Le tribunal de commerce d’Orléans a retenu le 14 octobre 2026 l’offre de Cédric Meston pour reprendre Duralex. Selon Maddyness, le projet conserve 155 postes sur environ 220 salariés, soit une soixantaine de départs. Le nouveau propriétaire mise sur un changement de four et sur de nouveaux produits pour sortir le verrier de ses redressements à répétition.
Une décision entre deux repreneurs
Deux candidats restaient en lice devant la juridiction orléanaise. Face à Cédric Meston, le groupe industriel stéphanois Carlesimo, spécialisé dans la fonderie d’après Presse-citron, avait lui aussi déposé une offre. Maddyness rapporte que la proposition de l’entrepreneur a été jugée la plus favorable, en particulier sur le volet social. C’est sa holding, présentée sous le nom de Tomé-Revive par Maddyness et de Tomé par Presse-citron, qui devient propriétaire de la marque.
Le contexte explique l’enjeu. Duralex, connu pour ses verres réputés incassables, avait été placé en redressement judiciaire le 1er juin, pour la cinquième fois en une vingtaine d’années selon Maddyness. Moins de deux ans plus tôt, les salariés avaient repris l’entreprise sous forme de coopérative. Cette tentative n’a donc pas suffi à stabiliser les comptes.
Combien d’argent et qui paie
Maddyness évoque environ 15 millions d’euros de financements réunis, dont 5 millions apportés en fonds propres. Xavier Niel, fondateur de Free, soutient le projet selon Maddyness ; Presse-citron précise qu’il est actionnaire de la holding du repreneur. L’État participe aussi : Presse-citron indique une contribution de 4 millions d’euros via le fonds de développement économique et social (FDES), destiné aux entreprises en restructuration.
Les collectivités sont également mobilisées. D’après Maddyness, l’État, la Région Centre-Val de Loire et Orléans Métropole financent l’amélioration de la performance énergétique de l’usine historique de La Chapelle-Saint-Mesmin, dans le Loiret.
L’énergie, cœur du plan de relance
Le point le plus structurant du projet concerne la production. Presse-citron précise que le four de fusion au gaz doit être remplacé par un four électrique, avec des travaux programmés de mars 2028 à 2029. Pour une verrerie, la fusion représente un poste de dépense considérable, et Maddyness souligne que le site doit composer avec des coûts énergétiques élevés. Le pari consiste donc à réduire cette exposition tout en améliorant la compétitivité.
Un autre indicateur montre l’ampleur du redressement à mener : selon Presse-citron, la masse salariale équivaut aujourd’hui à la moitié du chiffre d’affaires. Le repreneur promet aussi de lancer de nouveaux produits rapidement, sans calendrier précis, et de partager chaque mois les comptes avec l’ensemble du personnel.
Un repreneur en série de marques patrimoniales
Cédric Meston n’en est pas à son premier dossier. Cofondateur de HappyVore, startup d’alternatives végétales à la viande, il a repris les activités françaises de Tupperware il y a environ un an et demi, rappelle Maddyness. Presse-citron recense aussi Jay&Joy, Les Nouveaux Affineurs et Bluedigo parmi ses acquisitions des deux dernières années.
Ce profil d’entrepreneur issu de la jeune pousse qui rachète des marques en difficulté reste à juger sur la durée. L’opération Duralex sera un test : redresser une industrie lourde, consommatrice d’énergie, demande des investissements longs, et le changement de four n’interviendra pas avant 2028.
Ce que cela change pour les salariés et le territoire
Pour les salariés, la décision met fin à des mois d’incertitude, mais au prix d’une soixantaine de suppressions de postes. Pour le Loiret, elle maintient une activité manufacturière sur un site historique, ce qui figurait parmi les objectifs affichés du projet. Les limites sont connues : les montants avancés n’ont pas tous été détaillés publiquement, et la réussite dépendra de la capacité à vendre davantage et à produire moins cher.
Questions fréquentes
Qui reprend Duralex ?
L’entrepreneur Cédric Meston, via sa holding, dont Xavier Niel est actionnaire. Le tribunal de commerce d’Orléans a retenu son offre le 14 octobre 2026, face à celle du groupe Carlesimo.
Combien d’emplois sont conservés ?
Le projet prévoit de garder 155 postes sur environ 220, ce qui implique une soixantaine de départs selon les médias cités.
Quand le nouveau four électrique arrivera-t-il ?
D’après Presse-citron, les travaux de remplacement du four à gaz sont prévus de mars 2028 à 2029.
Sources
- Après Tupperware, Cédric Meston acquiert Duralex — Maddyness, 2026-10-14
- Le propriétaire de Tupperware rachète les verres Duralex avec Xavier Niel, 60 emplois vont sauter — Presse-citron, 2026-10-14