Exotec automatise les déplacements de marchandises à l’intérieur des entrepôts. Son principe : faire venir les produits jusqu’aux opérateurs plutôt que demander à ces derniers de parcourir les allées. L’entreprise française associe robots mobiles, rayonnages, postes de travail et logiciels pour préparer les commandes du commerce en ligne, réapprovisionner les magasins ou alimenter les circuits de distribution.
Une entreprise née dans le Nord
Exotec a été fondée en 2015 par Romain Moulin et Renaud Heitz, deux ingénieurs issus de la robotique industrielle. Implantée dans la métropole lilloise, elle a développé sa technologie Skypod avant d’étendre ses activités en Europe, au Japon et en Amérique du Nord. Une levée de fonds de 335 millions de dollars annoncée en 2022 l’a valorisée à environ 2 milliards de dollars, faisant d’elle l’une des figures de la robotique française.
Skypod, le cœur du système
La particularité des robots Skypod est de se déplacer au sol puis de monter dans des structures de stockage pour récupérer des bacs. Ils transportent ensuite ces contenants vers les postes où les articles sont prélevés. Cette architecture exploite la hauteur du bâtiment tout en limitant les déplacements humains, souvent longs et répétitifs dans les entrepôts traditionnels.
- Stockage et transport robotisés : une flotte de robots assure les mouvements de bacs entre les rayonnages et les postes de préparation.
- Postes de travail : les stations organisent la présentation des produits aux opérateurs pour le prélèvement et le réapprovisionnement.
- Pilotage logiciel : les outils d’Exotec coordonnent les robots, ordonnancent les missions et s’interfacent avec les systèmes informatiques de l’entrepôt.
- Intégration et maintenance : l’entreprise accompagne la conception, le déploiement et le maintien en fonctionnement des installations.
Exotec vend donc davantage qu’un robot : elle fournit un système intralogistique complet. Sa modularité permet d’adapter la capacité d’une installation, notamment en ajoutant des robots ou des espaces de stockage, sous réserve des contraintes du bâtiment et des flux à traiter.
Une place dans l’automatisation mondiale
L’entreprise a dépassé le stade de la jeune pousse expérimentale : elle emploie plusieurs centaines de personnes et intervient sur plusieurs grands marchés internationaux. Parmi ses références publiques figurent notamment Decathlon et Carrefour. Ses solutions intéressent les distributeurs et les prestataires logistiques confrontés à des volumes fluctuants, à des délais de préparation serrés et à des difficultés de recrutement.
Face aux installations automatisées fixes et aux autres architectures robotisées, Exotec défend un compromis entre densité de stockage, souplesse et cadence. Son importance tient aussi à sa capacité à industrialiser une technologie française et à la déployer à l’étranger. Le bénéfice économique reste toutefois propre à chaque projet : assortiment, volume de commandes et organisation du site déterminent la pertinence de l’investissement.
Et maintenant ?
À l’horizon de septembre 2026, les enjeux portent sur l’extension internationale, la fiabilité à grande échelle et l’automatisation de davantage d’étapes de l’entrepôt. Pour Exotec, la compétition se jouera autant sur les performances des robots que sur la qualité du logiciel, la maintenance et la capacité à intégrer ses systèmes sans perturber durablement les opérations des clients.