Infineon Technologies fabrique des puces qui interviennent au plus près du monde physique : convertir un courant électrique, commander un moteur, mesurer une position ou sécuriser une transaction. Basé à Neubiberg, près de Munich, le groupe allemand fournit principalement des industriels, des équipementiers automobiles et des fabricants d’appareils électroniques. Ses composants sont rarement visibles, mais se retrouvent dans les véhicules, les usines, les alimentations de serveurs et les objets connectés.
Un héritage industriel allemand
Infineon naît en 1999 de la séparation des activités semi-conducteurs de Siemens. Le rachat de l’américain International Rectifier, achevé en 2015, renforce sa position dans l’électronique de puissance. Celui de Cypress Semiconductor, finalisé en 2020, élargit son portefeuille de microcontrôleurs, de mémoires et de solutions de connectivité.
Des composants pour convertir, piloter et protéger
L’entreprise ne se concentre pas sur les processeurs généralistes des ordinateurs ou les accélérateurs d’intelligence artificielle. Son terrain est celui des fonctions spécialisées, où l’efficacité énergétique, la fiabilité et la résistance aux contraintes physiques comptent autant que les performances de calcul.
- Électronique de puissance : transistors MOSFET, IGBT et modules destinés aux onduleurs solaires, aux entraînements industriels, aux bornes de recharge et aux véhicules électriques. Les gammes CoolSiC et CoolGaN exploitent respectivement le carbure de silicium et le nitrure de gallium.
- Automobile : microcontrôleurs AURIX, composants de puissance, capteurs et circuits radar participent au contrôle du véhicule, à la gestion de l’énergie et aux systèmes d’aide à la conduite.
- Objets connectés : les familles PSoC et les solutions Wi-Fi et Bluetooth issues notamment de Cypress associent commande embarquée, traitement de signaux et communication.
- Sécurité : les composants OPTIGA et les circuits pour cartes sécurisées servent à protéger des identités, des clés cryptographiques et des échanges numériques.
Un acteur de grande taille, exposé aux cycles
Pour situer son poids avec un repère daté, Infineon a réalisé environ 15 milliards d’euros de chiffre d’affaires durant l’exercice 2024 et employait alors près de 58 000 personnes. L’automobile représentait autour de la moitié de ses ventes. Présent en Europe, en Asie et dans les Amériques, le groupe associe ses propres usines à des partenaires de fabrication.
Infineon compte parmi les principaux fournisseurs mondiaux de semi-conducteurs de puissance et automobiles. Son importance tient notamment à la difficulté de remplacer un composant déjà qualifié dans une voiture ou un équipement industriel : sécurité, durée de vie et disponibilité imposent des validations longues. Cette implantation ne le protège toutefois pas des variations de stocks, des reports d’investissement ou des ralentissements de la demande.
Et maintenant ?
À l’horizon de septembre 2026, les enjeux à surveiller restent l’électrification des transports, la modernisation des réseaux électriques et l’efficacité énergétique des centres de données. Infineon devra ajuster ses capacités industrielles au rythme réel des commandes, tout en défendant ses positions face à la concurrence, notamment chinoise. Le développement du carbure de silicium et du nitrure de gallium offre des perspectives, mais leur adoption dépend aussi des coûts et des choix techniques des clients.