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Spiko lève 90 millions de dollars pour faire rapporter la trésorerie des entreprises

L’essentiel

La fintech française Spiko lève 90 M$ (environ 80 M€) auprès de NEA pour étendre ses fonds monétaires tokenisés. Ce que cela change pour les PME.

À retenir

La fintech française Spiko lève 90 M$ (environ 80 M€) auprès de NEA pour étendre ses fonds monétaires tokenisés. Ce que cela change pour les PME.

La fintech française Spiko a annoncé le 6 octobre 2026 une série B de 90 millions de dollars, soit environ 80 millions d’euros, menée par le fonds New Enterprise Associates (NEA). Créée en 2023, elle émet des fonds monétaires « tokenisés » dans lesquels entreprises et particuliers placent leurs liquidités. Son pari : que l’argent qui dort sur les comptes courants, y compris celui des petites structures, soit rémunéré par défaut.

Ce que vend Spiko, concrètement

Un fonds monétaire investit l’argent de ses porteurs dans de la dette à très court terme, typiquement des bons du Trésor. Spiko en gère plusieurs, en euro, en dollar, en livre sterling et en franc suisse, du produit récupérable dans la journée au placement à échéance fixe, détaille The Next Web. La nouveauté tient à l’emballage : les parts prennent la forme de jetons inscrits sur une blockchain, la même infrastructure que celle des stablecoins. On y accède par une application mobile ou web, ou par une interface de programmation (API) que d’autres plateformes intègrent dans leurs propres services, précise Cryptoast. Les avoirs des clients sont conservés par CACEIS Bank, filiale du groupe Crédit Agricole.

Les deux fondateurs viennent de la sphère publique. Paul-Adrien Hyppolite, le directeur général, a été adjoint au responsable des marchés financiers à la direction du Trésor ; Antoine Michon, directeur des opérations, a conseillé le gouvernement sur les sujets technologiques après un passage chez Palantir, selon The Next Web.

Des encours multipliés par plus de cinq en un an

Spiko revendique environ 2,7 milliards de dollars d’actifs, un peu plus de 2,4 milliards d’euros selon le site Ascendants, et une multiplication par plus de cinq de ce montant en douze mois. Sa clientèle dépasse 10 000 entreprises et particuliers répartis dans plus de 25 juridictions : jeunes pousses, instituts de recherche, organismes publics, fonds de capital-risque ou cabinets médicaux. La société se présente aussi comme le premier émetteur de fonds monétaires tokenisés, en s’appuyant sur les données du site spécialisé RWA.xyz ; selon Cryptoast, elle devancerait désormais BlackRock et Franklin Templeton sur ce créneau. The Next Web ne publie pas les chiffres qui étayent ce classement : il faut le lire comme une affirmation de l’entreprise.

Qui investit, et pour quoi faire

NEA conduit le tour. Index Ventures, qui avait mené la série A de 22 millions de dollars en juillet 2025, remet au pot, aux côtés de Bpifrance, Speedinvest, White Star Capital, Flourish Ventures, Frst ou encore Wintermute Ventures. Côté business angels, Cryptoast cite Axel Weber, ancien président de la Bundesbank, et les fondateurs de la néobanque Qonto. Spiko a désormais levé environ 120 millions de dollars depuis sa création ; les articles consultés ne mentionnent pas sa valorisation. Le cabinet Gide a conseillé la société, indique Le Monde du Droit, qui la décrit comme une fintech spécialisée dans le placement de trésorerie.

L’argent doit financer de nouveaux fonds, l’ouverture de nouveaux marchés et le recrutement. Déjà présente à Paris et à Londres, Spiko prévoit des équipes locales en Allemagne, en Italie, en Espagne, aux Pays-Bas et dans les pays nordiques. Cité par Cryptoast, Philip Chopin, de NEA, juge que ce modèle sur blockchain « s’étend naturellement » à d’autres marchés et d’autres produits.

Ce que cela change pour la trésorerie des PME

Le mode d’emploi décrit par The Next Web parle surtout aux directions financières sans trésorier dédié. L’entreprise fixe une fois ses règles : elle laisse sur le compte courant de quoi payer salaires et fournisseurs, place le reste dans un fonds mobilisable à tout moment, et loge les sommes dont elle n’aura pas besoin avant environ un trimestre dans un produit à échéance, mieux rémunéré. Ces règles tournent ensuite en continu et peuvent être modifiées par l’API, depuis un logiciel de trésorerie ou même un agent d’IA agissant pour le compte de la société. Les retraits instantanés sont déjà proposés ; un rendement calculé heure par heure est annoncé pour bientôt.

Le marché visé est immense : Cryptoast évalue à quelque 50 000 milliards de dollars les liquidités et dépôts peu ou pas rémunérés détenus en Europe et aux États-Unis. « Le rendement devrait être universel », résume Paul-Adrien Hyppolite.

Les limites à garder en tête

Un fonds monétaire reste un placement en titres, et non un dépôt sur un compte courant. Cryptoast rappelle que les taux directeurs avoisinent 2,5 % en zone euro, un niveau auquel laisser dormir sa trésorerie a un coût. La forme tokenisée ajoute une couche technique que l’entreprise cliente doit comprendre, même si l’accès par application la masque largement. Côté réglementation, Cryptoast indique que Spiko a été agréée comme société de gestion par l’AMF et l’ACPR en janvier 2026, quand elle gérait un peu plus de 400 millions de dollars ; The Next Web précise que Spiko Finance est agréée comme entreprise d’investissement par l’ACPR. Enfin, encours, croissance et classement restent des données communiquées par la société, que les articles consultés ne permettent pas de vérifier de façon indépendante.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un fonds monétaire tokenisé ?

C’est un fonds classique, placé en titres de créance de très courte durée comme les bons du Trésor, dont les parts sont enregistrées sous forme de jetons sur une blockchain. Cela permet des souscriptions et des retraits rapides, et l’intégration du produit dans d’autres logiciels.

Combien Spiko a-t-elle levé au total ?

Environ 120 millions de dollars depuis 2023, dont 90 millions lors de cette série B. Ascendants convertit ce total à près de 106,7 millions d’euros.

Faut-il être une grande entreprise pour utiliser Spiko ?

Non. Parmi ses clients figurent des startups, des cabinets médicaux et des organismes publics, qui passent par l’application ou par des plateformes partenaires ayant intégré ses fonds.

Sources

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