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Gigafabriques d’IA : ce que l’appel européen EuroHPC exige des candidats

L’essentiel

L’UE cherche jusqu’à sept gigafabriques d’IA : lots, financement, critères, calendrier et engagement de la France dans l’appel d’offres EuroHPC.

À retenir

L’UE cherche jusqu’à sept gigafabriques d’IA : lots, financement, critères, calendrier et engagement de la France dans l’appel d’offres EuroHPC.

L’Union européenne cherche les consortiums qui construiront jusqu’à sept « gigafabriques » d’IA, des centres de calcul géants censés réduire sa dépendance aux clouds étrangers. L’appel d’offres de l’entreprise commune EuroHPC, ouvert le 30 juillet et qui court jusqu’au 3 décembre 2026, prévoit jusqu’à 10 milliards d’euros d’argent public et compte sur au moins 20 milliards d’investissements privés. La France, qui veut accueillir l’un de ces sites, a réservé 100 millions d’euros d’achats de calcul.

Sept sites répartis en deux lots

L’appel distingue deux catégories, détaille StorageNewsletter. Le premier lot peut retenir jusqu’à quatre projets, chacun éligible à un financement européen pouvant atteindre 100 millions d’euros dans une première phase, puis jusqu’à 400 millions supplémentaires dans une seconde. Le second lot, consacré à des installations plus grandes, peut en retenir trois, avec jusqu’à 200 millions puis 800 millions d’euros. L’engagement européen maximal atteint ainsi 500 millions d’euros pour un site moyen et 1 milliard pour un grand site, confirme le cabinet de conseil PNO Innovation.

La taille exigée se mesure à l’aune de l’existant. La page officielle de l’appel demande des installations comptant au moins trois à quatre fois plus de processeurs d’IA de pointe que les plus puissantes « usines d’IA » européennes actuelles. PNO Innovation traduit ces seuils en accélérateurs : 25 000 au démarrage et 75 000 visés pour un site moyen, 40 000 puis 100 000 pour un grand site.

Une aide publique sous forme d’achat de calcul

Le mécanisme diffère d’une subvention classique. EuroHPC et les 18 États participants, dont la France, joueront le rôle de clients de référence : ils achèteront du temps de calcul aux consortiums retenus, explique PNO Innovation. Paris s’est engagé à acheter pour 100 millions d’euros de capacité au projet qui serait sélectionné sur le territoire national.

Les candidats devront montrer patte blanche : un chiffre d’affaires consolidé moyen supérieur à 200 millions d’euros sur les trois derniers exercices, une expérience prouvée dans la construction ou l’exploitation de data centers ou d’infrastructures d’IA, une stratégie de financement crédible sur le long terme et une gouvernance compatible avec les exigences européennes. La valeur ajoutée européenne compte parmi les critères de sélection importants : les projets doivent répondre aux objectifs de souveraineté, de sécurité des données et de diversification des fournisseurs, et intégrer des exigences fortes d’efficacité énergétique, de consommation d’eau, de circularité et de cybersécurité, précise PNO Innovation.

Un calendrier serré : dépôt des offres jusqu’au 3 décembre

Les offres doivent être déposées au plus tard le 3 décembre 2026 à 17 heures, heure d’Europe centrale : c’est la date limite affichée par la page officielle de l’appel, consultée le 15 octobre 2026, et c’est elle qui fait référence. Les présentations publiées en août et en septembre, dont le communiqué relayé par StorageNewsletter et les analyses de Holland High Tech et de PNO Innovation, mentionnaient la date initialement annoncée : le 12 novembre 2026.

Les décisions d’attribution sont attendues début 2027, avec un lancement des chantiers dans l’année ; chaque site devra entrer en service au plus tard 18 mois après la signature de son contrat, selon Holland High Tech et StorageNewsletter. PNO Innovation souligne d’ailleurs que les consortiums devront présenter un projet déjà très avancé au moment de la candidature.

La souveraineté, avec des puces américaines

L’ambition est politique. « L’Europe veut cesser de louer sa puissance de calcul aux géants américains de la tech », résume EU Perspectives. Le même média pointe toutefois un paradoxe : une grande partie du matériel devrait venir des États-Unis, et la Commission a signé trois lettres d’intention avec AMD, Nvidia et Qualcomm. Les consortiums pourront s’approvisionner en Europe ou dans des pays tiers jugés proches de l’Union, précise Holland High Tech, tandis qu’une partie des achats doit être réservée à des start-up et scale-up européennes, selon EU Perspectives.

Pour l’écosystème, l’enjeu est concret : ces sites doivent donner accès à du calcul aux start-up, aux PME, aux industriels, aux laboratoires et aux administrations pour entraîner et affiner des modèles d’IA. Reste à savoir combien de projets crédibles atteindront ces seuils dans les délais impartis.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une gigafabrique d’IA ?

C’est un centre de calcul de très grande taille, équipé de dizaines de milliers d’accélérateurs, destiné à entraîner et à faire tourner des modèles d’IA. L’Union européenne veut en soutenir jusqu’à sept par l’intermédiaire de l’entreprise commune EuroHPC.

Qui peut répondre à l’appel ?

Des consortiums ou des structures dédiées réunissant entreprises, investisseurs, acteurs publics et partenaires techniques. Ils doivent notamment justifier d’un chiffre d’affaires moyen supérieur à 200 millions d’euros et d’une expérience dans les data centers ou l’IA.

Quel est le calendrier de l’appel ?

Les offres doivent être déposées au plus tard le 3 décembre 2026 à 17 heures, selon la page officielle d’EuroHPC, et les décisions sont attendues début 2027. Les sites retenus disposeront ensuite de 18 mois au maximum après la signature de leur contrat pour démarrer leur activité.

Sources

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