Arm vend les plans, pas les puces. Établie à Cambridge, au Royaume-Uni, l’entreprise développe des architectures de processeurs et des blocs de propriété intellectuelle que les fabricants intègrent dans leurs propres circuits. Ses clients peuvent adopter un cœur prêt à intégrer ou obtenir une licence d’architecture pour concevoir un processeur compatible avec le jeu d’instructions Arm. La fabrication revient ensuite à des industriels spécialisés.
Une technologie britannique devenue mondiale
Arm naît en 1990 d’une coentreprise associant Acorn Computers, Apple et VLSI Technology, autour d’une technologie issue des travaux d’Acorn. Rachetée par le groupe japonais SoftBank en 2016, elle revient en Bourse au Nasdaq en septembre 2023, SoftBank conservant alors une participation très majoritaire. Entre-temps, son rachat envisagé par Nvidia a été abandonné en 2022 face aux obstacles réglementaires.
Des briques pour chaque catégorie de machines
Le catalogue d’Arm couvre plusieurs niveaux de performance et de consommation. Son intérêt pour les concepteurs de puces : disposer de composants éprouvés, d’outils de développement et d’un écosystème logiciel étendu, plutôt que de reconstruire toute une plateforme.
- Cortex-A et Cortex-X : des cœurs destinés notamment aux smartphones et aux appareils nécessitant des performances élevées sous un système d’exploitation complet.
- Cortex-M et Cortex-R : des familles utilisées dans les microcontrôleurs, les objets connectés et les systèmes embarqués, notamment lorsque le temps réel compte.
- Neoverse : une gamme orientée vers les serveurs, le cloud et les infrastructures réseau.
- Mali et Immortalis : des processeurs graphiques destinés notamment aux appareils mobiles.
- Arm Compute Subsystems : des sous-systèmes préintégrés qui réduisent le travail d’assemblage et de validation des clients.
L’entreprise commercialise également des interconnexions, des technologies de sécurité et des outils logiciels. Son modèle économique combine principalement des revenus de licences et des redevances liées aux puces commercialisées par ses partenaires.
Un poids qui dépasse sa taille
Arm emploie plusieurs milliers de personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel de plusieurs milliards de dollars. Les puces reposant sur ses technologies se comptent en dizaines de milliards d’unités expédiées chaque année par son écosystème. Son architecture est omniprésente dans les smartphones et gagne du terrain dans les ordinateurs personnels, les centres de données et l’automobile.
Apple utilise l’architecture Arm pour ses propres processeurs ; Amazon Web Services s’appuie également sur elle avec ses puces Graviton. Ces exemples illustrent une distinction essentielle : deux processeurs compatibles Arm ne partagent pas nécessairement le même cœur. L’efficacité énergétique, la compatibilité logicielle et la liberté de personnalisation expliquent une grande partie de son influence.
Et maintenant ?
À l’horizon de septembre 2026, les enjeux portent sur l’extension d’Arm au-delà du mobile et sur la valeur qu’elle peut capter avec des plateformes plus complètes. Le développement de l’IA embarquée et la recherche de sobriété électrique dans les serveurs constituent des moteurs potentiels. Face à x86 et à l’architecture ouverte RISC-V, Arm devra préserver son avantage logiciel tout en maintenant un équilibre délicat : fournir davantage de technologie sans réduire la marge de différenciation de ses clients.