Sunfire fabrique des équipements d’électrolyse pour les industriels qui souhaitent remplacer une partie de leur hydrogène d’origine fossile ou transformer leurs procédés. Installée à Dresde, en Allemagne, l’entreprise se positionne sur un maillon essentiel de la filière : les machines qui séparent l’eau en hydrogène et en oxygène grâce à l’électricité. Le caractère bas carbone de l’hydrogène obtenu dépend notamment de la source électrique utilisée, et non du seul électrolyseur.
De Dresde à l’industrialisation
Fondée en 2010, notamment par Nils Aldag et Christian von Olshausen, Sunfire s’est développée autour des technologies électrochimiques à haute température. Ses premiers travaux portaient sur la conversion d’électricité en molécules utilisables par l’industrie, dont l’hydrogène et les composants nécessaires à la fabrication de carburants de synthèse. Cette origine explique la place occupée par l’électrolyse à oxydes solides dans son portefeuille technologique.
L’acquisition, en 2021, du spécialiste suisse IHT a élargi son offre à l’électrolyse alcaline sous pression. Sunfire a ainsi ajouté à ses développements à haute température une technologie bénéficiant d’un long historique industriel. Depuis, l’entreprise a engagé une montée en capacité de production, notamment en Allemagne, pour passer de projets de démonstration à la fourniture d’équipements pour des installations de plus grande taille.
Deux voies pour produire de l’hydrogène
La première famille d’équipements repose sur l’électrolyse alcaline sous pression. Elle utilise un électrolyte liquide alcalin et vise la production d’hydrogène à l’échelle industrielle. Pour les clients, les enjeux dépassent le rendement de la cellule : disponibilité des installations, maintenance, intégration électrique et coût de production sur la durée sont également déterminants.
La seconde repose sur des cellules à oxydes solides, ou SOEC, alimentées en vapeur d’eau à haute température. En apportant une partie de l’énergie sous forme de chaleur, cette technologie peut réduire la consommation d’électricité nécessaire à l’électrolyse. Son intérêt est particulièrement marqué sur les sites disposant de vapeur ou de chaleur récupérable. Il dépend toutefois des conditions d’intégration et de la tenue des équipements dans le temps.
Sunfire a notamment déployé cette approche dans le cadre du projet GrInHy2.0, sur le site sidérurgique de Salzgitter. Au-delà de l’acier, ses marchés cibles comprennent les raffineries et la chimie, où l’hydrogène est déjà une matière première. Les carburants de synthèse constituent un autre débouché potentiel, à condition de disposer également d’une source de carbone adaptée.
Et maintenant ?
Le défi de Sunfire est autant industriel que commercial : fabriquer en série, fiabiliser les installations et accompagner des clients dont les décisions d’investissement restent sensibles au prix de l’électricité. Le développement du marché dépend aussi des aides publiques, des règles de certification et de la capacité des acheteurs à s’engager sur l’hydrogène produit. Sa double offre lui permet d’adresser différents profils de sites ; sa progression se jouera sur la performance réelle des équipements et la concrétisation des projets.