IQM conçoit et construit des ordinateurs quantiques supraconducteurs, une approche qui exploite des circuits électriques refroidis à des températures proches du zéro absolu. Installée à Espoo, en Finlande, l’entreprise s’adresse notamment aux organismes de recherche, aux universités et aux centres de calcul intensif. Son positionnement : fournir des machines complètes, avec leurs processeurs et les équipements nécessaires à leur fonctionnement, plutôt que de développer uniquement des composants.
Des laboratoires finlandais à l’industrie
Fondée en 2018, IQM est issue de travaux menés à l’université Aalto et au centre de recherche technique VTT. Cet ancrage lui donne accès à un écosystème reconnu en physique des basses températures, en microfabrication et en électronique quantique. L’entreprise transforme ces compétences scientifiques en une activité industrielle, qui associe conception des puces, fabrication et assemblage des systèmes.
Sa collaboration avec VTT constitue un jalon important de son développement : elle participe à la construction des premiers ordinateurs quantiques finlandais. IQM étend ensuite sa présence en Europe et à l’international, tout en conservant en Finlande une base de recherche et de production. Cette trajectoire illustre le passage d’une technologie de laboratoire à des équipements installés chez des utilisateurs.
Des systèmes complets pour la recherche et le calcul
Les processeurs d’IQM reposent sur des qubits supraconducteurs, pilotés par des signaux micro-ondes. Leur exploitation nécessite une chaîne technique qui comprend notamment la cryogénie, l’électronique de contrôle et les logiciels de calibration. L’enjeu n’est pas seulement d’augmenter le nombre de qubits : il faut aussi améliorer la fiabilité des opérations, limiter les erreurs et maintenir des performances reproductibles.
Son offre couvre plusieurs besoins. IQM Spark vise l’enseignement et l’expérimentation sur une machine accessible aux équipes qui souhaitent se former au matériel quantique. IQM Radiance s’adresse à des projets de plus grande envergure, notamment dans les centres de calcul. L’entreprise propose également un accès à ses systèmes par le cloud avec IQM Resonance, afin de permettre des essais sans installation locale.
IQM défend en parallèle l’intégration des ordinateurs quantiques aux infrastructures de calcul classique. Dans cette logique hybride, le processeur quantique intervient sur certaines étapes d’un traitement, aux côtés des supercalculateurs. La simulation de systèmes physiques, la chimie ou l’optimisation figurent parmi les domaines explorés, sans que leur intérêt commercial soit acquis pour toutes les tâches envisagées.
Et maintenant ?
La prochaine étape consiste à convertir les progrès matériels en capacités de calcul réellement utiles. Pour IQM, cela implique de faire évoluer ses architectures, de réduire les taux d’erreur et de préparer les techniques de correction indispensables à des calculs plus longs. La capacité à fabriquer, livrer et maintenir des systèmes fiables sera également déterminante.
Dans un marché encore largement porté par la recherche et les investissements publics, l’entreprise devra démontrer la valeur de ses machines au-delà des annonces de capacité. Son développement dépendra autant des performances mesurées que de la constitution d’un réseau d’utilisateurs capables de concevoir des applications pertinentes.