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Madica reçoit 6 M$ de Flourish : une chance pour les startups hors des grands hubs ?

L’essentiel

Flourish Ventures remet 6 M$ dans Madica pour financer 25 à 30 jeunes pousses africaines de plus : qui peut postuler et ce que le pilote doit prouver.

À retenir

Flourish Ventures remet 6 M$ dans Madica pour financer 25 à 30 jeunes pousses africaines de plus : qui peut postuler et ce que le pilote doit prouver.

Le fonds Flourish Ventures engage 6 millions de dollars supplémentaires dans Madica, son programme africain de pré-amorçage, ce qui prolonge l’expérience de trois ans. D’après The Condia et Wamda, qui ont relayé l’annonce le 27 octobre 2026, cette enveloppe doit permettre de soutenir 25 à 30 nouvelles jeunes pousses. L’enjeu dépasse le montant : il s’agit de vérifier si des fondateurs négligés par les investisseurs habituels peuvent produire des rendements dignes d’un fonds.

Un pilote lancé en 2022 qui passe à l’étape suivante

Madica est né en 2022 au sein de l’écosystème Flourish Ventures et il est dirigé par Emmanuel Adegboye. Selon Wamda, le programme ne cible aucun secteur en particulier. Sa première phase a financé 18 startups réparties dans dix pays africains et douze secteurs, de l’intelligence artificielle aux technologies du climat, en passant par les semi-conducteurs, la biotechnologie, les ressources humaines ou la mobilité.

La nouvelle tranche donne surtout du temps au pilote. D’après The Condia, ces trois années supplémentaires serviront à observer comment les entreprises transforment leurs premiers signaux en croissance durable, et si des sorties capables de rémunérer des investisseurs sont réalistes. Emmanuel Adegboye explique en substance, dans les propos rapportés par Wamda, que bâtir une entreprise solide prend plus longtemps que ce qu’un pilote de trois ans permet de mesurer.

Ce que montrent les premiers chiffres

Le principal indicateur mis en avant concerne les levées ultérieures. Selon The Condia, les sociétés du portefeuille ont obtenu ensuite, en moyenne, environ deux fois le montant investi par Madica. Deux noms sont cités : ChipMango et Medikea. Managers souligne que cet indicateur ne garantit ni la rentabilité ni la survie à long terme.

Le profil des équipes est l’autre point saillant. Toujours d’après The Condia, toutes les entreprises soutenues sont majoritairement détenues par des Africains, plus de la moitié comptent au moins une cofondatrice et 39 % sont dirigées par une femme.

Enfin, la demande existe. Madica a reçu des candidatures venues de 78 pays et de 28 secteurs ; environ 40 % provenaient de pays situés hors des quatre principaux marchés du capital-risque africain, selon The Condia et Wamda.

Qui peut postuler, et pour combien

Les conditions d’éligibilité sont détaillées par Wamda et Managers :

  • un siège social situé en Afrique ;
  • un produit minimum viable déjà commercialisé, avec de premiers clients payants ;
  • des fondateurs engagés à plein temps ;
  • peu ou pas de financement institutionnel reçu jusqu’ici.

Côté montant, Managers indique un ticket pouvant atteindre 200 000 dollars par startup, sous forme de prise de participation, complété par du mentorat et un appui à la structuration de l’entreprise. Les candidatures se déposent directement sur le site de Madica.

Une ouverture pour l’Afrique francophone ?

Le message de Madica vise explicitement les marchés délaissés et les écosystèmes situés à l’écart des grands pôles technologiques. Pour un fondateur de Dakar, d’Abidjan, de Douala ou de Cotonou, c’est en principe une porte d’entrée, puisque Madica revendique d’aller au-delà des quatre plus grands marchés du capital-risque africain.

Il faut toutefois rester prudent. Aucune des sources consultées ne détaille la liste des dix pays de la première cohorte, ni la part des startups francophones. Il est donc impossible, à ce stade, de dire si le programme a réellement corrigé le déséquilibre linguistique du financement africain. Autre limite : 6 millions de dollars pour 25 à 30 entreprises reste modeste face aux besoins ; les articles consultés ne disent pas non plus si Madica réinvestira lors des tours suivants.

L’intérêt du pilote tient surtout à sa promesse méthodologique. Emmanuel Adegboye souhaite, d’après The Condia, que les données collectées servent de modèle à d’autres investisseurs.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que Madica ?

C’est un programme de pré-amorçage lancé en 2022 et soutenu par Flourish Ventures. Il investit en fonds propres dans de jeunes entreprises africaines en phase très précoce et les accompagne dans leur structuration.

Combien une startup peut-elle recevoir ?

Selon Managers, l’investissement peut aller jusqu’à 200 000 dollars par entreprise, accompagné de mentorat.

Une startup sénégalaise ou ivoirienne peut-elle candidater ?

Oui, à condition d’avoir son siège en Afrique, un produit déjà vendu à des clients, des fondateurs à plein temps et peu de financement institutionnel. Les sources ne précisent pas de quota par pays ou par langue.

Sources

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