L’Oréal a réalisé 11,56 milliards d’euros de chiffre d’affaires sur le troisième trimestre 2026, soit une progression de 7,7 % à données comparables ajustées, quand les analystes attendaient 5,9 %. Le groupe accélère au moment où la mode de luxe ralentit, avec deux moteurs nets : la zone SAPMENA-SSA, de l’Inde à l’Afrique subsaharienne (+19,5 %) et le commerce en ligne (environ +17 %). Ses résultats offrent quelques repères utiles aux marques et aux distributeurs.
Des ventes au-dessus du consensus
Selon le communiqué publié le 22 octobre, les ventes trimestrielles atteignent 11 561 millions d’euros. La croissance ressort à 7,2 % à données comparables et à 7,7 % une fois corrigé le calendrier de déploiement de son programme de transformation informatique ; en données publiées, qui intègrent les acquisitions et les devises, elle atteint 11,9 %. Sur neuf mois, le chiffre d’affaires s’élève à 35,3 milliards d’euros, en progression de 6,9 % à données comparables.
Le consensus Visible Alpha relayé par Reuters tablait sur +5,9 %, rappelle ABC Bourse. Le directeur général, Nicolas Hieronimus, a salué la « résilience » du marché mondial de la beauté « dans un contexte difficile ».
Toutes les divisions progressent, à des rythmes différents
Au troisième trimestre, en comparable ajusté, les produits professionnels et la beauté dermatologique affichent chacun +13,9 %. La première profite d’un circuit des salons de coiffure qui montre des signes de reprise et d’une croissance à deux chiffres de Kérastase, aux côtés de Redken ; la seconde s’appuie sur La Roche-Posay, CeraVe et SkinCeuticals. La division Luxe gagne 7 %, à 4,18 milliards d’euros, tirée par les parfums Yves Saint Laurent, Prada et Armani, selon Luxury Tribune. Les produits grand public ferment la marche avec +3,8 %.
Pourquoi la beauté résiste quand la mode recule
Le contraste avec LVMH est net : sa division mode et maroquinerie a perdu 5 % en organique sur la même période, selon son communiqué du 12 octobre. Les données chinoises vont dans le même sens. D’après les estimations de Bain & Company citées par L’Essentiel de l’éco, le segment beauté du luxe a gagné 4 à 7 % en Chine continentale en 2025, quand la maroquinerie y perdait 8 à 11 %. En septembre 2026, les ventes de cosmétiques au détail y ont encore augmenté de 5,4 %, contre un recul de 9,6 % pour l’or, l’argent et les bijoux, selon le bureau national des statistiques chinois cité par le même média.
Une lecture possible tient au montant de l’achat : un rouge à lèvres ou un flacon de parfum reste à la portée de clients qui renoncent à un sac. L’Oréal précise aussi que sa croissance vient surtout du mix et des volumes, c’est-à-dire de produits plus valorisés et de quantités vendues en hausse, plutôt que des seules augmentations de prix. En Chine, principal moteur de l’Asie du Nord (+7,8 %), le groupe dit progresser près de trois fois plus vite que son marché. Ce contraste se lit aussi en Bourse : en septembre 2026, L’Oréal a dépassé LVMH pour devenir la première capitalisation française, note Euronews.
Émergents et vente en ligne : les relais à retenir
La zone SAPMENA-SSA, qui couvre l’Asie du Sud, le Pacifique, le Moyen-Orient, l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne, bondit de 19,5 % au trimestre. L’Inde, l’Indonésie et le Vietnam s’y distinguent, l’Australie-Nouvelle-Zélande reste solide, les pays du Golfe progressent à deux chiffres malgré des retards de dédouanement, et c’est l’Afrique du Sud qui contribue le plus à la croissance au sud du Sahara. Pour s’y renforcer, L’Oréal a finalisé une prise de participation majoritaire dans la plateforme indienne Innovist, et son fonds BOLD s’est associé à Nykaa pour investir dans des marques locales.
La vente en ligne progresse d’environ 17 %, nettement plus vite que le marché numérique selon le groupe. Pour une marque ou un distributeur, ce trimestre désigne donc deux relais : les marchés émergents, où L’Oréal s’appuie sur des acteurs locaux plutôt que de tout bâtir seul, et le canal en ligne, qui croît plus de deux fois plus vite que l’ensemble de ses ventes.
Le tableau n’est pas uniforme pour autant. En Amérique latine, les ventes reculent de 3 % en comparable ajusté, le Mexique souffrant de difficultés commerciales, de perturbations passagères de l’approvisionnement en maquillage et d’ajustements de stocks chez les distributeurs. L’Amérique du Nord se limite à +5,6 % en comparable ajusté, et seulement +2,2 % sans cet ajustement. Enfin, l’écart entre croissance publiée et comparable rappelle qu’une partie de la hausse affichée vient des acquisitions, dont le parfumeur Creed, issu de Kering Beauté.
Questions fréquentes
Quel est le chiffre d’affaires de L’Oréal au troisième trimestre 2026 ?
Il atteint 11,56 milliards d’euros, en hausse de 7,7 % à données comparables ajustées et de 11,9 % en données publiées. Sur neuf mois, le groupe totalise 35,3 milliards d’euros.
Que signifie la croissance « comparable ajustée » ?
Elle exclut les effets de change et de périmètre, puis neutralise le décalage dû au calendrier de sa transformation informatique. Sans cet ajustement, la hausse comparable est de 7,2 %.
Quelle région progresse le plus vite pour L’Oréal ?
La zone SAPMENA-SSA, qui inclut l’Afrique subsaharienne, avec +19,5 % au trimestre en comparable ajusté. L’Afrique du Sud y est le premier contributeur pour la partie subsaharienne.
Sources
- Chiffre d'affaires au 30 septembre 2026 — L'Oréal Finance (communiqué), 2026-10-22
- L'Oréal dépasse les attentes au troisième trimestre, la demande en Chine fait la différence — ABC Bourse, 2026-10-22
- L'Oréal accélère grâce au luxe et aux marchés émergents au 3e trimestre 2026 — Luxury Tribune, 2026-10-23
- Luxe : la Chine plombe le luxe français — L'Essentiel de l'éco, 2026-10-24
- LVMH : les ventes déçoivent, la demande de luxe en Chine ralentit — Euronews, 2026-10-13
- Poursuite de la croissance au troisième trimestre 2026 — LVMH (communiqué), 2026-10-12