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Climeworks, le captage du CO₂ à l’épreuve de l’industrialisation

L’essentiel

Fondée en Suisse, Climeworks développe des installations qui extraient le dioxyde de carbone de l’air pour permettre son stockage durable dans le sous-sol. Avec ses sites islandais, l’entreprise cherche à transformer cette technologie en une activité industrielle, encore confrontée à des coûts élevés et à…

À retenir

Fondée en Suisse, Climeworks développe des installations qui extraient le dioxyde de carbone de l’air pour permettre son stockage durable dans le sous-sol. Avec ses sites islandais, l’entreprise cherche à transformer cette technologie en une activité industrielle, encore confrontée à des coûts élevés et à…


Climeworks est une entreprise suisse spécialisée dans le captage direct du dioxyde de carbone atmosphérique, ou DAC. Basée à Zurich, elle développe une technologie destinée à retirer du CO₂ déjà présent dans l’air, contrairement aux procédés qui interceptent les émissions à la sortie d’une usine. Son modèle économique repose notamment sur la vente de services de retrait durable du carbone à des entreprises.

Des laboratoires zurichois aux installations islandaises

Climeworks a été fondée en 2009 par Christoph Gebald et Jan Wurzbacher, deux ingénieurs issus de l’École polytechnique fédérale de Zurich. Leur ambition : faire passer le captage atmosphérique du stade expérimental à celui d’une technologie exploitable à l’échelle industrielle. En 2017, l’entreprise inaugure à Hinwil, en Suisse, une installation commerciale dont le CO₂ alimente notamment une serre voisine. Cette première application relève de la valorisation du gaz plutôt que de son stockage permanent.

Le développement en Islande marque une autre étape. Mise en service en 2021, Orca associe le captage dans l’air au stockage géologique. Mammoth, inaugurée en 2024, est conçue pour changer d’échelle. Ces projets s’appuient sur l’énergie géothermique locale et sur Carbfix, partenaire spécialisé dans la minéralisation souterraine du CO₂. Leur capacité nominale ne doit toutefois pas être confondue avec les volumes effectivement retirés, qui dépendent du fonctionnement et de la montée en régime des équipements.

Extraire, concentrer et stocker le carbone

Le procédé de Climeworks utilise des collecteurs dans lesquels des ventilateurs font circuler l’air. Un matériau filtrant retient le CO₂, ensuite libéré sous l’effet de la chaleur et d’une mise sous vide. Le gaz concentré peut alors être préparé pour son stockage. En Islande, Carbfix le dissout dans l’eau avant de l’injecter dans des formations basaltiques, où il réagit avec la roche pour former des minéraux carbonatés.

Climeworks commercialise des prestations de retrait de carbone auprès de clients cherchant à traiter une partie de leurs émissions résiduelles. Microsoft figure parmi les entreprises ayant signé des accords avec elle. Ces engagements contribuent à financer le déploiement des installations, mais ne signifient pas nécessairement que tous les retraits achetés ont déjà été réalisés. La crédibilité du service dépend donc du suivi des livraisons, de la vérification indépendante et du bilan net, après prise en compte des émissions liées à l’énergie, aux matériaux et aux opérations.

Et maintenant ?

La trajectoire de Climeworks se joue sur plusieurs fronts : améliorer la fiabilité des installations, réduire la consommation énergétique et abaisser le coût de chaque tonne retirée. Son expansion suppose aussi l’accès à une énergie bas-carbone abondante et à des sites de stockage adaptés. Les contrats de long terme et les politiques publiques peuvent soutenir cette industrialisation. Le captage atmosphérique reste néanmoins un complément à la réduction des émissions, non un substitut : son utilité climatique se mesurera aux retraits nets, durables et vérifiés effectivement obtenus.

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