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Électricité : l’IA fait grimper les prix aux États-Unis, la France est-elle à l’abri ?

L’essentiel

L’EIA prévoit +41 % sur les prix de gros de l’électricité du marché PJM en 2026, sur fond d’essor des data centers. Ce que cela signifie pour la France.

À retenir

L’EIA prévoit +41 % sur les prix de gros de l’électricité du marché PJM en 2026, sur fond d’essor des data centers. Ce que cela signifie pour la France.

Dans ses prévisions publiées le 6 octobre, l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) anticipe une hausse de 41 % des prix de gros de l’électricité en 2026 sur PJM, le plus grand marché du pays. Le surveillant indépendant de ce marché désigne la croissance des data centers comme la cause principale des tensions sur les capacités, alors qu’en France, selon une analyse publiée le 11 septembre 2026, aucune hausse de facture ne leur est encore imputable. Pour les ménages français, le risque se situe plutôt dans le coût des réseaux.

Ce que dit l’EIA, et ce qu’elle ne dit pas

Selon le Short-Term Energy Outlook d’octobre, le prix de gros moyen de l’électricité aux États-Unis atteindrait 52 dollars le mégawattheure en 2026, environ 11 % de plus qu’en 2025. L’EIA attribue cette hausse nationale d’abord à la météo, avec la tempête hivernale Fern et un été plus chaud que la normale. Les écarts régionaux sont considérables : +41 % sur PJM, mais -23 % dans le Nord-Ouest, au point d’échange de Mid-Columbia.

Le lien avec l’IA vient d’une autre source. Le site 24/7 Wall St. rappelle que le surveillant indépendant de PJM, un réseau qui dessert plus de 67 millions d’habitants dans tout ou partie de 13 États et à Washington, voit dans l’essor de la consommation des data centers la raison principale des tensions sur le marché de capacité. Le même article souligne que les factures des ménages progresseront bien moins que de 41 %, le prix de gros n’étant qu’une composante du tarif final.

Une demande mondiale qui accélère

Le phénomène dépasse les États-Unis. Le cabinet Gartner, dans une prévision relayée le 8 juillet 2026 par Le Monde Informatique, anticipe une hausse de 26 % de la consommation électrique mondiale des data centers en 2026, de 447 à 565 TWh. Les serveurs dédiés à l’IA en seraient le moteur, avec 175 TWh en 2026 contre 95 TWh en 2025. La puissance appelée passerait de 105 à 133 GW, puis à 291 GW en 2030, et les États-Unis pèseraient environ 36 % de la consommation mondiale en 2026. Une économiste du cabinet prévient que l’approvisionnement par le réseau ne suffira pas à suivre le rythme des constructions.

Aux États-Unis, la facture des ménages en débat

Une étude parue en septembre 2026, signée par les chercheurs Cameron Scalera, Valentina Bosetti et Filippo Pecci et portant sur environ 1 200 zones de distribution et 2 700 data centers, estime qu’un site hyperscale de taille moyenne fait monter les prix résidentiels d’environ 4 %, rapporte Newsweek. L’effet serait proche de zéro là où le distributeur est une structure à but non lucratif. En Virginie, JeChange chiffre à 11,24 dollars par mois la hausse d’une facture résidentielle type en 2026.

Le sujet est devenu politique. Dans Newsweek, le sénateur républicain de l’Oklahoma Alan Armstrong juge que les data centers servent de « bouc émissaire » et met en cause l’insuffisance de la production et des réseaux. Le magazine cite aussi un sondage Gallup réalisé du 2 au 18 mars : 71 % des adultes américains se disaient opposés à la construction d’un data center d’IA près de chez eux.

Et en France ?

Le contexte est très différent. D’après les chiffres de RTE repris par JeChange, environ 300 data centers consomment près de 10 TWh par an, soit 2 % de l’électricité française, et pourraient atteindre 15 à 20 TWh en 2030. En 2025, ses exportations ont dépassé 90 TWh, un record, et le pays a connu 513 heures de prix négatifs : sa production dépasse largement sa consommation.

Dans son analyse du 11 septembre 2026, JeChange estime qu’aucune hausse de facture n’est imputable aux data centers en France. Le risque se loge ailleurs, à commencer par le tarif d’utilisation des réseaux (TURPE), qui pèse environ 30 % de la facture résidentielle et finance des renforcements de lignes et de postes partagés par tous les consommateurs. Ce tarif a augmenté de 3 % le 1er août 2026. Viennent ensuite le prix de gros, si la demande venait à dépasser le surplus, et la réforme du mécanisme de capacité prévue en novembre 2026. Autrement dit, l’enjeu tient moins à la quantité d’électricité absorbée par l’IA qu’à la répartition du coût des infrastructures qu’elle exige.

Questions fréquentes

Les data centers font-ils monter ma facture d’électricité en France ?

Non, selon l’analyse publiée par JeChange le 11 septembre 2026. Le risque porte sur les futures hausses du tarif de réseau (TURPE), qui finance des renforcements payés par l’ensemble des consommateurs.

Pourquoi les prix de gros augmentent-ils de 41 % sur le marché PJM ?

L’EIA prévoit cette hausse pour 2026 et, au niveau national, met surtout en avant les épisodes météorologiques extrêmes. Le surveillant de PJM attribue de son côté les tensions sur les capacités à la croissance des data centers.

Combien d’électricité consomment les data centers dans le monde ?

Gartner estime leur consommation à 565 TWh en 2026, en hausse de 26 % sur un an, dont 175 TWh pour les serveurs d’IA. Le cabinet prévoit que ces serveurs représenteront près de la moitié du total en 2030.

Sources

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