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Nouveau-Mexique : une cyberattaque contre UNM Health fait dérouter les ambulances

L’essentiel

Opérations annulées, ambulances déroutées : la cyberattaque revendiquée par BYOD contre UNM Health et les leçons pour la continuité des soins.

À retenir

Opérations annulées, ambulances déroutées : la cyberattaque revendiquée par BYOD contre UNM Health et les leçons pour la continuité des soins.

Le lundi 26 octobre, une cyberattaque a frappé UNM Health, le réseau de santé de l’université du Nouveau-Mexique : rendez-vous et opérations programmées annulés pour la journée, ambulances déroutées pendant environ deux heures vers d’autres établissements d’Albuquerque et de Santa Fe. Un groupe de rançongiciel apparu en septembre, BYOD, revendique l’attaque sans que ses affirmations aient été vérifiées. L’épisode montre concrètement ce que devient un hôpital quand son informatique s’arrête.

Une journée de soins à l’arrêt

Selon The Record, l’équipe informatique a contenu l’incident et prévenu les forces de l’ordre fédérales. D’après des médias locaux qu’il cite, les salariés ont reçu sur leur téléphone une alerte leur demandant d’éteindre et de débrancher tous les ordinateurs fixes, et de déconnecter leurs appareils mobiles du Wi-Fi de l’hôpital. Pendant environ deux heures, les ambulances ont été orientées vers d’autres réseaux de santé de la région ; rendez-vous et interventions ambulatoires ont été suspendus pour le reste de la journée.

Le message aux patients ne laissait aucune place au doute : ne pas venir dans les établissements UNM Health ce jour-là, composer le 911 en cas d’urgence, et s’attendre au report des soins non urgents « jusqu’à nouvel ordre », rapporte Infosecurity Magazine. En fin d’après-midi, le réseau a commencé à remettre ses systèmes en service par étapes. Une mise à jour diffusée à 22 h 27 a confirmé la réouverture de tous les hôpitaux ; les cliniques devaient reprendre leurs rendez-vous le mardi 27 octobre. Les actes annulés doivent être reprogrammés.

Un établissement pivot pour tout l’État

La menace concerne l’ensemble du Health Sciences Center de l’université, qui regroupe le réseau hospitalier, un campus universitaire et des installations de recherche médicale, a précisé un porte-parole cité par The Record. Le centre reçoit plus d’un million de visites de patients par an, dont environ 900 000 consultations externes et 100 000 passages aux urgences, selon Infosecurity Magazine. D’après The Record, le réseau hospitalier abrite aussi la seule unité de grands brûlés, le seul hôpital pour enfants et l’unique centre de traumatologie de niveau 1 de l’État, et soigne une large part de sa population sans assurance santé.

Côté formation, les étudiants de l’école de médecine et des facultés de pharmacie, de soins infirmiers et de santé des populations ont dû quitter le campus le lundi 26 octobre. Tous leurs cours, y compris à distance, ont été annulés le mardi 27 octobre, et les salariés non essentiels sont restés chez eux. Les cours du campus central et des campus annexes de l’université n’étaient pas concernés par ces annulations.

BYOD, un groupe encore mal connu

Dans la soirée du 26 octobre, BYOD a revendiqué l’attaque. Le groupe affirme avoir compromis 36 000 machines et dérobé des données personnelles d’étudiants, de patients et d’employés, ainsi que des travaux de recherche, des dossiers scolaires et des courriels internes. La société de renseignement VenariX a signalé sur X l’apparition de l’université sur le site de fuite du groupe. Ces affirmations n’ont pas été vérifiées, souligne Infosecurity Magazine. UNM Health n’a pas répondu aux questions sur un éventuel rançongiciel et indique qu’une enquête des forces de l’ordre, toujours en cours, limite ce qu’il peut dire.

D’après The Record, BYOD ne compte qu’une poignée de victimes publiquement nommées. Selon le même média, c’est la deuxième cyberattaque majeure de l’année contre un grand hôpital public d’un État américain, après celle qui avait mis à l’arrêt en mars le centre médical de l’université du Mississippi et semé le chaos dans cet État pendant des semaines.

Les leçons pour les établissements et cabinets de santé

L’épisode rappelle d’abord que la continuité des soins se prépare avant l’attaque. La consigne de tout débrancher est passée par les téléphones, en dehors du système informatique visé : disposer d’un canal d’alerte indépendant du réseau conditionne la rapidité de l’isolement. Le délestage des ambulances, lui, suppose que des établissements voisins puissent absorber le flux pendant quelques heures, ce qui se négocie à froid.

Pour un hôpital, une clinique ou un cabinet, ces enseignements se traduisent en questions simples :

  • une procédure écrite permet-elle de couper vite les postes et le Wi-Fi, et chacun la connaît-il ?
  • les équipes savent-elles travailler en mode dégradé, sur papier, pour les urgences et les rendez-vous du jour ?
  • les patients peuvent-ils être prévenus par un autre moyen que le site ou le portail habituel ?
  • les sauvegardes sont-elles isolées et testées pour une remise en service système par système ?

UNM Health a pu rouvrir ses hôpitaux dans la soirée du 26 octobre, mais la question des données revendiquées reste entière : si le vol se confirme, patients, étudiants et employés deviendront des cibles privilégiées pour des escroqueries s’appuyant sur leurs informations.

Questions fréquentes

Que signifie dérouter les ambulances ?

C’est demander aux secours de conduire les patients vers d’autres hôpitaux, parce que l’établissement ne peut plus les accueillir correctement. À UNM Health, ce délestage a duré environ deux heures, au profit de structures d’Albuquerque et de Santa Fe.

Le groupe BYOD a-t-il vraiment volé des données ?

Il l’affirme, mais rien n’a été confirmé. UNM Health n’a donné aucun détail sur la nature de l’incident, en raison de l’enquête en cours.

Les soins ont-ils repris ?

Oui. Les hôpitaux ont rouvert dans la soirée du 26 octobre et les cliniques ont repris leurs consultations le 27 octobre. En revanche, les cours des facultés de santé ont été annulés le 27 octobre.

Sources

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