Aller au contenu
Annuaire
Rubriques
Cybersecurite

Rançongiciel 3AM : une école britannique piratée, l’ombre d’une IA agentique

L’essentiel

Bitdefender décrit une attaque du rançongiciel 3AM contre une école du Royaume-Uni, 37 machines chiffrées, avec des indices d'une IA pilotant les commandes.

À retenir

Bitdefender décrit une attaque du rançongiciel 3AM contre une école du Royaume-Uni, 37 machines chiffrées, avec des indices d'une IA pilotant les commandes.

Bitdefender a publié le 3 novembre 2026 l’analyse d’une attaque par le rançongiciel 3AM contre un réseau d’écoles au Royaume-Uni : environ 37 machines chiffrées en une nuit. Le rapport relève des comportements qui ressemblent à une boucle d’IA dite agentique, sans pouvoir le prouver. Une question se pose : l’IA change-t-elle déjà la façon dont travaillent les affiliés de rançongiciel ?

Neuf jours d’intrusion avant le chiffrement

Selon le rapport de Bitdefender, signé par le chercheur Marius Baciu, l’environnement visé comptait 47 systèmes, dont une vingtaine de serveurs et huit contrôleurs de domaine. Dix postes tournaient encore sous Windows 10, sans support depuis octobre 2025. La porte d’entrée initiale reste inconnue.

La chronologie s’étale du 10 au 19 septembre 2026. Les attaquants ont d’abord dérobé des identifiants sur trois serveurs de sauvegarde, puis exploré le domaine, créé deux comptes administrateurs cachés et exfiltré une quarantaine de fichiers financiers. Le 18 septembre, ils ont établi des relations d’approbation bidirectionnelles entre trois domaines Active Directory jusque-là séparés. Le lendemain, entre 5 h 07 et 5 h 33 (heure UTC), le chiffrement était lancé.

eSecurity Planet précise que les pirates ont tenté de désactiver les protections de Sophos et de Bitdefender, bloquées par la fonction anti-falsification. Ils ont alors effacé les sauvegardes d’état système de Windows avant de déployer le programme de chiffrement.

Pourquoi les chercheurs pensent à une IA

L’indice principal tient au rythme. Les nouvelles tentatives après un échec arrivaient à intervalles réguliers, entre 40 et 101 secondes, quelle que soit l’ampleur de la correction apportée. Bitdefender y voit la signature d’une boucle où un modèle lit le résultat d’une commande, repère l’erreur et propose une version corrigée, pendant qu’un humain fixe les objectifs.

D’autres détails vont dans le même sens : des habitudes de syntaxe Unix glissées dans des commandes Windows, des versions numérotées de scripts (av_remove, av_remove2, av_remove3), des fichiers de test aux noms génériques, ou encore un appel à l’interface de Veeam sur un port et un mode d’authentification qui ne correspondent pas à la documentation officielle. « What we can document is behavior », écrivent les auteurs, qui décrivent ce comportement comme celui d’une boucle agentique.

Le découpage du travail intrigue également les chercheurs. Le 13 septembre, trois reprises successives sur un même contrôleur de domaine ont été espacées de 41, 49 puis 47 secondes. Lors du déploiement final, le chargeur avançait au rythme d’environ 101 secondes par machine, et le programme de chiffrement de 12 à 13 secondes par poste. Certaines sessions présentaient des commandes très longues, de 365 à 493 caractères en valeur médiane, contre moins d’une centaine dans d’autres.

Les limites de la démonstration

Bitdefender reste prudent. Aucun modèle précis n’a été identifié, aucun commentaire en langage naturel n’a été retrouvé dans les charges utiles, et la machine qui hébergeait probablement l’automatisation n’était pas gérée, donc impossible à inspecter. Le rapport admet qu’un opérateur humain aurait pu produire le même schéma. Il note aussi que l’attaque n’a pas été rapide : même les reprises les plus vives prenaient 40 secondes ou plus.

eSecurity Planet rappelle enfin que vol d’identifiants, élévation de privilèges et déplacement latéral se pratiquent très bien sans IA. Le groupe 3AM, apparu en 2023, avait déjà été rapproché de Conti et de Royal par les chercheurs d’Intrinsec en janvier 2024.

Ce que doivent retenir les établissements

Pour les écoles, collectivités ou PME, la leçon est moins l’IA que les failles exploitées : postes en fin de support, sauvegardes accessibles depuis le réseau, comptes à privilèges peu surveillés. eSecurity Planet recommande de corriger en priorité les systèmes exposés, d’imposer l’authentification multifacteur, de restreindre les droits d’administration et de passer régulièrement en revue les comptes administrateurs. Un plan de reprise testé reste le meilleur filet de sécurité, IA ou pas.

Questions fréquentes

L’usage de l’IA est-il prouvé ?

Non. Bitdefender parle d’indices comportementaux, pas de preuve, et reconnaît qu’un humain aurait pu agir de la même manière.

Qu’est-ce que 3AM ?

Un rançongiciel proposé en service à des affiliés, apparu en 2023. L’attaque décrite est attribuée à l’un de ces affiliés.

Combien de machines ont été touchées ?

Environ 50 machines ont été atteintes depuis l’hôte non géré, et autour de 37 ont été chiffrées, selon Bitdefender.

Sources

Sur votre appareil

Comprendre cet article

L’analyse utilise l’intelligence locale du navigateur lorsqu’elle existe, sinon un résumé extractif. Le texte n’est envoyé à aucun service extérieur.

Facebook X LinkedIn

Ensuite A lire aussi

Gratuit, sans spam, désinscription en un clic.