NVIDIA est une entreprise américaine de semi-conducteurs et de logiciels, installée à Santa Clara, en Californie. Son métier : concevoir des processeurs capables d’effectuer de nombreux calculs en parallèle, puis fournir les outils nécessaires pour les exploiter. Ses GPU servent à afficher des jeux vidéo, entraîner des modèles d’intelligence artificielle, produire des images ou simuler des phénomènes physiques. NVIDIA ne possède pas ses propres usines de fabrication de puces : elle s’appuie sur des partenaires industriels, notamment TSMC.
Du graphisme au calcul accéléré
Fondée en 1993 par Jensen Huang, Chris Malachowsky et Curtis Priem, NVIDIA s’est d’abord développée autour des puces graphiques pour ordinateurs. Le lancement de CUDA en 2006 a permis aux développeurs d’utiliser ses GPU pour d’autres tâches que l’affichage, préparant leur adoption dans la recherche puis l’apprentissage profond. L’acquisition de Mellanox, finalisée en 2020, a renforcé sa présence dans les réseaux reliant les serveurs de calcul.
Une offre qui dépasse largement la puce
- GeForce RTX : des GPU destinés notamment aux joueurs et aux créateurs, associés à des technologies comme le ray tracing et DLSS, qui mobilise l’IA pour améliorer le rendu et les performances.
- Accélérateurs pour centres de données : les familles Hopper et Blackwell illustrent l’offre consacrée à l’entraînement et à l’exécution des modèles d’IA, ainsi qu’au calcul intensif.
- DGX, HGX et réseaux : NVIDIA propose des systèmes intégrés, des plateformes pour les fabricants de serveurs et des équipements d’interconnexion. L’objectif est de faire travailler ensemble des milliers d’accélérateurs.
- CUDA et logiciels professionnels : bibliothèques, outils de développement et services facilitent l’utilisation des GPU. NVIDIA AI Enterprise vise les entreprises, tandis qu’Omniverse, Isaac et DRIVE ciblent respectivement la simulation, la robotique et l’automobile.
Un fournisseur central de l’infrastructure IA
Ses clients comprennent les grands fournisseurs de cloud, les fabricants de serveurs, les laboratoires de recherche et de nombreuses entreprises. Pour donner un ordre de grandeur daté, NVIDIA a réalisé environ 130 milliards de dollars de chiffre d’affaires sur son exercice clos en janvier 2025, avec plusieurs dizaines de milliers de salariés. Les centres de données représentaient alors l’essentiel de ses revenus, loin devant son activité historique dans le jeu vidéo.
Son poids tient autant aux performances des puces qu’à son écosystème logiciel. Des équipes ont construit leurs applications autour de CUDA et de bibliothèques optimisées, ce qui peut rendre un changement de fournisseur coûteux. Cette position n’efface pas la concurrence d’AMD, des accélérateurs conçus par les acteurs du cloud ni les contraintes d’approvisionnement, d’énergie et d’exportation.
Et maintenant ?
À l’horizon de septembre 2026, l’enjeu est de convertir les investissements dans l’IA en usages économiquement durables. NVIDIA doit notamment accompagner la montée de l’inférence, c’est-à-dire l’exécution quotidienne des modèles, tout en améliorant le coût et la consommation par tâche. Sa capacité à préserver son avantage logiciel, à livrer des infrastructures complètes et à répondre aux restrictions commerciales restera déterminante.