Le ministre djiboutien du Travail, Yonis Ali Guedi, a reçu le 14 octobre 2026 les responsables de LinkWise, société spécialisée dans l’intelligence artificielle, pour examiner les retombées sur l’emploi de son projet d’infrastructure de calcul. Selon We Are Tech Africa, le chantier pourrait mobiliser environ 2 000 travailleurs locaux, puis 500 à 700 postes qualifiés en exploitation. Toute la question est de savoir si Djibouti disposera des profils nécessaires.
Un projet intégré à 1,35 milliard de dollars
D’après We Are Tech Africa, l’investissement, annoncé en juillet 2026, est évalué à environ 1,35 milliard de dollars. Le texte conclu avec les autorités va au-delà d’un supercalculateur consacré à l’IA : il prévoit aussi de l’électricité d’origine renouvelable, un parc industriel numérique, des équipements de télécommunications, des liaisons internationales de données et une composante agricole.
L’association d’un centre de calcul et d’une production d’électricité renouvelable répond à une contrainte bien connue : les infrastructures d’IA sont très gourmandes en énergie.
Ce qu’a porté la rencontre du 14 octobre
L’Agence djiboutienne d’information rapporte que le ministre s’est entretenu avec deux dirigeants de LinkWise : sa directrice commerciale et son responsable opérationnel. Les échanges ont porté sur les perspectives d’investissement dans le pays, la création d’emplois, le développement des compétences et le transfert de technologie.
We Are Tech Africa détaille la nature des postes envisagés :
- pendant la construction : génie civil, installations électriques, logistique et services techniques ;
- en exploitation : ingénierie informatique, IA, traitement de données, réseaux et maintenance des équipements.
Côté formation, il a été question de formations techniques, de stages, de bourses et de partenariats avec l’enseignement supérieur, autour du calcul à haute performance, de la sécurité informatique et du traitement des données. La création d’un établissement spécialisé en IA a été évoquée, sans décision annoncée.
La question des compétences locales
C’est le point le plus délicat. We Are Tech Africa souligne que ces embauches ne se feront que si le marché local fournit assez de candidats qualifiés. L’Agence djiboutienne d’information rapporte de son côté que le ministre a demandé un cadre structuré, avec des objectifs mesurables de recrutement local et des mécanismes de suivi. Des métiers comme l’exploitation d’un centre de calcul ou l’ingénierie des données demandent des années de formation ; si l’offre locale est insuffisante, l’exploitant risque de faire appel à de la main-d’œuvre étrangère, ce qui réduirait les bénéfices pour la jeunesse djiboutienne.
Le pays semble conscient de l’enjeu. Il a présenté en septembre 2026 sa stratégie nationale d’IA 2026-2030, lors de son premier forum national consacré au sujet, avec des axes sur la gouvernance, la cybersécurité, la formation et la recherche. Le ministère du Travail a par ailleurs discuté le 13 octobre avec le PNUD et l’OIT de sa politique nationale de l’emploi 2027-2037, selon l’Agence djiboutienne d’information.
D’autres discussions vont dans le même sens. Selon We Are Tech Africa, le ministre de la Communication, Mohamed Abdoulkader Moussa Helem, a rencontré le 28 septembre 2026 l’opérateur d’infrastructures Wingu Africa, qui propose d’ouvrir son nouveau centre d’innovation à la formation de jeunes diplômés djiboutiens aux métiers des technologies de l’information ; une cellule conjointe doit encore finaliser un protocole d’accord. L’articulation de ces initiatives avec les besoins concrets de LinkWise sera déterminante.
Prudence sur les chiffres
Les volumes d’emplois cités restent des projections liées à un protocole d’accord, pas des embauches engagées. Aucun calendrier de construction ni de mise en service n’a été rendu public, et l’identité des financeurs n’est pas précisée dans les sources consultées. L’Agence djiboutienne d’information note d’ailleurs que ces chiffres restent à confirmer par les études et le calendrier du projet : financement et chantier devront aboutir avant que les 500 à 700 postes qualifiés deviennent réalité.
Questions fréquentes
Combien d’emplois le projet LinkWise pourrait-il créer ?
Selon We Are Tech Africa, environ 2 000 emplois locaux pendant la construction, puis progressivement 500 à 700 postes qualifiés en exploitation.
Quel est le montant de l’investissement ?
Il est estimé à 1,35 milliard de dollars, pour un projet annoncé en juillet 2026 qui associe centre de calcul, énergie renouvelable et parc numérique.
Le projet est-il déjà en construction ?
Rien ne l’indique dans les sources consultées : il repose sur un protocole d’accord, et aucun calendrier de travaux n’a été publié.
Sources
- Djibouti : 2000 emplois et jusqu'à 700 postes qualifiés attendus d'un projet d'IA — We Are Tech Africa, 2026-10-15
- Investissement technologique et emploi : le ministre du Travail échange avec les responsables de l'entreprise LinkWise — Agence djiboutienne d'information, 2026-10-14
- Le ministre du Travail affine avec le PNUD et l'OIT sa stratégie pour l'emploi — Agence djiboutienne d'information, 2026-10-13
- Djibouti se rapproche de Wingu Africa pour former ses jeunes aux métiers du numérique — We Are Tech Africa, 2026-09-30