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Pigment lève 250 millions de dollars : ce que la série E dit de la French Tech logicielle

L’essentiel

Pigment boucle une série E de 250 millions de dollars menée par le fonds Scaleup Europe d'EQT. Valorisation, revenus, usage des fonds et limites du pari.

À retenir

Pigment boucle une série E de 250 millions de dollars menée par le fonds Scaleup Europe d'EQT. Valorisation, revenus, usage des fonds et limites du pari.

L’éditeur parisien de logiciels de planification Pigment a annoncé le 21 octobre 2026 une série E de 250 millions de dollars, soit environ 223 millions d’euros, qui porte sa valorisation à 2,3 milliards de dollars. Le tour est mené par le Scaleup Europe Fund, géré par EQT ; la participation de Nvidia est décrite différemment selon les médias. Au-delà du montant, l’opération illustre la manière dont une scale-up française finance sa course face aux grands éditeurs américains.

Un tour mené par le nouveau fonds européen

Selon Maddyness, l’opération est conduite par le Scaleup Europe Fund géré par EQT. World Innovation Lab rejoint le tour, aux côtés des actionnaires déjà présents : Greenoaks, Iconiq, IVP et Meritech. Le média précise que Nvidia, qui avait dit la semaine précédente vouloir entrer au capital, prend part à cette levée.

FrenchWeb exprime le montant en euros, autour de 223 millions, et une valorisation proche de 2,05 milliards d’euros. Les deux chiffres concordent avec ceux de Maddyness une fois convertis. FrenchWeb présente toutefois la participation de Nvidia comme un investissement prévu plutôt que réalisé : un détail qui reste donc à confirmer.

Une valorisation doublée, des revenus en forte hausse

D’après Maddyness, la nouvelle valorisation représente le double de la précédente. Fondée en 2019 par Eléonore Crespo et Romain Niccoli, l’entreprise a réuni au total 650 millions de dollars depuis sa création.

Côté activité, Pigment revendique plus de 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents, un indicateur qui aurait doublé en un an. Maddyness indique que les États-Unis pèsent 60 % de ce revenu. L’éditeur dispose de bureaux à Paris, New York, Toronto, Londres et San Francisco. Parmi les clients cités figurent L’Oréal, Unilever, Danone, Siemens, Anthropic et Snowflake.

FrenchWeb apporte un exemple précis : L’Oréal a retenu Pigment pour remplacer son outil de planification des effectifs, sur un périmètre de plus de 95 000 salariés dans le monde.

Où va l’argent : agents d’IA et moteur maison

Le logiciel de Pigment sert à bâtir budgets, prévisions et scénarios, notamment pour la finance ; L’Oréal l’emploie aussi pour la planification de ses effectifs. Les fonds doivent d’abord renforcer la recherche et développement et les équipes d’ingénieurs, selon les deux médias, puis soutenir l’expansion internationale.

Le cœur du pari porte sur l’IA. Maddyness évoque des agents capables d’analyser des données financières, de simuler des hypothèses et d’automatiser des tâches. FrenchWeb mentionne Graphite, le moteur de calcul propriétaire de l’éditeur, qui selon l’entreprise ajuste la puissance de calcul à l’activité et partage les données selon les droits de chaque utilisateur. L’entreprise affirme aussi que 85 % des nouveaux indicateurs créés sur sa plateforme le sont désormais par un agent.

Les cofondateurs estiment, toujours selon Maddyness, que la planification d’entreprise va changer davantage dans les prochaines années qu’au cours des trois dernières décennies.

Une concurrence qui bouge aussi

Pigment n’est pas seul sur ce terrain. FrenchWeb rappelle qu’Anaplan développe des agents spécialisés pour la planification et que Workday fait évoluer Adaptive Planning vers des échanges en langage naturel. Les acteurs historiques intègrent donc les mêmes promesses, ce qui réduit l’avance technologique dont un nouvel entrant peut se prévaloir.

Le même média replace l’opération dans une tendance : des éditeurs comme Dataiku ou Contentsquare ont enchaîné plusieurs tours après avoir atteint un niveau élevé de revenus récurrents. Lever encore, même avec plus de 100 millions de dollars de revenus annuels, n’a donc rien d’inhabituel.

Les limites à garder en tête

Plusieurs points invitent à la prudence. Le revenu annuel récurrent est la valeur annualisée des revenus récurrents, pas un chiffre d’affaires comptabilisé ni un bénéfice, comme le souligne FrenchWeb, qui note aussi que le montant exact actuel n’a pas été communiqué. Et la forte dépendance au marché américain expose sa croissance aux aléas de ce seul pays.

Sur la suite, Eléonore Crespo écarte une cotation à court terme : « un jour, on fera sûrement une IPO », a-t-elle déclaré à Maddyness, en précisant que ce n’est pas d’actualité. Elle disait en 2025 vouloir grandir avant de racheter d’autres sociétés ; selon Maddyness, aucune acquisition n’a encore eu lieu.

Questions fréquentes

Que fait Pigment ?

Pigment édite un logiciel de planification qui permet aux entreprises de construire budgets, prévisions et scénarios, en finance comme pour les effectifs.

Qui finance cette série E ?

Le tour est mené par le Scaleup Europe Fund géré par EQT, avec World Innovation Lab et les investisseurs historiques Greenoaks, Iconiq, IVP et Meritech. Nvidia y participe selon Maddyness, alors que FrenchWeb présente son investissement comme prévu.

Pigment va-t-elle entrer en Bourse ?

Pas dans l’immédiat. Sa cofondatrice juge une introduction probable un jour, mais affirme que ce n’est pas l’objectif actuel de l’entreprise.

Sources

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