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Arm, l’architecture britannique au cœur des puces

L’essentiel

Basée à Cambridge, Arm conçoit des architectures et des blocs de propriété intellectuelle utilisés par les fabricants de semiconducteurs. Très implantée dans les smartphones, l’entreprise britannique étend son influence dans les centres de données, l’automobile et les objets connectés.

À retenir

Basée à Cambridge, Arm conçoit des architectures et des blocs de propriété intellectuelle utilisés par les fabricants de semiconducteurs. Très implantée dans les smartphones, l’entreprise britannique étend son influence dans les centres de données, l’automobile et les objets connectés.


Arm occupe une place particulière dans l’industrie des semiconducteurs : son modèle historique consiste à concevoir des technologies de calcul que d’autres entreprises intègrent à leurs puces, plutôt qu’à fabriquer elle-même ces composants. Établie à Cambridge, au Royaume-Uni, elle fournit notamment des architectures de jeu d’instructions et des plans de processeurs. Cette position en amont lui permet de travailler avec de nombreux concepteurs de puces et fabricants d’équipements. Son site institutionnel est arm.com.

Des ordinateurs Acorn à une entreprise mondiale

Les racines d’Arm remontent aux travaux du constructeur informatique britannique Acorn dans les années 1980. Ses ingénieurs développent alors un processeur fondé sur l’approche RISC, qui privilégie un jeu d’instructions relativement simple. En 1990, Acorn, Apple et VLSI Technology créent une société dédiée à cette technologie. Le choix de proposer ses conceptions sous licence permet à Arm de toucher plusieurs marchés sans financer un réseau d’usines.

L’essor des téléphones mobiles, puis des smartphones, donne une autre dimension à ce modèle. Les architectures Arm répondent aux contraintes de consommation et d’intégration des appareils fonctionnant sur batterie. Rachetée par SoftBank en 2016, l’entreprise fait ensuite l’objet d’un projet d’acquisition par Nvidia, abandonné en 2022 face aux obstacles réglementaires. En septembre 2023, Arm revient en Bourse au Nasdaq, SoftBank conservant alors le contrôle du capital.

Des licences, des cœurs et un écosystème logiciel

Arm propose plusieurs niveaux de propriété intellectuelle. Certains clients adoptent ses cœurs de processeurs prêts à être intégrés dans un système sur puce. D’autres disposent d’une licence d’architecture leur permettant de développer leurs propres cœurs compatibles avec le jeu d’instructions Arm. Les revenus proviennent notamment des droits de licence et des redevances liées aux puces commercialisées par ses partenaires.

Ses gammes couvrent des besoins variés : Cortex pour les processeurs d’applications, les microcontrôleurs et le temps réel, Neoverse pour les infrastructures de calcul, Mali pour le traitement graphique. Arm fournit également des technologies d’interconnexion, de sécurité et des outils de développement. Elle propose des sous-systèmes préintégrés afin de réduire une partie du travail de conception de ses clients.

La valeur de cette offre tient aussi à son écosystème : systèmes d’exploitation, compilateurs et logiciels doivent fonctionner efficacement sur les puces conçues par ses partenaires. Cette continuité facilite l’adoption de l’architecture dans des équipements très différents, du capteur industriel au serveur.

Et maintenant ?

La progression dans les centres de données, les ordinateurs personnels et l’automobile constitue un enjeu de diversification. L’intelligence artificielle élargit également les besoins en calcul, sans rendre interchangeables processeurs généralistes et accélérateurs spécialisés. Arm devra maintenir l’attractivité de ses technologies face au x86 et à l’architecture ouverte RISC-V. Son défi sera autant commercial que technique : proposer davantage de solutions intégrées tout en préservant la confiance de partenaires qui cherchent eux-mêmes à se différencier.

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