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VivaTech, CES, RAISE Summit : réseauter sans collectionner les contacts

VivaTech, CES, RAISE Summit : réseauter sans collectionner les contacts
L’essentiel

Dans les grands salons technologiques, multiplier les présentations ne garantit ni rencontres utiles ni collaborations durables. Une question bien préparée, une écoute attentive et une relance personnalisée font souvent davantage qu’un carnet d’adresses rempli.

À retenir

Dans les grands salons technologiques, multiplier les présentations ne garantit ni rencontres utiles ni collaborations durables. Une question bien préparée, une écoute attentive et une relance personnalisée font souvent davantage qu’un carnet d’adresses rempli.

Le badge est scanné, le profil LinkedIn ajouté, la conversation déjà oubliée. Dans les allées de VivaTech, du CES ou du RAISE Summit, le réseautage peut vite ressembler à une chaîne de production : se présenter, échanger, repartir. Pourtant, les rencontres qui débouchent sur un conseil décisif, un recrutement ou un projet commencent souvent autrement. Par une question précise. Par quelques minutes d’attention. Puis par un message qui prouve que l’on a réellement écouté.

Trois rendez-vous, un même piège

Ces événements ne sont pas interchangeables. À Las Vegas, le CES offre un panorama des technologies grand public et de leurs applications industrielles. À Paris, VivaTech fait se croiser startups, grands groupes, investisseurs et acteurs publics. Également parisien, le RAISE Summit se concentre sur l’intelligence artificielle et ses enjeux économiques. Les interlocuteurs, leurs attentes et leur disponibilité varient donc fortement d’un rendez-vous à l’autre.

Le piège reste identique : confondre densité du programme et qualité des relations. Entre démonstrations, conférences et soirées, tout pousse à accélérer. Une longue conversation semble coûter plusieurs occasions de contact. Mais dix échanges génériques ne constituent pas nécessairement dix relations naissantes. Ils peuvent simplement produire dix notifications auxquelles personne ne donnera suite.

Pour cette rentrée de septembre 2026, les méthodes proposées ici s’appuient sur des caractéristiques établies de ces rendez-vous et sur les tendances connues de la tech. Les évolutions envisagées relèvent de la prospective, et non d’un bilan factuel de leurs éditions 2026.

Avant le salon, choisir ce que l’on cherche vraiment

« Développer mon réseau » est une intention trop vague pour guider une journée. Chercher à comprendre comment une entreprise évalue ses fournisseurs d’IA, rencontrer des responsables produit confrontés au même problème ou tester une hypothèse commerciale donne une direction beaucoup plus exploitable. Un objectif utile décrit ce que l’on veut apprendre ou faire avancer, pas seulement qui l’on veut approcher.

La préparation consiste ensuite à sélectionner quelques personnes ou organisations pertinentes. Un programme de conférences, une page produit, une interview récente ou une offre d’emploi peuvent suffire à identifier un point d’entrée. Inutile de constituer un dossier encyclopédique : il faut comprendre assez bien le contexte pour éviter la question dont la réponse figure en première ligne du site.

Gardez néanmoins des espaces libres. Une liste trop rigide transforme le salon en tournée de rendez-vous et élimine les découvertes. Le bon équilibre consiste à préparer des rencontres prioritaires tout en restant disponible pour une discussion imprévue, notamment avec quelqu’un qui n’a ni un titre prestigieux ni une longue file d’attente devant son stand.

La bonne question ouvre une conversation

Depuis l’essor de l’IA générative, les promesses se ressemblent : gagner du temps, automatiser, personnaliser. Demander « Que faites-vous dans l’IA ? » invite à une présentation standard. Une question sur un arbitrage réel conduit plus facilement à une réponse intéressante : quel usage a résisté aux tests ? Quelle contrainte a retardé le déploiement ? Comment distinguer une démonstration convaincante d’un outil réellement adopté ?

