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Confrontation Ghost : 960 arrestations dans 30 pays contre les arnaques en ligne

L’essentiel

Menée par les Émirats avec Interpol dans 30 pays, Confrontation Ghost revendique 960 arrestations et 39 milliards de dollars identifiés, non récupérés.

À retenir

Menée par les Émirats avec Interpol dans 30 pays, Confrontation Ghost revendique 960 arrestations et 39 milliards de dollars identifiés, non récupérés.

Pendant trois mois, des polices de 30 pays ont traqué ensemble les réseaux d’escroquerie en ligne. Baptisée Confrontation Ghost et menée par les Émirats arabes unis avec Interpol, l’opération revendique plus de 960 arrestations et plus de 39 milliards de dollars identifiés, fonds et cryptoactifs confondus, en lien avec la fraude. Un bilan spectaculaire, mais dont une partie reste à concrétiser : un argent repéré n’est pas un argent rendu aux victimes.

Une coalition de polices, d’Interpol et de géants du numérique

Selon Cryptoast, l’opération a été conduite par le ministère de l’Intérieur des Émirats arabes unis du 1er juillet au 30 septembre 2026. Elle a associé Interpol, la Global Anti-Scam Alliance (GASA), les forces de police de 30 pays et 13 partenaires privés, parmi lesquels Meta, TikTok, Mastercard, Crypto.com, Huawei, Group-IB, Trend Micro et Feedzai. Parmi les États engagés figurent notamment la France, l’Italie, la Chine, le Canada, le Japon et le Royaume-Uni. Bladi.net souligne que le Maroc est lui aussi sur la liste officielle, tout comme les Pays-Bas, sans qu’aucun chiffre propre au royaume ne soit communiqué.

Le bilan a été dévoilé à Vienne, en marge de la treizième Conférence des parties à la Convention des Nations unies contre la criminalité transnationale organisée. D’après Cryptoast, la directrice exécutive de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Monica Juma, a salué l’opération et félicité les Émirats.

Ce que racontent les chiffres

Au-delà des 960 arrestations, les autorités émiriennes font état de 3 500 suspects identifiés, ainsi que de plus de 15 500 victimes, de 29 centres de fraude perquisitionnés, de plus de 570 comptes de réseaux sociaux fermés et de plus de 9 000 échanges de renseignements entre services. Quelque 123,7 millions de tentatives d’escroquerie auraient en outre été déjouées, selon l’agence de presse émirienne WAM citée par Bladi.net.

Trois nuances s’imposent. D’abord, les arrestations représentent un peu plus d’un quart des suspects identifiés : une grande partie des dossiers reste donc ouverte. Ensuite, les formulations varient d’un média à l’autre. Cryptoast écrit que 4 126 comptes bancaires ont été bloqués, quand Bladi.net parle de plus de 4 126 comptes suspects relevés ; or bloquer un compte et le repérer n’ont pas le même effet sur les escrocs. Enfin, ces données proviennent de la communication des organisateurs, et les articles consultés n’en donnent ni la ventilation par pays ni la méthode de calcul.

IA, fraude financière, chantage sexuel : les trois cibles

L’opération visait trois menaces jugées prioritaires : les escroqueries dopées à l’intelligence artificielle, la fraude financière qui transite par les outils numériques et le chantage à caractère sexuel, qui frappe souvent des mineurs, précise Cryptoast. Selon le média, les enquêteurs ont aussi cartographié les méthodes de recrutement, de tromperie et de blanchiment employées par ces réseaux.

La présence de Meta, TikTok ou Mastercard dans la coalition renvoie aux deux bouts de la chaîne : les plus de 570 comptes de réseaux sociaux fermés servaient, selon Cryptoast, à manipuler les victimes, tandis que 4 126 comptes bancaires ont été bloqués, d’après le même média. Le média voit aussi dans la participation de Crypto.com le signe que les plateformes d’échange deviennent des maillons clés pour suivre les flux illicites. Cryptoast y voit un tournant pour la coopération entre polices et entreprises face à l’escroquerie numérique. Sa portée réelle dépendra de la durée de cette collaboration, au-delà d’une opération limitée à un trimestre.

39 milliards identifiés : pourquoi les victimes ne seront pas remboursées demain

Le chiffre le plus repris est aussi le plus trompeur. Les 39 milliards de dollars correspondent à des fonds et cryptoactifs identifiés comme liés à la fraude, pas à des sommes saisies. Cryptoast le rappelle : repérer de l’argent ne revient ni à le confisquer ni à le restituer. Entre les deux s’étire une longue chaîne, du traçage au gel, puis à la saisie judiciaire, à la confiscation définitive et enfin à la restitution, chaque étape relevant des règles propres à chaque pays.

Les cryptoactifs compliquent encore la tâche lorsqu’ils passent par des mélangeurs ou des protocoles décentralisés, qui brouillent la piste des fonds. Le ministère de l’Intérieur émirien présente d’ailleurs le recouvrement comme la prochaine étape de l’opération, selon Bladi.net. Autrement dit, le bilan de Vienne mesure l’ampleur du phénomène davantage que l’argent effectivement récupéré.

Pour une victime en France, au Maroc ou ailleurs, la leçon reste pratique : prévenir sa banque au plus vite et porter plainte, car toute restitution future passera par des procédures judiciaires qui exigent des faits et des transactions documentés.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que l’opération Confrontation Ghost ?

C’est une opération internationale contre les réseaux d’escroquerie en ligne, menée par les Émirats arabes unis du 1er juillet au 30 septembre 2026 avec Interpol, 30 pays et 13 entreprises privées. Son bilan a été dévoilé en Autriche, à Vienne, en marge d’une conférence onusienne sur la criminalité organisée.

Les victimes vont-elles récupérer leur argent ?

Pas automatiquement. Les 39 milliards de dollars ont été identifiés, non saisis. Leur recouvrement est annoncé comme l’étape suivante, mais il dépend de procédures judiciaires distinctes dans chaque pays concerné.

La France et le Maroc ont-ils participé ?

Oui. Les deux pays figurent parmi les participants, selon Cryptoast pour la France et Bladi.net pour le Maroc. Aucun bilan national détaillé n’apparaît toutefois dans les articles consultés.

Sources

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