Progress Software Corporation occupe une place souvent discrète dans l’informatique des entreprises : ses logiciels servent à construire, faire fonctionner et maintenir des applications métier. Implanté à Burlington, dans le Massachusetts, cet éditeur américain coté au Nasdaq sous le symbole PRGS s’adresse aux équipes informatiques comme aux éditeurs de logiciels indépendants. Son offre couvre plusieurs couches techniques, des interfaces utilisateur aux bases de données et aux infrastructures.
Une histoire construite autour des applications métier
Fondée en 1981 sous le nom de Data Language Corporation, l’entreprise s’est d’abord développée autour d’un environnement associant langage de programmation et base de données. Cet héritage se retrouve dans OpenEdge, une plateforme utilisée pour créer et exploiter des applications de gestion. Progress a notamment bâti son activité sur un réseau de partenaires qui intègrent ses technologies dans leurs propres logiciels sectoriels.
Au fil des années, les acquisitions ont élargi ce périmètre. Le rachat de Telerik en 2014 a renforcé les outils destinés aux développeurs et la gestion de contenus web. Ceux d’Ipswitch en 2019 et de Chef en 2020 ont ajouté le transfert de fichiers, la supervision réseau et l’automatisation des infrastructures. MarkLogic, acquis en 2023, puis ShareFile en 2024 ont prolongé cette diversification vers les données et la collaboration documentaire.
Un portefeuille au service des équipes techniques
OpenEdge demeure un socle historique de l’offre. Autour de cette plateforme, Progress commercialise notamment les bibliothèques de composants Telerik et Kendo UI, qui facilitent la réalisation d’interfaces applicatives. Sitefinity couvre la gestion de contenus et d’expériences numériques, tandis que DataDirect fournit des solutions de connectivité entre applications et sources de données.
Avec MarkLogic et les technologies de gestion sémantique associées à Semaphore, l’éditeur répond aussi aux besoins d’intégration, d’organisation et d’exploitation de données hétérogènes. Chef porte l’automatisation de la configuration et de la conformité des environnements informatiques. WhatsUp Gold intervient dans la supervision, LoadMaster dans la répartition de charge, et MOVEit dans les transferts administrés de fichiers. ShareFile complète cet ensemble avec le partage de documents et des processus collaboratifs.
Cette diversité permet à Progress de répondre à plusieurs besoins d’un même client. Elle exige aussi de rendre lisibles les complémentarités entre des produits issus d’histoires différentes, sans supposer qu’ils constituent une plateforme unique.
Et maintenant ?
L’enjeu pour Progress est de moderniser les applications existantes tout en accompagnant de nouveaux usages, notamment ceux de l’intelligence artificielle. La qualité des données, leur accessibilité et leur gouvernance peuvent donner une pertinence supplémentaire à ses outils, à condition de démontrer des bénéfices opérationnels concrets.
La sécurité reste un autre chantier central. L’exploitation d’une vulnérabilité de MOVEit Transfer en 2023, à l’origine de vols de données chez de nombreuses organisations, a souligné la criticité de ces logiciels. Pour Progress, la suite se jouera autant sur la maintenance, la confiance et l’accompagnement des clients que sur l’élargissement du catalogue présenté sur progress.com.