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Comment sauvegarder ses données : la règle 3-2-1 expliquée simplement

L’essentiel

Trois copies, deux supports, une copie déconnectée : la règle 3-2-1 de la CNIL pour sauvegarder ses données et vérifier qu'on peut les restaurer.

À retenir

Trois copies, deux supports, une copie déconnectée : la règle 3-2-1 de la CNIL pour sauvegarder ses données et vérifier qu'on peut les restaurer.

Un rançongiciel, une panne de disque ou un incendie, et des années de fichiers peuvent disparaître en une matinée. Pour la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), la sauvegarde est alors « souvent le seul moyen de récupérer vos données ». Sa fiche sur les règles essentielles de sécurité des données, mise à jour le 19 juin 2026, résume la bonne méthode en trois chiffres : la règle du 3-2-1. Voici comment l’appliquer, que vous gériez les fichiers d’une TPE ou les documents de votre foyer.

Que signifie la règle 3-2-1 ?

La CNIL la formule en une ligne : « 3 copies, sur 2 supports différents, dont 1 déconnectée du réseau ». Chaque chiffre répond à un risque précis.

  • 3 copies : vos données existent en trois exemplaires. Si l’un est perdu ou abîmé, il en reste deux.
  • 2 supports différents : les copies ne reposent pas toutes sur le même type de support, si bien qu’une défaillance propre à un appareil n’emporte pas tout.
  • 1 copie déconnectée du réseau : au moins un exemplaire n’est pas branché en permanence. L’exemple retenu par la CNIL est celui d’un disque dur externe débranché du réseau.

Le titre de la recommandation ajoute une précision qui compte : parmi vos sauvegardes, une doit se trouver « hors de la société ». Un sinistre qui frappe les locaux ne doit pas pouvoir détruire en même temps l’original et toutes ses copies.

Pourquoi la copie déconnectée change tout face aux rançongiciels

Le ministère de l’Intérieur, sur son site Ma Sécurité, présente le rançongiciel comme un programme malveillant qui retient vos données numériques en otage. Selon sa fiche pratique consacrée aux rançongiciels, ce programme chiffre les fichiers de l’ordinateur infecté puis réclame un paiement, le plus souvent en cryptomonnaie, en échange de la clé qui permettrait de les débloquer.

La CNIL illustre le danger par un cas concret. Le dirigeant d’une entreprise découvre un matin que son serveur ne contient plus aucun fichier, hormis un message qui réclame une rançon. L’enquête montre qu’un logiciel malveillant s’est installé quand son enfant a téléchargé un logiciel gratuit sur l’ordinateur de la société : l’attaquant a ainsi obtenu les mots de passe de l’entreprise, puis chiffré le contenu du serveur. Les bonnes pratiques retenues tiennent en quelques mots : ne pas payer, séparer les usages personnels et professionnels, installer des protections contre les intrusions et réaliser des sauvegardes régulièrement « pour faire redémarrer votre activité ».

C’est tout l’intérêt de la copie déconnectée : un attaquant qui atteint vos machines par le réseau ne peut pas chiffrer un disque qui n’y est pas branché.

Mettre en place la règle 3-2-1 en cinq étapes

  1. Dressez la liste de ce qui compte. Repérez les dossiers dont la perte vous bloquerait : factures, fichiers clients, comptabilité, contrats, photos. Ma Sécurité conseille de sauvegarder vos données mais aussi votre système, afin de pouvoir le remettre dans son état d’origine en cas de besoin.
  2. Créez une copie sur un second support. La règle impose deux supports différents : la sauvegarde ne doit pas dépendre du même appareil que vos fichiers de travail.
  3. Gardez une copie hors ligne et hors des locaux. Débranchez-la une fois la sauvegarde terminée et rangez-la ailleurs que là où se trouve l’ordinateur, conformément à la recommandation « hors de la société » de la CNIL.
  4. Protégez ces copies. La CNIL indique que vous pouvez chiffrer vos données sauvegardées ou synchronisées dans le nuage : une copie égarée ne doit pas livrer vos fichiers.
  5. Planifiez des sauvegardes régulières, puis testez la restauration. Les deux sources insistent sur la régularité ; la CNIL ajoute les tests de restauration, eux aussi à faire régulièrement.

À quelle fréquence sauvegarder ?

Ni la CNIL ni le ministère de l’Intérieur ne fixent de rythme chiffré : tous deux parlent de sauvegardes « régulières ». La bonne question devient donc : combien de travail accepteriez-vous de refaire ? Si vous saisissez des factures chaque jour, une sauvegarde hebdomadaire vous expose à perdre jusqu’à une semaine de saisie. Calez la fréquence sur la vitesse à laquelle vos données évoluent, et inscrivez-la dans un agenda.

Tester la restauration, l’étape qu’on oublie

Une sauvegarde qui n’a jamais été relue reste une promesse. C’est pourquoi la CNIL associe, dans le même intitulé, les sauvegardes et les « tests de restauration ». En pratique, choisissez de temps en temps un dossier, restaurez-le à un autre emplacement que l’original, puis ouvrez quelques fichiers pour vérifier qu’ils sont complets et lisibles. Mieux vaut découvrir un échec un jour calme que le matin d’une demande de rançon.

Si un rançongiciel frappe malgré tout

La fiche de Ma Sécurité détaille les gestes à faire, dans cet ordre :

  1. débranchez l’ordinateur d’internet et du réseau informatique ;
  2. isolez les supports touchés ;
  3. en entreprise, prévenez immédiatement le service informatique ;
  4. ne payez pas la rançon : vous financeriez des réseaux criminels, sans certitude de récupérer vos données ;
  5. portez plainte : en ligne sur la plateforme THESEE pour un particulier, dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie pour une entreprise ;
  6. contactez votre éditeur d’antivirus ou votre prestataire, et consultez le site nomoreransom à la recherche d’outils de déchiffrement gratuits.

Questions fréquentes

La règle 3-2-1 vaut-elle aussi pour un particulier ?

La fiche de la CNIL s’adresse aux entreprises, avec un accent sur les TPE et PME, mais sa logique n’a rien de propre au monde professionnel. Le ministère de l’Intérieur recommande à chacun des sauvegardes régulières de ses données et de son système.

Faut-il payer la rançon pour récupérer ses fichiers ?

Non. La CNIL comme Ma Sécurité le disent sans détour ; le ministère ajoute que payer ne garantit pas la récupération des données. La sauvegarde reste souvent le seul moyen de les retrouver.

Une copie dans le nuage suffit-elle ?

Elle peut compter parmi vos supports, et la CNIL suggère de chiffrer ce que vous y sauvegardez ou synchronisez. Une copie connectée en permanence ne remplit pas pour autant la condition de la copie déconnectée du réseau.

Que faire si des données de clients ou de salariés sont touchées ?

La CNIL indique que, si des données de personnes physiques sont concernées, il faut l’en informer. Pour savoir ce qui s’applique à votre cas, renseignez-vous directement auprès d’elle.

Comment savoir si ma sauvegarde fonctionne vraiment ?

En la restaurant. Seul un test de restauration régulier, sur quelques fichiers réels, prouve que la copie est complète et utilisable le jour où vous en aurez besoin.

Sources

Sur votre appareil

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