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Vates lève 30 M€ : l’alternative open source à VMware vise l’Amérique du Nord

L’essentiel

Le grenoblois Vates, éditeur de XCP-ng, lève 30 M€ auprès d’IRIS et Bpifrance pour capter les clients de VMware déstabilisés par le rachat de Broadcom.

À retenir

Le grenoblois Vates, éditeur de XCP-ng, lève 30 M€ auprès d’IRIS et Bpifrance pour capter les clients de VMware déstabilisés par le rachat de Broadcom.

Vates, l’éditeur grenoblois de la plateforme de virtualisation open source XCP-ng, a annoncé le 6 octobre 2026 une levée de 30 millions d’euros auprès d’IRIS et de Bpifrance. Rentable sans capital extérieur depuis 2016, il veut profiter du malaise des clients de VMware depuis le rachat de ce dernier par Broadcom. Les cofondateurs restent majoritaires et les logiciels conservent leurs licences libres.

Ce que fait Vates

La virtualisation permet de faire tourner plusieurs serveurs virtuels indépendants sur une même machine physique. Vates associe deux produits principaux et une brique complémentaire, décrits par FrenchWeb : XCP-ng, un hyperviseur bâti sur le projet Xen ; Xen Orchestra, la console d’administration, de sauvegarde et d’automatisation ; et XOSTOR, qui mutualise le stockage entre serveurs. L’entreprise vend des abonnements de support, des services et des versions prêtes à l’emploi de Xen Orchestra, avec une tarification qui tient compte notamment du nombre de serveurs physiques.

L’histoire commence en 2012 avec une société d’intégration et d’audit open source, retrace Tech Funding News. Elle devient éditeur avec Xen Orchestra, puis lance XCP-ng grâce à une campagne Kickstarter qui récolte près de 650 % de son objectif. Olivier Lambert, directeur général, a cofondé l’entreprise avec Nithida Vialle et Julien Fontanet.

Un éditeur rentable qui ouvre son capital

Vates revendique plus de 1 000 clients, répartis dans une centaine de pays. Environ 90 % de ses revenus sont réalisés hors de France et l’Amérique du Nord pèse près de la moitié de l’activité ; Pulse 2.0 cite parmi ses clients Harman, AMD et l’université d’État de Caroline du Nord. La croissance a dépassé 65 % en 2025, sans que la société précise sur quel indicateur. Son chiffre d’affaires actuel n’est pas publié : Tech Funding News rappelle seulement qu’il atteignait un million d’euros fin 2018, que l’annonce du partenariat avec Eviden le chiffrait à 4 millions pour 2024 et que l’équipe comptait alors plus de 60 personnes. Vates figure pour la première fois dans le Magic Quadrant de Gartner consacré à la virtualisation de serveurs.

Pourquoi lever après dix années d’autofinancement ? Olivier Lambert assure ne pas vouloir changer de stratégie, seulement « accélérer » celle suivie « depuis le début ». Le contexte de marché offre une fenêtre qu’il serait coûteux de laisser se refermer.

Broadcom, l’accélérateur involontaire

Broadcom a finalisé le rachat de VMware en novembre 2023 et a basculé ses clients vers des offres groupées par abonnement. Tech Funding News rappelle que Gartner anticipait, pour la plupart des clients, des factures en hausse de 200 % à 500 % au renouvellement, selon des propos rapportés en 2024 par The Register. Pour FrenchWeb, à l’échéance d’un contrat, rester sur VMware se compare désormais à une migration, en pesant le prix, les fonctions réellement utilisées et la dépendance au fournisseur. Vates n’est pas seul à se présenter en solution de repli : Nutanix et son hyperviseur AHV, Proxmox ou OpenShift Virtualization de Red Hat visent les mêmes directions informatiques.

L’argument de la souveraineté pèse aussi. En septembre 2025, Eviden, marque produits du groupe Atos, s’était associé à Vates autour d’une pile présentée comme entièrement souveraine. Côté investisseurs, Cindy Ung, directrice d’investissement chez Bpifrance Large Venture, inscrit l’opération dans le renforcement de la souveraineté numérique européenne.

Où ira l’argent

D’après les éléments communiqués par la société et repris notamment par Dealroom et Tech Funding News, la priorité est la plateforme de nouvelle génération : performances, stockage, sécurité, automatisation et virtualisation à grande échelle, avec une attention aux charges de travail liées à l’IA. Viennent ensuite les équipes commerciales et marketing, en Amérique du Nord et sur les grands marchés européens, pour aller chercher grands comptes, organismes publics et fournisseurs de services. Le dernier volet consiste à étoffer le réseau de distributeurs, d’intégrateurs et de prestataires, pour accompagner des migrations de plus grande ampleur. Nicolas Herschtel, associé chez IRIS, y voit la preuve que l’open source peut répondre aux exigences les plus élevées du marché.

Les limites du pari

Quitter VMware n’a rien d’indolore. FrenchWeb souligne que les procédures de migration varient selon le type de stockage et que certaines imposent d’arrêter les machines virtuelles. Face à Nutanix, qui affiche selon Tech Funding News 723 millions de dollars de revenus sur un seul trimestre, Vates reste un petit acteur, et 30 millions d’euros ne changent pas cet ordre de grandeur. Reste aussi à tenir la promesse de l’open source : la société s’engage à garder les mêmes licences et le même modèle, un point que ses utilisateurs surveilleront de près.

Questions fréquentes

XCP-ng est-il gratuit ?

Le logiciel reste distribué sous licence libre. Vates gagne sa vie en facturant le support, les services et des versions clés en main de Xen Orchestra.

Pourquoi Vates n’avait-il jamais levé de fonds ?

Il n’en avait pas besoin : la société se finance par ses revenus et se déclare rentable depuis 2016. Cette levée de 30 millions d’euros est sa première auprès d’investisseurs extérieurs.

Qui contrôle Vates après la levée ?

Les trois cofondateurs restent majoritaires. IRIS, via son fonds Growth, et Bpifrance, via Large Venture, prennent des participations minoritaires.

Sources

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