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SASU ou EURL : quel statut choisir pour créer seul sa société ?

L’essentiel

SASU ou EURL : régime social du dirigeant, coût des cotisations, dividendes, impôts, capital et frais de création comparés pour choisir seul.

À retenir

SASU ou EURL : régime social du dirigeant, coût des cotisations, dividendes, impôts, capital et frais de création comparés pour choisir seul.

Pour créer seul une société, deux sociétés commerciales à associé unique s’offrent au créateur : l’EURL et la SASU. Toutes deux protègent le patrimoine personnel et se créent avec les mêmes formalités. Ce qui les sépare tient surtout au régime social du dirigeant, au coût de sa rémunération et au traitement des dividendes. Ce comparatif s’appuie sur la fiche « choisir la forme juridique » de Service Public Entreprendre et sur le tableau détaillé de Bpifrance Création.

Ce que l’EURL et la SASU ont en commun

  • Un capital fixé librement. Seule la part versée au départ diffère : au moins 20 % des apports en argent pour l’EURL, 50 % pour la SASU, le solde devant être libéré dans les 5 ans suivant l’immatriculation.
  • Une responsabilité limitée aux apports, sauf faute de gestion ou caution personnelle donnée par le dirigeant.
  • Des frais de création proches. L’immatriculation coûte 33,83 € et la déclaration des bénéficiaires effectifs 19,33 €. S’y ajoute l’annonce légale de constitution, au forfait 2026 de 124 € HT pour une EURL et 142 € HT pour une SASU en métropole.
  • Les mêmes obligations comptables. Les comptes annuels sont approuvés dans les 6 mois suivant la clôture, puis déposés au greffe. Un commissaire aux comptes n’est exigé que si deux des trois seuils sont atteints : 5 M€ de bilan, 10 M€ de chiffre d’affaires hors taxe, plus de 50 salariés.

Une nuance de gouvernance : le gérant d’une EURL est forcément une personne physique, alors que le président d’une SASU peut être une société.

Régime social : indépendant en EURL, assimilé salarié en SASU

Le gérant associé unique d’une EURL est travailleur non salarié (TNS), affilié à la sécurité sociale des indépendants. Selon Bpifrance Création, ses cotisations représentent environ 45 % du revenu net (autour de 30 % au-delà d’un plafond de la sécurité sociale) et sont calculées sur les revenus de l’année précédente. Les deux premières années, Service Public Entreprendre indique des cotisations provisionnelles sur une base forfaitaire de 19 % du plafond, soit 9 131 € en 2026, et aucune cotisation pendant les 90 jours suivant le début d’activité. Des cotisations minimales restent dues même sans rémunération, ce qui permet de valider 3 trimestres de retraite par an.

Le président d’une SASU rémunéré est assimilé salarié : il relève du régime général et cotise pour sa retraite complémentaire auprès d’une caisse de retraite des cadres (Agirc-Arrco). Bpifrance chiffre les cotisations salariales et patronales à environ 62 % du brut, soit 78 % du net ; la fiche officielle parle d’environ 60 % de la rémunération brute. Sans rémunération, aucune cotisation n’est due, mais le président n’a en principe aucune protection sociale.

La protection est proche : mêmes remboursements de soins, mêmes prestations familiales, retraite complémentaire obligatoire et, dans les deux cas, pas d’assurance chômage. Différence notable, le risque accident du travail n’est couvert que pour l’assimilé salarié.

Impôt sur les bénéfices et dividendes

Par défaut, les bénéfices d’une EURL sont soumis à l’impôt sur le revenu (BIC ou BNC), le régime micro restant possible ; l’option pour l’impôt sur les sociétés est ouverte. La SASU est soumise d’office à l’IS : 25 %, ou 15 % sur les premiers 42 500 € pour les PME qui remplissent les conditions. La rémunération du président est déductible et imposée dans la catégorie des traitements et salaires. Une SASU de moins de 5 ans peut, sous conditions, opter temporairement pour l’impôt sur le revenu, pendant 5 ans au maximum.

Les dividendes font souvent la différence. En EURL à l’IS, la part qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et des comptes courants d’associé supporte des cotisations sociales. En SASU, les dividendes n’y sont pas soumis. La revente diffère aussi : les parts d’EURL sont taxées à 3 % après un abattement de 23 000 € rapporté au nombre total de parts, les actions de SASU à 0,10 %.

Comment trancher : les questions à se poser

  1. Allez-vous vous rémunérer dès le départ ? Sans salaire, la SASU ne coûte pas de cotisations mais ne protège pas ; l’EURL impose un minimum qui valide des trimestres.
  2. Combien coûte chaque euro versé ? Selon Bpifrance Création, le coût des cotisations est généralement plus élevé en SASU. La fiche officielle renvoie au simulateur de l’Urssaf pour estimer les montants.
  3. Prévoyez-vous de vous payer surtout en dividendes ? La règle des 10 % ne joue qu’en EURL.
  4. Exercez-vous un métier exposé aux accidents ? Seul le président de SASU est couvert à ce titre.
  5. Envisagez-vous de céder la société ? Les droits de cession sont bien plus faibles sur des actions de SASU.

Ces critères restent généraux : pour une décision chiffrée, faites établir une simulation par un expert-comptable ou utilisez les outils de l’Urssaf.

Questions fréquentes

Faut-il un capital minimum pour une EURL ou une SASU ?

Non, le capital est libre. Une partie des apports en argent doit toutefois être versée dès la création : 20 % en EURL, 50 % en SASU.

Le dirigeant d’une EURL ou d’une SASU touche-t-il le chômage ?

Non, ni le gérant TNS ni le président assimilé salarié ne cotisent à l’assurance chômage. Pour le président de SASU, Service Public Entreprendre signale qu’une assurance complémentaire est possible.

Combien coûte la création d’une EURL ou d’une SASU ?

Comptez 33,83 € d’immatriculation, 19,33 € pour les bénéficiaires effectifs et l’annonce légale : 124 € HT en EURL, 142 € HT en SASU en métropole, hors honoraires éventuels de rédaction des statuts.

L’Acre est-elle accessible dans les deux cas ?

Oui, l’EURL comme la SASU y donnent accès, sous conditions de profil et de contrôle du capital. Depuis 2026, elle n’est plus automatique pour les dirigeants de société : la demande se fait auprès de l’Urssaf dans les 60 jours.

Le dirigeant peut-il être une autre société ?

Seulement en SASU, dont le président peut être une personne morale. Le gérant d’une EURL doit être une personne physique. Dans les deux formes, l’associé unique peut en revanche être une personne physique ou une société.

Sources

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