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ClearSpace, préparer le nettoyage de l’orbite

L’essentiel

Issue de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, ClearSpace développe des technologies de retrait de débris spatiaux et de services en orbite. Cette entreprise suisse travaille notamment avec l’Agence spatiale européenne pour transformer la capture d’objets non coopératifs en capacité opérationnelle.

À retenir

Issue de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, ClearSpace développe des technologies de retrait de débris spatiaux et de services en orbite. Cette entreprise suisse travaille notamment avec l’Agence spatiale européenne pour transformer la capture d’objets non coopératifs en capacité opérationnelle.


ClearSpace s’attaque à un problème qui accompagne l’essor de l’économie spatiale : les objets laissés en orbite après leur utilisation. Satellites hors service et éléments de lanceurs peuvent rester longtemps dans l’espace et présenter un risque de collision. Installée en Suisse, l’entreprise développe les moyens de les approcher, de les saisir et de les retirer, avec une ambition plus large : contribuer à une exploitation durable des infrastructures orbitales.

Une origine suisse, un ancrage européen

Fondée en 2018 par Luc Piguet et Muriel Richard-Noca, ClearSpace est issue de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, où des travaux sur le nettoyage spatial avaient été engagés avec le projet CleanSpace One. Elle prolonge cette recherche dans un cadre industriel, en réunissant des compétences en ingénierie spatiale, robotique et navigation autonome.

Une étape structurante intervient en 2019, lorsque l’Agence spatiale européenne sélectionne une équipe menée par ClearSpace pour préparer une mission de retrait actif de débris. Baptisé ClearSpace-1, ce projet doit démontrer la possibilité de récupérer un objet qui n’a pas été conçu pour être capturé. Il inscrit la société dans une chaîne de coopération européenne associant agences, industriels et fournisseurs spécialisés.

Approcher, capturer et désorbiter

Le retrait actif se distingue des mesures qui consistent à limiter la production de nouveaux débris. Il vise des objets déjà présents dans l’espace, parfois sans contrôle d’attitude et dépourvus d’interface d’amarrage. Pour intervenir, un véhicule de service doit déterminer leur mouvement, ajuster sa trajectoire et réaliser une approche suffisamment précise pour permettre la capture.

ClearSpace travaille notamment sur des systèmes de rendez-vous, de navigation et de saisie robotique. Dans le scénario de désorbitation, le véhicule entraîne ensuite l’objet vers une rentrée atmosphérique. L’enjeu ne se limite pas à réussir un geste robotique : il faut aussi maîtriser les risques pendant l’approche et éviter de créer de nouveaux fragments.

Au-delà du nettoyage, l’entreprise se positionne sur les services en orbite, dont les technologies peuvent contribuer à l’inspection ou à la prolongation de la vie de satellites. Ces perspectives ne doivent toutefois pas être confondues avec des prestations déjà disponibles à grande échelle : la démonstration technique et la qualification restent des étapes déterminantes.

Et maintenant ?

Pour ClearSpace, le passage à un marché récurrent dépendra autant de la fiabilité des missions que de leur modèle économique. Retirer un débris suppose de trouver un commanditaire, de définir les responsabilités et d’obtenir les autorisations nécessaires. Les objets spatiaux restent en effet rattachés à leurs propriétaires et aux États concernés.

Les programmes publics jouent donc un rôle important dans l’émergence de cette activité. La prochaine étape sera de convertir les développements en opérations démontrées, puis en services reproductibles. La trajectoire de ClearSpace permettra ainsi de mesurer comment la durabilité spatiale peut devenir une activité industrielle, au-delà des seules missions expérimentales.

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