Epic Systems Corporation est un éditeur américain de logiciels de santé installé à Verona, dans le Wisconsin. Sa spécialité : réunir les informations médicales et les processus administratifs dans un environnement partagé par les professionnels d’un établissement ou d’un réseau de soins. Présente aux États-Unis et sur plusieurs marchés internationaux, l’entreprise commercialise une infrastructure logicielle dont le déploiement engage durablement ses clients. Son site institutionnel est epic.com.
Une entreprise construite autour du dossier médical
Epic est fondée en 1979 par Judy Faulkner, informaticienne formée à l’université du Wisconsin à Madison. Dès ses débuts, l’entreprise s’intéresse à l’organisation des données de santé. Elle élargit progressivement son offre pour couvrir les besoins des cabinets médicaux, des hôpitaux et des grands systèmes de soins. Restée non cotée, elle conserve un modèle de développement indépendant des marchés boursiers.
Son histoire accompagne la transition du dossier papier vers le dossier patient informatisé, accélérée aux États-Unis par les politiques publiques d’incitation à la numérisation. Le campus de Verona, connu pour ses bâtiments aux univers thématiques, constitue son principal point d’ancrage.
Des logiciels pour relier soins, gestion et patients
Le cœur de l’offre Epic est un dossier patient informatisé qui rassemble notamment les antécédents, les prescriptions, les résultats d’examens et les comptes rendus. Autour de ce socle, l’éditeur propose des applications destinées aux différentes spécialités médicales, à la programmation des rendez-vous, à la facturation et au pilotage des établissements. L’enjeu est de permettre aux équipes de travailler sur des informations cohérentes tout au long du parcours de soins.
Avec MyChart, les patients peuvent, selon les services activés par leur établissement, consulter leurs résultats, communiquer avec leurs soignants ou gérer leurs rendez-vous. Care Everywhere facilite l’échange de dossiers entre organisations de santé, y compris avec certains systèmes tiers. Epic développe également Cosmos, un ensemble de données cliniques dépersonnalisées provenant d’organisations participantes, utilisé pour la recherche et l’analyse.
Cette intégration demande toutefois des projets de déploiement importants : reprise des données, adaptation des processus, formation des utilisateurs et maintenance. Le choix d’Epic relève ainsi autant d’une transformation organisationnelle que d’un achat informatique.
Et maintenant ?
Epic intègre progressivement l’intelligence artificielle à ses logiciels, notamment dans le cadre de sa collaboration avec Microsoft. Parmi les usages visés figurent l’aide à la rédaction de messages et la synthèse d’informations cliniques. Leur intérêt dépend de leur fiabilité, de leur insertion dans le travail des soignants et du maintien d’une validation humaine adaptée.
L’autre chantier demeure l’interopérabilité : faire circuler les informations sans affaiblir leur sécurité ni la confidentialité des patients. Pour Epic, la prochaine étape consiste à mieux exploiter les données déjà disponibles, tout en limitant la charge documentaire. Sa capacité à ouvrir son écosystème et à démontrer des gains concrets pour les équipes sera déterminante.