VAST Data, Inc. conçoit des infrastructures logicielles pour stocker, organiser et exploiter les données à grande échelle. Basée aux États-Unis, avec son siège à New York et des activités de recherche et développement en Israël, l’entreprise s’adresse aux grandes organisations, aux fournisseurs de services cloud et aux acteurs du calcul intensif. Son positionnement repose sur une conviction : les architectures de données doivent évoluer pour alimenter les applications d’intelligence artificielle, sans multiplier les silos ni les déplacements d’informations.
Du stockage flash à une plateforme de données
Créée en 2016 par Renen Hallak, Shachar Fienblit et Jeff Denworth, VAST Data sort de sa phase de développement confidentielle en 2019. Elle se fait d’abord connaître avec une architecture de stockage entièrement fondée sur la mémoire flash, pensée pour accueillir des volumes traditionnellement confiés à des disques durs. L’objectif est de rapprocher les performances du flash des contraintes économiques du stockage de masse, grâce à des choix matériels et à des mécanismes logiciels de réduction des données.
Cette approche s’appuie sur une architecture dite « Disaggregated Shared Everything ». Les ressources de calcul qui exécutent les services de stockage sont séparées des supports contenant les données, tout en partageant leur accès. Cette organisation permet de faire évoluer séparément certaines ressources et de limiter les dépendances entre capacité et puissance de traitement. En 2023, l’annonce de la VAST Data Platform formalise l’élargissement de l’offre au-delà du stockage.
Réunir stockage, accès et exploitation
La plateforme rassemble des fonctions de stockage de fichiers et d’objets, de base de données et de traitement. Elle cherche à rendre les informations accessibles à différents usages depuis une infrastructure commune, plutôt qu’à imposer une succession de systèmes spécialisés. Pour les équipes techniques, l’enjeu est notamment de réduire les copies, de simplifier l’administration et de maintenir un débit suffisant lorsque de nombreux serveurs sollicitent simultanément les mêmes ensembles de données.
Les cas d’usage couvrent l’entraînement de modèles d’intelligence artificielle, l’analytique, la recherche scientifique ou encore les chaînes de production audiovisuelle. Dans ces environnements, la performance du stockage conditionne en partie l’utilisation effective des processeurs graphiques. VAST Data travaille notamment avec l’écosystème NVIDIA pour intégrer sa technologie aux infrastructures d’IA. Son modèle commercial repose sur le logiciel, déployé avec des équipements matériels et des partenaires d’intégration, plutôt que sur la seule vente de capacité brute.
Et maintenant ?
La progression des usages de l’IA ouvre un marché à VAST Data, mais renforce aussi la concurrence entre spécialistes du stockage, plateformes de données et fournisseurs cloud. Son défi sera de démontrer que l’unification proposée apporte des gains opérationnels durables, au-delà des performances annoncées. La maîtrise des coûts, la gouvernance des données et l’intégration aux systèmes existants pèseront dans les décisions d’achat. Pour poursuivre son développement, l’entreprise devra aussi accompagner le passage des expérimentations d’IA à des services exploités quotidiennement, avec leurs exigences de disponibilité et de sécurité.