerie de la même façon.
  • En Chine, le cuir est le plus touché : selon les estimations de Bain & Company reprises par L’Essentiel de l’éco, le marché chinois du luxe a reculé en 2025 de 8 à 11 % en maroquinerie et de 5 à 8 % en mode.

Reste la question de la durée. Les analystes de Deutsche Bank cités par Euronews jugent la faiblesse cyclique plutôt que structurelle, tout en s’attendant à de nouvelles révisions à la baisse des prévisions de bénéfices pour le second semestre 2026 et pour 2027. Le groupe, lui, se dit « confiant » malgré un environnement qu’il juge « encore incertain ».

Questions fréquentes

Quel est le chiffre d’affaires de LVMH au troisième trimestre 2026 ?

Entre juillet et septembre, ses ventes ont atteint 18,5 milliards d’euros, soit une hausse organique de 1 %. De janvier à septembre, le groupe cumule 57,1 milliards d’euros.

Pourquoi la mode et maroquinerie de LVMH recule-t-elle ?

LVMH invoque une demande plus faible en Chine. En Asie hors Japon, ses ventes ont baissé de 5 % en organique, alors que le Japon, l’Europe et les États-Unis restaient en croissance.

Tout le secteur du luxe est-il touché de la même façon ?

Non. Hermès a vu sa maroquinerie progresser de près de 11 % au même trimestre, et chez LVMH la joaillerie, Sephora et les vins et spiritueux ont continué de croître. Le recul se concentre sur certaines maisons de mode.

Sources

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