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Climeworks : l’usine Mammoth double sa capture de CO₂, son coût par tonne reste inconnu

L’essentiel

Climeworks dit avoir doublé la capture de CO₂ de son usine islandaise Mammoth et réduit de moitié ses coûts. Sans coût absolu publié, le bilan reste flou.

À retenir

Climeworks dit avoir doublé la capture de CO₂ de son usine islandaise Mammoth et réduit de moitié ses coûts. Sans coût absolu publié, le bilan reste flou.

Le suisse Climeworks a annoncé le 10 septembre avoir plus que doublé les performances de Mammoth, son usine islandaise de captage direct du CO₂ dans l’air, tout en divisant par deux ses coûts d’exploitation par tonne. L’annonce intervient alors que cette technologie doit prouver qu’elle peut changer d’échelle. Mais l’entreprise ne publie aucun coût absolu par tonne, ce qui limite la portée de ces progrès.

Ce que Climeworks annonce

Fondée en 2009 par Christoph Gebald et Jan Wurzbacher et basée à Zurich, Climeworks exploite en Islande deux installations de captage et de stockage : Orca, ouverte en 2021, et Mammoth, entrée en service en 2024, rappelle ESG Today. Ce type d’usine mobilise des ventilateurs, de l’électricité, de la chaleur et des matériaux capables d’absorber le CO₂, comme le décrit E&E News à propos de Stratos, le grand projet américain du secteur.

Après environ dix-huit mois d’exploitation, l’entreprise affirme que le débit de Mammoth a plus que doublé et que ses coûts d’exploitation par tonne ont reculé de plus de 50 %. Les premiers conteneurs collecteurs modernisés atteignent désormais les cadences prévues lors de la conception, ce qui signifie, en creux, que l’installation d’origine restait en deçà de ses objectifs. Deux leviers sont avancés : une nouvelle formulation du sorbant, le matériau filtrant, et de son procédé de fabrication, ainsi que des équipements et des réglages d’exploitation revus.

Jan Wurzbacher, cofondateur et codirigeant, présente Climeworks comme la seule entreprise au monde à livrer depuis plusieurs années à des clients des retraits de carbone fondés sur le captage direct de l’air. Comme les chiffres de performance et de coût, cette affirmation émane de l’entreprise elle-même : OneStop ESG cite Climeworks comme source de ses informations.

Pourquoi le coût par tonne reste le vrai juge de paix

Le captage direct n’a d’avenir économique que si une tonne retirée de l’atmosphère peut se vendre à un prix supérieur à ce qu’elle coûte. C’est ce chiffre qu’attendent les acheteurs de retraits de carbone, les investisseurs et les pouvoirs publics. Or Climeworks ne communique qu’une baisse relative. Sans le point de départ, impossible de savoir si le coût est passé d’un niveau très élevé à un niveau simplement élevé, ou s’il approche d’un seuil compétitif.

Autre zone d’ombre : selon OneStop ESG, le doublement de performance concerne les conteneurs collecteurs modernisés, et aucune des sources consultées ne précise quelle part de l’installation ils représentent. Pour comparer sérieusement le captage direct aux autres solutions de retrait du carbone, il faudrait des données complètes et auditées, que l’annonce ne fournit pas.

Une course à l’échelle qui reste ouverte

L’enjeu dépasse Mammoth. Aux États-Unis, l’usine Stratos d’Occidental Petroleum, dans l’ouest du Texas, doit pouvoir retirer jusqu’à 500 000 tonnes de CO₂ par an, selon E&E News. Sa construction a démarré en mai 2023 ; prévue pour la fin 2024, sa mise en service est désormais annoncée pour la fin 2026. À titre de comparaison, la plus grande usine de captage direct en activité peut retirer 36 000 tonnes par an, indique le même média. Le patron d’Occidental, Richard Jackson, a prévenu que son groupe ne pourrait pas continuer d’investir dans les projets bas carbone sans le soutien des régulateurs ou d’autres entreprises.

Climeworks prépare la suite. Selon ESG Today, l’entreprise compte tester sa technologie de nouvelle génération à Mammoth début 2027. En laboratoire, celle-ci aurait multiplié par dix la durée de vie du sorbant, ce qui espacerait les remplacements, et par quatre la densité du procédé, ce qui réduirait le nombre de conteneurs nécessaires pour retirer la même quantité de carbone. Ces gains restent à confirmer sur le terrain : l’écart entre laboratoire et conditions réelles est précisément ce que Mammoth a mis dix-huit mois à réduire.

Pour les entreprises qui achètent des retraits de carbone comme pour les jeunes pousses du secteur, l’annonce envoie un double signal. Les progrès d’exploitation peuvent être rapides lorsqu’une grande usine fonctionne aux côtés d’un centre d’innovation, comme le met en avant Climeworks. Mais la transparence sur les coûts reste la condition pour juger la place réelle du captage direct parmi les outils de lutte contre le changement climatique.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le captage direct du CO₂ dans l’air ?

C’est une technique qui filtre l’air ambiant pour en extraire le CO₂ grâce à des matériaux absorbants, des ventilateurs, de l’électricité et de la chaleur. Le gaz récupéré peut servir de matière première ou, s’il est stocké, être retiré durablement de l’atmosphère.

Combien coûte une tonne de CO₂ retirée par Climeworks ?

L’entreprise ne le dit pas. Elle annonce une baisse de plus de 50 % de ses coûts d’exploitation par tonne à Mammoth, mais sans chiffre absolu, ce qui empêche toute comparaison précise avec d’autres méthodes de retrait.

Quand la prochaine génération de technologie sera-t-elle testée ?

Climeworks prévoit de commencer les essais à Mammoth début 2027, après des résultats de laboratoire jugés prometteurs sur la durée de vie du sorbant et la compacité du procédé.

Sources

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