La question doit toutefois correspondre à la personne. Un chercheur, une responsable achats et un fondateur ne parlent pas depuis le même poste d’observation. Elle doit aussi pouvoir recevoir une réponse sans exiger d’informations confidentielles. Voici trois amorces possibles, à adapter plutôt qu’à réciter :

  • Sur un stand : « Dans quel cas conseillez-vous à un client de ne pas choisir votre solution ? »
  • Après une conférence : « Vous avez évoqué ce frein au déploiement : qu’est-ce qui permet de le repérer assez tôt ? »
  • Entre professionnels : « Quelle décision récente vous a fait changer d’avis sur ce marché ? »

Ces formulations ne sont pas des astuces pour paraître brillant. Leur intérêt est de quitter le discours promotionnel et de créer un terrain commun. Encore faut-il accepter une réponse inattendue, au lieu de ramener immédiatement la discussion vers son propre argumentaire.

Se présenter moins, écouter mieux

Une présentation courte reste nécessaire : votre activité, le problème qui vous occupe et la raison de votre présence. Mais elle doit servir de repère, pas monopoliser l’échange. Si votre interlocuteur expose une difficulté de recrutement, inutile d’enchaîner mécaniquement sur toutes les fonctionnalités de votre produit. Demandez plutôt quelles compétences manquent et ce qui a déjà été tenté.

L’écoute active se voit dans un geste simple : reformuler. « Si je comprends bien, le blocage vient moins du modèle que de son intégration dans les équipes ? » Cette vérification réduit les malentendus et montre que vous cherchez à comprendre, pas seulement à attendre votre tour. Elle permet aussi de découvrir qu’aucune collaboration immédiate n’est pertinente, sans considérer la rencontre comme ratée.

Respecter le contexte compte autant que le contenu. Sur un stand chargé ou à la sortie d’une intervention, proposer de poursuivre plus tard est souvent préférable à retenir quelqu’un. Et échanger ses coordonnées ne vaut pas consentement à recevoir une séquence commerciale automatisée. Demandez quel canal convient et pour quelle suite précise.

La relance commence avant de se quitter

Le meilleur antidote au message « Ravi de vous avoir rencontré » est de convenir d’un prochain pas pendant la conversation. Envoyer une ressource, transmettre une question technique, organiser un court échange : la suite doit être proportionnée. Une personne qui vous a accordé quelques minutes ne vous doit ni une recommandation ni une introduction auprès de sa direction.

Juste après, notez le contexte, le sujet et l’engagement éventuel. Évitez les jugements personnels ou les détails privés sans utilité professionnelle. Ces quelques lignes servent à restituer fidèlement l’échange, pas à fabriquer une fiche de profilage.

Une relance personnalisée peut tenir en quatre phrases : « Nous avons échangé après la table ronde sur l’adoption de l’IA. Votre remarque sur la formation des équipes m’a intéressé. Voici le retour d’expérience que je vous avais proposé. Si le sujet reste prioritaire, souhaitez-vous que nous comparions nos approches lors d’un bref appel ? » L’essentiel tient à sa continuité avec la rencontre, pas à son élégance rédactionnelle.

Mesurer ce qui avance, pas ce qui s’accumule

Au retour, compter les badges scannés rassure mais renseigne peu. Un bilan plus utile examine les apprentissages obtenus, les engagements tenus et les conversations effectivement poursuivies. Certaines rencontres produiront une action rapide ; d’autres resteront une source occasionnelle d’information. Toutes n’ont pas vocation à devenir des opportunités commerciales.

Cette approche avantage aussi les profils moins à l’aise dans les grands rassemblements. Préparer une question, privilégier les petits groupes et ménager des pauses permet de participer sans jouer un personnage extraverti. Réseauter n’est pas occuper toute la pièce : c’est établir quelques échanges dans lesquels chacun trouve une raison de revenir.

Et maintenant ? Si les outils d’IA facilitent encore la préparation et la rédaction des relances, les messages impeccables mais interchangeables pourraient se multiplier. La différence se déplacerait alors vers ce qui s’automatise moins bien : une observation juste, une attention sincère et une promesse tenue. Au prochain salon, mieux vaudra peut-être repartir avec moins de contacts, mais davantage de conversations qui méritent une suite.

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