La jeune pousse parisienne Elax Énergie annonce une levée de 30 millions d’euros auprès de Noria et de Crédit Mutuel Impact. Son boîtier, posé sur des chauffe-eau électriques déjà installés, décide du moment où l’eau est chauffée. Avec cet argent, elle veut sortir du seul logement social, toucher les particuliers grâce à un réseau d’artisans et s’attaquer aux chaufferies collectives au gaz.
Un thermostat connecté greffé sur le ballon existant
Le principe est simple à expliquer. D’après FrenchWeb, le boîtier se fixe en une vingtaine de minutes sur un ballon d’eau chaude existant et communique par le réseau mobile, sans dépendre du Wi-Fi de l’occupant. Il observe d’abord les habitudes du foyer, puis ajuste la température et les cycles de chauffe à la consommation réelle d’eau chaude.
L’entreprise revendique un gain de 20 à 25 % sur l’électricité consacrée à l’eau chaude, rapporte Maddyness. FrenchWeb souligne une nuance importante : ce pourcentage porte sur la seule production d’eau chaude, pas sur la facture totale du logement, et il est calculé en comparant la consommation mesurée à une estimation sans pilotage, selon une méthode construite avec le cabinet Carbone 4. Il s’agit donc d’un chiffre revendiqué, et non d’une mesure indépendante.
Des milliers de « batteries thermiques » au service des renouvelables
Le second volet du modèle est moins visible pour l’occupant, mais il compte davantage pour le système électrique. En décalant les heures de chauffe, Elax peut absorber de l’électricité quand elle abonde et s’effacer quand le réseau est tendu. Son directeur général Thomas Tirtiaux décrit ces appareils comme des « batteries thermiques dynamiques au service des énergies renouvelables », selon Maddyness, autrement dit un moyen d’amortir les variations du solaire et de l’éolien.
Cette flexibilité se revend sur les marchés de l’électricité. Selon FrenchWeb, cette rémunération a permis de supprimer l’abonnement que les bailleurs sociaux payaient jusque-là pour le pilotage. C’est un point clé : le service devient gratuit pour le client final, et l’entreprise se rémunère sur la valeur créée pour le réseau. Le communiqué ne précise toutefois ni le revenu tiré de chaque appareil ni le coût complet d’un logement équipé.
Trois chantiers financés par la levée
La startup, fondée en 2020, affirme équiper près de 100 000 logements auprès de plus de 100 bailleurs sociaux. Les 30 millions doivent servir à trois objectifs, détaillés par FrenchWeb et Maddyness :
- Accélérer dans le logement social, son premier marché.
- Lancer Elax Pro, un réseau d’une centaine de plombiers, électriciens et chauffagistes chargés de proposer et d’installer le boîtier chez les particuliers.
- Électrifier partiellement les chaufferies collectives en ajoutant une production électrique à des installations au gaz, ce qui, selon Maddyness, peut basculer jusqu’à la moitié de la chaleur produite vers l’électricité sur certains sites.
Côté équipe, l’entreprise compte 58 collaborateurs d’après FrenchWeb et prévoit 30 recrutements d’ici fin 2027, en recherche et développement, ingénierie, opérations et développement commercial.
Ce que ça change, et les limites
Le marché potentiel est vaste : Maddyness évoque environ 15 millions de chauffe-eau installés en France. Pour un particulier, l’intérêt dépendra du prix de l’offre, qui n’a pas été communiqué, et de l’écart entre les économies promises et celles réellement constatées chez lui.
La concurrence existe déjà. FrenchWeb cite Voltalis, qui pilote plusieurs usages dont les ballons d’eau chaude, et Octopus Energy, qui commande les chauffe-eau via le compteur Linky sans boîtier supplémentaire dans les logements éligibles. Le pari d’Elax repose sur sa capacité à installer vite, via des artisans, et à bien valoriser la flexibilité.
Côté industriel, FrenchWeb précise que l’entreprise est implantée à Paris et que son boîtier est fabriqué à Lannion. Le média invite aussi à distinguer annonces et installations : la RIVP a annoncé en 2025 un programme portant sur plus de 22 000 chauffe-eau, un chiffre qui ne correspond pas à des appareils déjà posés.
Questions fréquentes
Combien Elax Énergie a-t-elle levé et auprès de qui ?
La startup a levé 30 millions d’euros auprès de Noria et du Fonds Révolution Environnementale et Solidaire géré par Crédit Mutuel Impact, selon FrenchWeb et Maddyness.
Le boîtier réduit-il ma facture d’électricité de 25 % ?
Non. L’entreprise revendique 20 à 25 % d’économies sur la seule production d’eau chaude, pas sur la facture totale, et ce chiffre repose sur sa propre méthode de calcul.
Les particuliers peuvent-ils s’équiper ?
C’est l’objet du réseau Elax Pro, qui doit réunir une centaine d’artisans pour proposer et poser le boîtier chez les particuliers. Le prix pour un ménage n’a pas encore été communiqué.
Sources
- Elax Énergie lève 30 millions d'euros pour rendre les chauffe-eau plus économes — Maddyness, 2026-10-21
- Et si les économies d'énergie commençaient par le chauffe-eau ? ELAX ENERGIE lève 30 millions d'euros pour chauffer l'eau au bon moment — FrenchWeb, 2026-10-21
- Elax Energie lève 30 M€ pour aller au delà du pilotage des chauffe-eaux électriques — GreenUnivers, 2026-10-20