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Rivercell lève 22 M€ pour simuler par l’IA la réaction des cellules aux médicaments

L’essentiel

La biotech parisienne Rivercell, fondée par Yann Fleureau (Cardiologs), lève 25 M$ en amorçage pour bâtir une « cellule virtuelle » nourrie de ses données.

À retenir

La biotech parisienne Rivercell, fondée par Yann Fleureau (Cardiologs), lève 25 M$ en amorçage pour bâtir une « cellule virtuelle » nourrie de ses données.

La jeune pousse parisienne Rivercell sort de la discrétion avec un tour d’amorçage de 25 millions de dollars, soit environ 22 millions d’euros, mené par le fonds HV. Son cofondateur Yann Fleureau, qui avait créé Cardiologs, veut entraîner un modèle d’intelligence artificielle capable de prédire comment une cellule humaine réagit à un traitement. Un pari de long terme : l’entreprise doit d’abord produire elle-même, en laboratoire, les données qui nourriront ce modèle.

Simuler la cellule avant l’éprouvette

Rivercell construit ce qu’elle appelle un « modèle du monde » de la cellule, baptisé AI Virtual Cell. L’idée, résumée par Pulse 2.0 : prévoir par ordinateur la réponse d’une cellule à une molécule ou à une modification génétique, afin de réduire le nombre d’expériences physiques nécessaires à la découverte de médicaments. D’après le communiqué diffusé par Business Wire, le modèle doit apprendre des règles générales plutôt que les particularités d’une seule maladie. L’oncologie, l’immunologie, les maladies rares et les pathologies cardiométaboliques sont citées parmi les domaines où la plateforme pourrait s’appliquer.

L’enjeu économique est considérable. Le même communiqué rappelle que la mise au point d’un seul médicament peut prendre des années et que le secteur investit près de 300 milliards de dollars par an en recherche et développement. Chaque expérience qu’un modèle fiable permettrait d’éviter se traduirait donc en temps et en coûts économisés.

Pourquoi un amorçage aussi élevé

Pour Yann Fleureau, la pièce qui manque est la donnée : savoir comment les cellules évoluent dans le temps, selon des propos rapportés par Startup Rise. Le communiqué pointe l’absence de mesures à grande échelle de ces évolutions sous l’effet d’un traitement. Rivercell a donc conçu sa propre plateforme pour générer des données de perturbation, c’est-à-dire des observations de cellules isolées soumises à un traitement, mesurées à plusieurs instants et selon plusieurs modalités. Elle s’appuie sur un laboratoire automatisé installé à Paris et juge que les instruments de laboratoire actuels n’ont pas été conçus pour cet usage : elle développe donc sa propre plateforme, qu’elle présente comme le futur « GPU du data center biologique ».

Ce choix éclaire l’ampleur de ce premier tour. Les fonds serviront à faire monter en puissance la plateforme de données, à agrandir le laboratoire parisien et à lancer le programme AI Virtual Cell. CFNews, qui chiffre l’opération à 22,5 millions d’euros, résume l’objectif : monter le laboratoire et obtenir de premiers résultats.

Une équipe passée par Cardiologs, Novartis et Owkin

Diplômé de Polytechnique et de l’université de Berkeley, Yann Fleureau a cofondé Cardiologs, spécialiste de l’IA appliquée au diagnostic cardiaque, rachetée par Philips en 2021. Il a également cofondé Numina, une structure à but non lucratif qui développe des IA de raisonnement de pointe en mathématiques et en physique. Eric Durand l’a rejoint en 2026 comme cofondateur et directeur scientifique : sept ans directeur de la data science en oncologie chez Novartis, puis directeur de la data science d’Owkin, il a aussi cofondé Bioptimus, développeur de modèles de fondation pour la biologie. Le conseil scientifique réunit Charlotte Bunne, de l’EPFL, et Fabian Theis, du centre Helmholtz de Munich.

HV mène le tour, auquel participent HCVC, Alven et Bpifrance Digital Venture. Des dirigeants ou fondateurs de Twist Bioscience, DNA Script, Agilent et Abivax ou Ipsen y participent à titre individuel. Maxi Pethö-Schramm, du fonds HV, souligne l’ancrage de la société à la fois dans l’écosystème parisien de l’IA et dans le pôle pharmaceutique de Bâle.

Ce qui reste à prouver

Rivercell n’en est qu’au début : ce tour doit précisément lui permettre d’obtenir ses premiers résultats, et les performances de son modèle restent à démontrer. Fabian Theis rappelle lui-même que comprendre la réponse des cellules dans la durée, et non sur des instantanés, est l’un des grands problèmes ouverts de la biologie. Yann Fleureau parle de « l’opportunité du siècle » en médecine, une ambition à la mesure du risque. Le calendrier de mise à disposition du modèle, ses futurs partenaires industriels et son modèle économique ne figurent pas dans les annonces. Le fondateur juge enfin stratégique de bâtir ce moteur de données en Europe.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une « cellule virtuelle » ?

C’est un modèle d’IA entraîné sur de grandes quantités de mesures biologiques, qui cherche à prédire la réaction d’une cellule à un médicament ou à une modification génétique sans passer systématiquement par l’expérience en laboratoire.

Combien Rivercell a-t-elle levé exactement ?

Le communiqué annonce 25 millions de dollars. Exprimé en euros, le montant varie selon le taux de change retenu : 22 millions pour Startup Rise, 22,5 millions pour CFNews.

Rivercell développe-t-elle ses propres médicaments ?

Les annonces consultées n’évoquent aucun candidat-médicament maison. La société se présente comme un producteur de données et de modèles destinés à accélérer la découverte de traitements.

Sources

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