Snyk place la sécurité dans les outils et les pratiques quotidiennes des développeurs. L’entreprise, dont le siège est à Boston, cherche à faire détecter les failles avant la mise en production, plutôt qu’à concentrer les contrôles en fin de projet. Sa plateforme s’intègre aux environnements de développement, aux dépôts de code et aux chaînes d’intégration et de livraison continues. Elle s’adresse aussi aux équipes de sécurité chargées de superviser les risques applicatifs.
Des origines londoniennes à une implantation américaine
Snyk a été fondée en 2015 par Guy Podjarny, Danny Grander et Assaf Hefetz. Née à Londres, elle s’est développée autour d’un constat : les applications reposent largement sur des composants open source, dont les vulnérabilités peuvent se propager aux logiciels qui les utilisent. Son offre initiale visait donc à rendre l’identification et la correction de ces risques accessibles aux développeurs, directement dans leur flux de travail.
L’entreprise a ensuite élargi son périmètre. L’acquisition de DeepCode, en 2020, a renforcé ses capacités d’analyse du code propriétaire à l’aide de l’intelligence artificielle. Celle de Fugue, en 2022, a apporté des technologies de sécurité des configurations cloud. Ces opérations accompagnent le passage d’un outil centré sur les dépendances à une plateforme couvrant plusieurs dimensions de la sécurité applicative.
Du code aux infrastructures, plusieurs niveaux de contrôle
Snyk Open Source analyse les bibliothèques utilisées par une application, y compris leurs dépendances indirectes. Le service signale les vulnérabilités connues et les problèmes liés aux licences, puis propose des pistes de correction, notamment des mises à jour. Snyk Code examine le code source pour y détecter des faiblesses de sécurité, sans attendre l’exécution du logiciel.
La couverture s’étend aux images de conteneurs avec Snyk Container et aux fichiers décrivant les infrastructures avec Snyk Infrastructure as Code. L’objectif est de repérer aussi bien un composant vulnérable qu’une configuration susceptible d’exposer une ressource. Avec Snyk AppRisk, l’entreprise propose également une couche de gestion de la posture de sécurité applicative, destinée à inventorier les applications, évaluer la couverture des contrôles et hiérarchiser les risques.
Le modèle commercial associe un accès gratuit limité et des offres payantes, adaptées notamment aux besoins de collaboration, de gouvernance et de déploiement des organisations. L’intégration aux outils existants constitue un élément central de cette proposition : les alertes doivent déboucher sur des corrections exploitables, sans imposer un circuit entièrement séparé aux développeurs.
Et maintenant ?
La généralisation des assistants de programmation renforce l’enjeu du contrôle du code, quelle que soit son origine. Pour Snyk, la perspective consiste à accompagner cette accélération tout en limitant le bruit des alertes et en facilitant la remédiation. L’entreprise évolue toutefois sur un marché concurrentiel, où plateformes de développement et spécialistes de la cybersécurité élargissent leurs offres. Sa capacité à contextualiser les vulnérabilités, à démontrer leur importance réelle et à s’insérer durablement dans les processus des équipes sera déterminante.