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Confiance des ménages au plus bas depuis 2013 : quels signaux pour les commerces ?

L’essentiel

Confiance des ménages : l'indice Insee chute à 80 en octobre 2026, au plus bas depuis 2013. Achats, prix, chômage : ce que les commerces doivent savoir.

À retenir

Confiance des ménages : l'indice Insee chute à 80 en octobre 2026, au plus bas depuis 2013. Achats, prix, chômage : ce que les commerces doivent savoir.

L’indicateur de confiance des ménages calculé par l’Insee est tombé à 80 en octobre 2026, cinq points de moins qu’en septembre, soit son niveau le plus bas depuis juin 2013. Les Français jugent plus sévèrement leur situation financière, redoutent davantage le chômage et perçoivent des hausses de prix plus fortes. Pour les commerçants, le signal le plus direct est le repli de l’envie de faire des achats importants.

Un recul plus fort que prévu

Publiée le 27 octobre par l’Insee, l’enquête mensuelle de conjoncture repose sur environ 2 000 ménages interrogés par téléphone entre le 25 septembre et le 19 octobre 2026. L’indicateur synthétique, construit pour avoir une moyenne de 100 sur la période 1987-2025, se tenait encore à 86 en juillet, puis à 85 en août et en septembre, ce dernier mois ayant été révisé d’un point à la baisse. Sa chute à 80 a surpris : d’après Boursenews, qui reprend une dépêche de Reuters, les économistes sondés attendaient un indicateur à 85.

Ce chiffre unique résume six questions posées aux ménages : leur niveau de vie passé et futur en France, leur situation financière personnelle passée et future, le chômage et l’opportunité de faire des achats importants. En octobre, les six se sont dégradées en même temps, ce qui explique l’ampleur du repli.

Des ménages inquiets pour leur budget

La baisse la plus marquée concerne les perspectives financières personnelles : le solde correspondant perd neuf points, à -24, loin de sa moyenne de long terme (-7). L’appréciation de la situation financière passée recule de six points, à -32. Le regard porté sur le niveau de vie en France est encore plus sombre : à -85, le solde sur le niveau de vie passé atteint son plus bas depuis le début de l’enquête, en octobre 1972, et celui sur le niveau de vie futur perd six points, à -67.

Les craintes de chômage repartent aussi à la hausse, avec un solde de 61 contre 56 en septembre, alors que la moyenne historique se situe à 33. Côté prix, le solde des ménages estimant qu’ils ont fortement augmenté sur un an gagne huit points, après six points le mois précédent, pour atteindre 42. Économie Matin rappelle qu’il s’agit d’un ressenti, distinct de l’inflation mesurée par les indices de prix. Les anticipations d’accélération des prix progressent elles aussi, de deux points.

Achats importants : le signal qui concerne les commerces

Pour le commerce, l’indicateur à suivre de près est celui de l’opportunité de faire des achats importants, c’est-à-dire les dépenses qu’un foyer peut le plus facilement reporter. Il perd quatre points, à -41, contre une moyenne de long terme de -16. Ce solde étant la différence entre réponses favorables et défavorables, il signifie que les ménages jugeant le moment mal choisi pour une grosse dépense l’emportent largement, et de plus en plus.

L’épargne ne joue pas pour autant le rôle de refuge croissant. Le climat de l’épargne baisse de deux points, à 118, et le solde des ménages jugeant opportun de mettre de l’argent de côté recule de 43 à 37. Ces niveaux restent toutefois très supérieurs à leurs moyennes historiques. Si cette prudence se traduit dans les comportements, elle laisse moins de marge aux dépenses non essentielles.

Ce que les commerçants et les TPE peuvent en retenir

Une enquête d’opinion ne mesure pas les achats réels : elle décrit un état d’esprit, qui se retrouve ou non dans les caisses. L’Insee souligne d’ailleurs que le niveau des soldes n’est pas directement interprétable et commente seulement leurs variations et leur écart à la moyenne. La direction est pourtant nette, et elle concerne la période qui précède les fêtes de fin d’année.

Pour les commerces et les petites entreprises qui vendent aux particuliers, trois points d’attention s’en dégagent :

  • la sensibilité au prix risque de rester forte, puisque le ressenti de hausse progresse sans interruption depuis juillet ;
  • les achats d’un montant élevé, que les ménages jugent de moins en moins opportuns, sont les plus exposés à un report ;
  • la montée des craintes de chômage incite généralement les foyers à la prudence, ce qui plaide pour surveiller de près sa trésorerie et le niveau de ses stocks.

Aucune des sources consultées n’avance d’explication précise à ce repli : l’Insee décrit les mouvements sans les rattacher à un événement particulier. La prochaine enquête doit être publiée le 25 novembre 2026. Elle permettra de voir si octobre marque un creux passager ou le début d’une dégradation plus durable.

Questions fréquentes

Que mesure l’indicateur de confiance des ménages de l’Insee ?

Il synthétise six soldes d’opinion portant sur le niveau de vie en France, la situation financière personnelle, le chômage et l’opportunité des achats importants. Plus sa valeur est élevée, plus les ménages jugent favorablement la situation économique ; sa moyenne de long terme est de 100.

Pourquoi parle-t-on d’un plus bas depuis 2013 ?

À 80, l’indicateur d’octobre 2026 n’avait plus été aussi bas depuis juin 2013, selon l’Insee. Il a perdu cinq points en un mois, alors que les économistes interrogés par Reuters attendaient 85.

Quand sera publiée la prochaine enquête ?

L’Insee publiera les résultats de novembre le 25 novembre 2026 à 8 h 45. Ils diront si la dégradation observée en octobre se prolonge à l’approche des fêtes.

Sources

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