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IFAPME : les données de 700 000 personnes publiées gratuitement sur le dark web

L’essentiel

Registre national, coordonnées et plus de 85 000 IBAN : la fuite de l'IFAPME touche 700 000 personnes. Les risques réels et les réflexes face aux arnaques.

À retenir

Registre national, coordonnées et plus de 85 000 IBAN : la fuite de l'IFAPME touche 700 000 personnes. Les risques réels et les réflexes face aux arnaques.

Plus de 700 000 personnes en lien avec l’IFAPME, le réseau wallon de formation, verraient leurs données circuler gratuitement en ligne, avec plus de 85 000 numéros IBAN, selon Test-Achats. Numéro de registre national, date de naissance et coordonnées complètes font de ce fichier une matière première idéale pour des escroqueries crédibles. Connaître votre IBAN ne donne pas, à lui seul, la main sur votre compte, mais la prudence devra durer des mois.

Ce qui a fuité, et d’où vient l’information

L’association de consommateurs Test-Achats a alerté le 5 octobre 2026 : les informations de plus de 700 000 personnes en lien avec l’IFAPME auraient été dérobées puis mises à disposition gratuitement sur le dark web. L’organisation emploie le conditionnel, ce qui signifie que l’ampleur exacte n’a pas été confirmée de façon indépendante. Selon elle, le fichier comprend l’identité, l’adresse, l’e-mail, le téléphone, la date de naissance et le numéro de registre national, ainsi que plus de 85 000 IBAN.

Le lendemain, une dépêche Belga reprise par Paris Match Belgique attribue la découverte à FrenchBreaches, une plateforme qui recense en continu fuites et cyberattaques. Elle évoque elle aussi une base de plus de 700 000 personnes et précise que le réseau aurait subi une cyberattaque « en février dernier ». FrenchBreaches qualifie la fuite de « particulièrement sensible », car elle permet de relier, pour une même personne, son identité, son adresse, ses contacts, son registre national et parfois ses coordonnées bancaires.

Plusieurs zones d’ombre subsistent : aucun des deux articles ne nomme les auteurs, ne date précisément la mise en ligne ni ne rapporte de réaction de l’IFAPME.

Pourquoi le registre national inquiète plus que l’IBAN

Le point le plus grave n’est pas forcément celui qu’on croit. Un mot de passe volé se change en quelques minutes ; un numéro de registre national et une date de naissance, jamais. Test-Achats comme FrenchBreaches insistent sur ce caractère permanent : ces identifiants resteront durablement exploitables par des fraudeurs.

L’IBAN, lui, ne suffit pas pour effectuer un paiement depuis votre compte, rappelle FrenchBreaches. Mais associé à un nom, une adresse et un identifiant officiel, il rend un faux interlocuteur beaucoup plus crédible. Un escroc qui récite votre numéro de compte et votre registre national au téléphone paraît légitime : c’est précisément ce sentiment de confiance qui fait tomber les victimes.

Les arnaques à prévoir dans les prochains mois

Test-Achats anticipe des courriels, SMS et appels très convaincants, dans lesquels les fraudeurs se feront passer pour l’IFAPME, pour une banque ou pour une administration. Le risque d’usurpation d’identité s’ajoute à l’hameçonnage classique, et l’association appelle à rester attentif dans les mois à venir.

Le contexte belge alourdit encore le tableau. La même dépêche cite la plateforme d’e-learning EAD-online.be, dont 19 456 utilisateurs sont touchés, la chaîne de salles de sport Jims, où 31 clubs sur 85 sont concernés et où des IBAN ont pu être copiés, ainsi que des vols de données d’adhérents visant la Fédération belge de tennis de table, sa branche francophone et la Fédération francophone de Gymnastique. Comme ces fichiers finissent proposés en ligne, la dépêche y voit un risque d’hameçonnage, que ce soit par courriel, par SMS ou par téléphone.

Les bons réflexes, étape par étape

Test-Achats recommande une série de gestes simples, que nous résumons ici :

  • ne jamais cliquer sur un lien douteux et vérifier toute information directement sur le site officiel de l’organisme cité ;
  • ne communiquer ni mot de passe, ni code PIN, ni code de vérification, ni donnée bancaire à la suite d’un appel ou d’un message inattendu ;
  • surveiller ses relevés et signaler sans attendre à sa banque toute opération inconnue ;
  • se méfier des demandes pressantes, même lorsque l’interlocuteur connaît déjà une partie de vos informations ;
  • transférer les messages suspects à l’adresse suspect@safeonweb.be ;
  • en cas de données bancaires transmises ou d’argent perdu, appeler immédiatement sa banque via le numéro Fraudstop pour bloquer comptes, cartes et applications.

Le quatrième point mérite d’être souligné : avec ce type de fuite, qu’un correspondant cite votre numéro de compte ou votre date de naissance ne prouve plus rien. Une demande urgente reste suspecte, quelle que soit la précision des détails donnés.

Questions fréquentes

Comment savoir si mes données font partie de la fuite ?

Les articles consultés ne décrivent ni outil de vérification ni courrier individuel aux personnes concernées. Par prudence, toute personne passée par le réseau IFAPME a intérêt à se considérer comme potentiellement touchée et à appliquer les réflexes ci-dessus.

Faut-il changer de compte bancaire ?

Ce geste ne figure pas parmi les conseils de Test-Achats, qui portent sur la surveillance des opérations et le signalement rapide à la banque. Un IBAN ne permet pas, seul, de débiter votre compte. En cas de doute ou d’opération inconnue, votre banque reste le bon interlocuteur.

Peut-on changer son numéro de registre national ?

Non. Contrairement à un mot de passe, ce numéro et la date de naissance ne se modifient pas, souligne Test-Achats. C’est pourquoi la vigilance doit s’inscrire dans la durée, bien au-delà des premières semaines suivant la fuite.

Sources

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