Un pirate se faisant appeler ChimeraZ affirme détenir un fichier reliant 847 064 plaques d’immatriculation françaises au nom, à l’adresse, au téléphone ou à l’e-mail de leur propriétaire. Le fichier, mis en vente le 24 octobre selon le pirate, n’est confirmé par aucun organisme et son origine reste inconnue. Elle suffit pourtant à rendre plus crédibles les fausses amendes et les arnaques à l’assurance : voici comment s’en prémunir.
Ce que contiendrait le fichier
Selon Génération NT, l’annonce est apparue le samedi 24 octobre sur un forum cybercriminel. Selon l’annonce du pirate, le fichier compterait 905 097 lignes, pour 847 064 plaques distinctes, 506 003 adresses électroniques et 474 906 numéros de téléphone. D’après les échantillons examinés par le site spécialisé FrenchBreaches, les enregistrements couvriraient la période 2017 à 2026.
JeChange précise que les extraits diffusés ne montrent ni mot de passe, ni coordonnées bancaires, ni numéro de Sécurité sociale. Le média rappelle aussi que le chiffre d’environ 850 000 plaques vient du pirate lui-même, et non d’une enquête indépendante. Economie Matin ajoute que ChimeraZ évoque une seconde base d’environ 2 millions de plaques, une affirmation qui n’est étayée par aucun élément public à ce stade.
Une fuite plausible, mais pas confirmée
Le pirate affirme que les données proviennent d’un « site vulnérable » qu’il dit vouloir nommer une fois les failles corrigées. Rien, à ce jour, ne met en cause le système d’immatriculation des véhicules géré par l’État (SIV), souligne Génération NT. Le média note que ChimeraZ a déjà revendiqué des attaques contre des partis politiques, des armureries et la Fédération française de tir.
Conséquence pratique : il n’existe actuellement aucun moyen de savoir si vos propres données figurent dans le lot. La prudence vaut donc pour tous les automobilistes, et pas seulement pour ceux qui ont reçu un avertissement.
Les arnaques à surveiller
Une plaque associée à un nom et à une adresse ne permet pas de vider un compte bancaire. Elle permet en revanche de fabriquer des messages très convaincants. Les médias cités décrivent plusieurs scénarios :
- la fausse amende : un SMS ou un e-mail reprenant votre vraie plaque et votre nom, imitant l’ANTAI, pour un montant de l’ordre de 45 à 135 euros selon Economie Matin, avec un lien vers un faux site de paiement ;
- le faux assureur ou le faux garage : une offre alléchante ou un rappel « urgent » qui vise à récupérer vos coordonnées bancaires ;
- l’usurpation d’identité : crédit ou location souscrits à votre nom grâce aux informations réunies ;
- la doublette : la pose de votre numéro sur un véhicule identique, qui vous fait recevoir les amendes d’un autre.
Ce dernier risque n’a rien de théorique. JeChange rappelle que plus de 23 000 plaintes ont été enregistrées pour usurpation de plaque ou fausses plaques en 2023, contre 13 600 en 2010.
Les bons réflexes dès maintenant
- Ne payez jamais une amende depuis un lien reçu par SMS ou par e-mail. Tapez vous-même l’adresse d’amendes.gouv.fr ou du site de l’ANTAI pour vérifier un avis.
- Un avis authentique comporte un numéro de télépaiement à 14 chiffres, indique Economie Matin ; en cas de doute, le service de l’ANTAI se joint au 0811 10 10 10.
- Transférez les SMS douteux au 33700 et signalez les messages suspects sur cybermalveillance.gouv.fr.
- Activez la double authentification sur votre messagerie et votre banque, et surveillez vos relevés pendant les prochaines semaines.
- Méfiez-vous de toute offre d’assurance auto spontanée, même si elle cite correctement votre véhicule.
Si vous recevez les amendes d’un autre
JeChange détaille la marche à suivre en cas de doublette. Il faut d’abord demander la photo du radar, qui montre souvent un autre véhicule, puis porter plainte contre X pour usurpation de plaque. Chaque avis se conteste ensuite dans les 45 jours (30 jours pour une amende forfaitaire majorée). Si les avis continuent, un nouveau numéro peut être demandé auprès de l’ANTS avec le récépissé de plainte : selon JeChange, il en coûte 2,76 euros de frais d’acheminement, et les nouvelles plaques restent à votre charge. Pensez enfin à communiquer ce nouveau numéro à votre assureur.
Questions fréquentes
Comment savoir si ma plaque fait partie de la fuite ?
Pour l’instant, ce n’est pas possible : le fichier n’est pas public et son origine n’est pas identifiée. Agissez comme si vos données y figuraient, en appliquant les réflexes de vigilance ci-dessus.
L’ANTAI peut-elle me demander de payer par SMS ?
Non. Les administrations ne réclament pas de paiement ni de coordonnées bancaires par SMS ou par lien dans un e-mail. Toute demande de ce type doit être considérée comme une tentative d’escroquerie.
Changer de numéro d’immatriculation coûte-t-il cher ?
Selon JeChange, la démarche coûte 2,76 euros de frais d’envoi ; l’achat des nouvelles plaques reste à la charge du propriétaire. La démarche n’est utile que si vous recevez des avis indus de manière répétée.
Sources
- Une fuite massive de 850 000 plaques d'immatriculation expose les automobilistes français — Génération NT, 2026-10-27
- Fuite de 850 000 plaques d'immatriculation revendiquée : 23 000 doublettes par an, et un nouveau numéro coûte 2,76 € — JeChange, 2026-10-27
- 905 000 plaques piratées : les 4 arnaques qui guettent votre budget — Economie Matin, 2026-10-27