Le 2 octobre 2026, Eutelsat a annoncé qu’Airbus Defence and Space avait terminé, dans son usine de Toulouse, les 32 premiers satellites destinés à renouveler la constellation OneWeb en orbite basse. Ils doivent maintenant être expédiés en vue d’un lancement confié à SpaceX, à une date que l’opérateur ne communique pas. Ce lot ouvre un programme qui prévoit au total 669 nouveaux satellites.
Un remplacement plutôt qu’une nouvelle constellation
Il ne s’agit pas ici de lancer un nouveau réseau, mais de faire durer celui qui existe. D’après le communiqué d’Eutelsat, les nouveaux engins prendront progressivement la place de ceux qui arrivent au terme de leur vie opérationnelle, afin de garantir la continuité du service et d’améliorer les capacités du réseau. Le groupe indique exploiter 31 satellites géostationnaires et une flotte de plus de 600 satellites en orbite basse.
Le programme porte sur 669 satellites, dont ce premier lot de 32. Le communiqué ne précise ni le rythme auquel les engins en service seront remplacés, ni les performances attendues de la nouvelle génération, ni le calendrier complet des lancements.
Un symbole industriel mis en avant
Les deux partenaires insistent sur la dimension européenne de l’étape. Pour Jean-François Fallacher, directeur général d’Eutelsat, elle démontre, pour l’Europe, que le groupe sait bâtir et faire durer un réseau mondial en orbite basse. Alain Fauré, responsable des systèmes spatiaux d’Airbus Defence and Space, parle d’« un symbole de notre relocalisation industrielle » (traduction) et estime que l’étape confirme la capacité d’Airbus à livrer des satellites en grand nombre et à cadence élevée.
Le volume en jeu donne la mesure de l’enjeu industriel : 669 satellites à produire pour renouveler une constellation qui en compte déjà plus de 600. C’est cette capacité de production en série que met en avant Airbus, tandis qu’Eutelsat présente la fabrication toulousaine comme la preuve d’un savoir-faire industriel européen en orbite basse.
Le paradoxe du lanceur
Reste un point que le communiqué n’aborde pas : ces satellites européens décolleront sur une fusée de SpaceX, l’entreprise qui exploite aussi Starlink, sa propre constellation de connectivité par satellite. Eutelsat ne justifie pas ce choix et ne dit rien d’un éventuel recours à des lanceurs européens pour les lots suivants. Pour ce premier lot au moins, la chaîne européenne mise en avant s’arrête donc à la sortie de l’usine.
OneWeb et le chantier IRIS²
Ce renouvellement intervient alors que l’Europe prépare sa propre constellation souveraine. Le 7 août 2026, la Commission européenne a signé avec le consortium SpaceRISE, qui réunit SES, Eutelsat et Hispasat, l’accord de mise en œuvre d’IRIS², selon l’Agence spatiale européenne. Cet accord ajoute 66 satellites et porte le système principal à 348 engins, dont 330 en orbite basse et 18 en orbite moyenne. Les premiers lancements sont visés d’ici 2029, avec une montée en puissance progressive des services à partir de cette même année.
Membre du consortium, Eutelsat exploite déjà en orbite basse le réseau OneWeb, qu’il entend faire durer grâce à ce renouvellement. Selon la dépêche de Zonebourse reprise par Easybourse, la constellation renouvelée doit continuer à fournir une connectivité sécurisée et résiliente aux entreprises, aux administrations et aux institutions dans le monde entier.
Ce qui reste à préciser
- La date du lancement de ce premier lot, qu’aucun des deux industriels n’a communiquée.
- Le coût du programme, absent du communiqué.
- Les améliorations techniques concrètes de cette nouvelle génération : débit, durée de vie, compatibilité avec les terminaux en service.
- Le rythme de fabrication et de lancement des 637 satellites restants.
Questions fréquentes
Combien de nouveaux satellites OneWeb sont prévus ?
Eutelsat annonce un programme de 669 nouveaux satellites. Les 32 achevés à Toulouse forment le premier lot.
Qui fabrique et qui lance ces satellites ?
Ils sont construits par Airbus Defence and Space à Toulouse et doivent être mis en orbite par SpaceX, selon le communiqué d’Eutelsat du 2 octobre 2026.
Quel lien avec la constellation européenne IRIS² ?
Eutelsat fait partie du consortium SpaceRISE chargé d’IRIS², dont l’accord de mise en œuvre a été signé le 7 août 2026. IRIS² doit compter 348 satellites et ses premiers lancements sont visés d’ici 2029. Ce sont deux réseaux distincts : OneWeb est déjà en service, IRIS² entre dans sa phase de déploiement.
Sources
- Eutelsat's OneWeb renewal moves toward launch as first new satellites ship — Eutelsat (communiqué de presse), 2026-10-02
- Trente-deux satellites OneWeb LEO d'Eutelsat prêts à être lancés — Easybourse (dépêche Zonebourse / Cercle Finance), 2026-10-02
- IRIS² reinforced and accelerated as implementation advances — Agence spatiale européenne (ESA), 2026-08-07
- FCC Grants SpaceX Approval for 15,000 Direct-to-Device Satellites in MSS Spectrum — Via Satellite, 2026-10-07