D-Orbit développe une activité de logistique spatiale : acheminer des satellites vers leur orbite de travail une fois qu’un lanceur les a emportés dans l’espace. Installée à Fino Mornasco, en Lombardie, l’entreprise italienne se positionne entre les opérateurs de lancement et les exploitants de satellites. Son offre répond notamment aux besoins des missions partagées, qui permettent de mutualiser le coût d’une fusée, mais imposent des contraintes sur le point de largage et le calendrier de déploiement.
Une entreprise née autour de la durabilité spatiale
D-Orbit est fondée en 2011 par Luca Rossettini et Renato Panesi. Ses premiers développements portent sur la gestion de la fin de vie des satellites, avec l’objectif de limiter l’accumulation de débris. Cette origine éclaire son positionnement : considérer une mission spatiale dans son ensemble, depuis la mise en orbite jusqu’au retrait des équipements devenus inutiles.
L’entreprise élargit ensuite son activité au transport orbital. En 2020, elle réalise une première mission avec ION Satellite Carrier, son véhicule destiné à embarquer puis à déployer de petits satellites. Ce jalon fait passer son projet de logistique spatiale à une activité opérationnelle. D-Orbit s’inscrit ainsi dans une chaîne industrielle où le lancement ne constitue plus une prestation isolée, mais le début d’une succession de services.
Transporter, déployer et héberger des équipements
ION est lancé à bord d’une fusée, puis utilise ses propres capacités de propulsion et de contrôle pour exécuter sa mission. Il peut libérer les satellites transportés selon une séquence définie avec les clients et ajuster les conditions de leur déploiement. L’intérêt est de réduire certaines contraintes d’un lancement partagé et, selon la mission, le temps nécessaire pour rejoindre une configuration orbitale utile.
D-Orbit propose aussi l’hébergement de charges utiles. Un client peut faire fonctionner ou tester un instrument, un composant ou une technologie directement sur le véhicule, sans construire un satellite complet. Cette approche concerne notamment la démonstration en orbite et l’expérimentation de capacités de traitement de données embarquées. À ces prestations s’ajoutent la préparation des missions, l’intégration des équipements et les opérations orbitales. Le modèle repose donc autant sur l’ingénierie et le pilotage que sur la fabrication du véhicule.
Et maintenant ?
La prochaine étape consiste à étendre cette logique de service à des satellites déjà en place. En 2024, l’Agence spatiale européenne a confié à D-Orbit un contrat pour la mission RISE, consacrée à la démonstration de services en orbite géostationnaire. Ce programme doit préparer des capacités de rendez-vous, d’amarrage et de manœuvre susceptibles de prolonger l’exploitation de satellites.
Cette diversification reste un chantier industriel, distinct des prestations de déploiement déjà réalisées. Son succès dépendra de la fiabilité des opérations, de leur coût et de l’adhésion des opérateurs. Pour D-Orbit, l’enjeu est de transformer des interventions complexes en services reproductibles, tout en intégrant les exigences de sécurité et de gestion du trafic spatial.