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Qivalis décroche sa licence : le stablecoin euro de 37 banques approche du lancement

L’essentiel

La banque centrale néerlandaise agrée Qivalis, le stablecoin en euros de 37 banques dont BNP Paribas et BPCE. Ce qu'il reste à faire avant l'émission.

À retenir

La banque centrale néerlandaise agrée Qivalis, le stablecoin en euros de 37 banques dont BNP Paribas et BPCE. Ce qu'il reste à faire avant l'émission.

Qivalis, la société commune de 37 banques européennes qui prépare un stablecoin libellé en euros, a annoncé le 14 octobre avoir obtenu son agrément d’établissement de monnaie électronique auprès de De Nederlandsche Bank (DNB), la banque centrale des Pays-Bas. Le communiqué ne précise pas la date exacte à laquelle l’agrément a été accordé. Ce statut lui ouvre la possibilité d’émettre des jetons de monnaie électronique au sens du règlement MiCA, mais aucun jeton n’est encore en circulation. Trois groupes français font partie du consortium : BNP Paribas, BPCE et le Crédit Mutuel.

Ce que permet l’agrément, et ce qu’il ne permet pas encore

D’après le communiqué de Qivalis, la DNB assurera aussi la supervision continue de la société, installée à Amsterdam. L’agrément constitue une étape, pas une mise sur le marché : l’émission devra satisfaire aux exigences de MiCA, et Qivalis doit encore publier un livre blanc, préalable imposé par le règlement. L’entreprise évoque un démarrage « dans les prochains mois », sans date précise ni nom de jeton.

Le cadre juridique est connu. Un jeton de monnaie électronique est indexé sur une seule devise officielle ; son détenteur dispose d’une créance sur l’émetteur et peut obtenir à tout moment son remboursement à la valeur nominale, mais il ne perçoit aucun intérêt, rappelle CoinDesk.

Un consortium passé de 9 à 37 banques en un an

Neuf banques, sous l’impulsion d’ING et d’UniCredit, ont fondé Qivalis en septembre 2025, rappelle Cryptoast. BNP Paribas a suivi en décembre, puis une vague de 25 nouveaux membres est arrivée en mai 2026, dont BPCE et le Crédit Mutuel, à travers sa Banque fédérative, selon le Journal du Coin. Qivalis rassemble désormais 37 banques de 15 pays, dont l’espagnole BBVA et l’allemande DZ Bank, citées par CoinDesk. Société Générale suit une autre voie avec sa filiale SG-Forge, qui émet son propre stablecoin en euros, l’EURCV.

La société est dirigée par Jan-Oliver Sell, et son conseil de surveillance est présidé par Sir Howard Davies, ancien président de NatWest Group et de l’ex-autorité financière britannique, la FSA, selon le communiqué.

Comment le jeton doit fonctionner

Qivalis annonce un modèle de réserve intégrale : chaque jeton en circulation sera couvert par un euro. Le Journal du Coin indique qu’une part d’au moins 40 % de ces réserves restera en dépôts bancaires, le reste étant investi en titres de dette publique de la zone euro à courte échéance. Le jeton doit être émis sur la blockchain Ethereum, et la société américaine Fireblocks a été retenue pour l’infrastructure d’émission et de sécurisation.

Le public ne pourra pas l’acheter directement auprès de Qivalis. Le communiqué décrit une distribution par des intermédiaires éligibles : banques, plateformes d’échange, prestataires de services de paiement et acteurs des infrastructures de marché. Aucun partenaire de distribution n’a été officialisé, même si la plateforme Bit2Me a confirmé des discussions avec l’une des banques du groupe, indique le Journal du Coin. Qivalis n’a pas non plus précisé lesquels de ses membres utiliseront le jeton, souligne CoinDesk.

Un pari de souveraineté sur un marché dominé par le dollar

L’enjeu dépasse la technique. Le marché mondial des stablecoins pèse environ 300 milliards de dollars, et les jetons libellés en euros n’en représentent qu’environ 0,2 %, d’après des chiffres publiés par Qivalis en mai et cités par le Journal du Coin. Sur ce segment étroit, l’EURC de Circle, émis par une entité agréée en France depuis le 1er juillet 2024, détient environ la moitié de l’encours. « La monnaie de l’Europe mérite les règles de l’Europe, sur la blockchain », résume Jan-Oliver Sell.

Reste à démontrer l’utilité du jeton. Sans date de lancement, sans partenaire annoncé et face à un concurrent déjà installé, Qivalis devra d’abord convaincre ses propres membres de s’en servir. Le projet ne doit pas non plus être confondu avec l’euro numérique de la Banque centrale européenne : il s’agit ici d’une monnaie émise par un acteur privé, quand l’euro numérique, monnaie publique, n’est pas attendu avant 2029 au mieux.

Questions fréquentes

Qivalis, est-ce la même chose que l’euro numérique ?

Non. Qivalis est une société privée portée par des banques commerciales, qui émettra un jeton de monnaie électronique couvert par des réserves. L’euro numérique est un projet de monnaie de banque centrale conduit par la BCE, dont l’émission n’est pas envisagée avant 2029.

Les particuliers pourront-ils acheter ce stablecoin ?

Pas directement auprès de Qivalis. Le jeton sera proposé par l’intermédiaire de banques, de plateformes d’échange et de prestataires de paiement, dont aucun n’a encore été annoncé officiellement.

Quelles banques françaises participent ?

BNP Paribas, BPCE et le Crédit Mutuel, par l’intermédiaire de la BFCM, figurent parmi les 37 membres. Société Générale, de son côté, dispose de son propre jeton en euros, l’EURCV, émis par SG-Forge.

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