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DSA : Bruxelles ouvre une procédure contre Booking.com sur les fausses annonces

L’essentiel

La Commission européenne ouvre une procédure DSA contre Booking.com : fausses annonces, hameçonnage, publicité payante. Ce qui est visé et ce qu'il risque.

À retenir

La Commission européenne ouvre une procédure DSA contre Booking.com : fausses annonces, hameçonnage, publicité payante. Ce qui est visé et ce qu'il risque.

La Commission européenne a engagé le 21 octobre 2026 une procédure formelle visant Booking.com, en application du règlement européen sur les services numériques (DSA). Bruxelles veut savoir si la plateforme de réservation a correctement évalué et réduit les risques liés aux fausses annonces et au hameçonnage, et si elle signale clairement ses annonces payantes. Aucune infraction n’est établie à ce stade.

Trois griefs dans le viseur de Bruxelles

D’après le communiqué de la représentation de la Commission en France, l’enquête porte sur trois volets :

  • Les annonces frauduleuses ou non conformes : logements qui n’existent pas, usurpation d’identité, hébergements qui ne correspondent pas à l’offre. La Commission vérifiera si Booking.com a mesuré ces risques et si ses parades, dont le retrait des annonces, fonctionnent.
  • Le hameçonnage : sont examinés le partage des données de réservation et des voyageurs avec les hébergeurs, la conception de la messagerie interne et les garde-fous censés empêcher leur détournement, par exemple pour réclamer de faux paiements.
  • Les annonces « boostées » : un hébergeur peut verser une commission plus élevée pour gagner en visibilité. Bruxelles veut savoir si l’utilisateur comprend qu’il s’agit de publicité, qui l’a financée, pourquoi elle lui est montrée, et s’il peut modifier ces réglages.

Les deux premiers volets relèvent des articles 34 et 35 du DSA, qui obligent les très grandes plateformes à repérer et à atténuer leurs risques systémiques ; le troisième de l’article 26, paragraphe 1, consacré à la transparence publicitaire. Booking.com est classée très grande plateforme en ligne depuis le 25 avril 2023, un statut qui vise les services de plus de 45 millions d’utilisateurs dans l’Union, rappelle Clubic. Europe Business News précise qu’elle est établie aux Pays-Bas et appartient à l’américain Booking Holdings.

Une procédure préparée depuis plus d’un an

Cette ouverture fait suite à une enquête préliminaire. La Commission a passé en revue les rapports d’évaluation des risques de Booking.com, celui de 2026 et ceux des trois années précédentes, ses rapports de transparence, ainsi que ses réponses à deux demandes d’informations datées du 23 septembre 2025 et du 26 mai 2026. Elle coopère avec l’ACM, le régulateur néerlandais des consommateurs et des marchés, qui coordonne les services numériques aux Pays-Bas, où la plateforme est établie.

Selon Europe Business News, une responsable de la Commission a fait état de nombreuses plaintes, venues notamment d’associations de consommateurs et d’organisations de l’hôtellerie. Le média, qui s’appuie sur Toute l’Europe et Le Figaro, note qu’il s’agit du deuxième dossier DSA ouvert par Bruxelles sur les escroqueries en ligne, après celui qui vise Meta depuis avril 2024 et qui reste en cours.

Des arnaques documentées sur le terrain

Le phénomène n’a rien de nouveau. Des responsables de la Commission, cités par Clubic, rappellent que Booking.com admettait dès juin 2024 un bond de 500 à 900 % des escroqueries au voyage en dix-huit mois. Début 2026, les Pays-Bas ont compté plus de 1 000 signalements, pour un préjudice de 82 000 euros, dix fois plus qu’un an auparavant. En France, Le Parisien a raconté fin septembre que des centaines de touristes s’étaient présentés à des adresses parisiennes sans aucun logement, relève Europe Business News.

Le scénario décrit par ces médias se répète : des escrocs prennent la main sur le compte d’un hébergeur, obtenu par hameçonnage, puis utilisent les coordonnées des clients pour leur réclamer un paiement supplémentaire. Certaines fausses annonces récupèrent même les avis laissés sur l’établissement authentique, ce qui les rend plus crédibles.

Ce que cela change pour les hôteliers et les voyageurs

Pour les hôteliers et loueurs, l’enjeu est double. Ils figurent parmi les victimes, puisque des comptes d’hébergeurs piratés servent de point d’entrée aux escroqueries. Le volet publicitaire les touche aussi : si Bruxelles jugeait que les offres dont la visibilité est achetée par une commission majorée doivent être signalées plus nettement, leur présentation aux voyageurs pourrait évoluer. Selon Clubic, la Commission attend que les annonces signalées soient retirées rapidement, que les licences soient contrôlées et que l’inscription des propriétaires soit revue.

Booking.com a déclaré à l’AFP, selon Europe Business News, coopérer pleinement avec la Commission et rester mobilisé contre la cybercriminalité. Avant l’ouverture de l’enquête, la plateforme affirmait avoir bloqué 26 000 tentatives d’arnaque en 2025 et s’appuyer davantage sur l’intelligence artificielle pour ses vérifications. Côté clients, Europe Business News recommande de vérifier l’adresse du logement sur une carte, de ne jamais régler une réservation hors de la plateforme et de se méfier des liens reçus par message ou par courriel.

Quelles suites possibles ?

L’ouverture d’une procédure ne préjuge pas de son issue, insiste la Commission. Elle peut désormais multiplier les demandes d’informations, les entretiens ou les inspections, imposer des mesures provisoires, constater un manquement par une décision formelle ou retenir les engagements que Booking.com lui soumettrait. Pour le volet publicitaire, les coordinateurs nationaux perdent leur compétence de surveillance sur les faits visés. En cas d’infraction avérée, le DSA plafonne l’amende à 6 % du chiffre d’affaires annuel mondial, rappelle Europe Business News. Aucun calendrier n’a été communiqué.

Questions fréquentes

Booking.com a-t-il été sanctionné ?

Non. La Commission a seulement ouvert une procédure formelle le 21 octobre 2026. Elle précise que cette étape ne préjuge pas du résultat, et aucune violation du DSA n’a été constatée à ce jour.

Quelle amende Booking.com risque-t-il ?

Si une infraction aux articles 34, 35 ou 26 du DSA était établie, l’amende pourrait atteindre 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial. La Commission peut aussi accepter des engagements de la plateforme plutôt que de sanctionner.

Comment éviter une fausse annonce sur Booking.com ?

Vérifiez que l’adresse correspond bien à un logement sur une carte, payez uniquement via la plateforme, ne cliquez pas sur un lien reçu par message sans en vérifier l’origine et méfiez-vous des photos trop parfaites ou des équipements incohérents avec le type de bien.

Sources

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