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Starlink Mobile : ce que change le feu vert de la FCC, jusqu’en Afrique

L’essentiel

La FCC autorise SpaceX à déployer 15 000 satellites capables de joindre les smartphones. Portée réelle, conditions et effets attendus en Afrique.

À retenir

La FCC autorise SpaceX à déployer 15 000 satellites capables de joindre les smartphones. Portée réelle, conditions et effets attendus en Afrique.

Le 6 octobre 2026, la FCC, le régulateur américain des télécoms, a autorisé en partie SpaceX à déployer jusqu’à 15 000 satellites conçus pour communiquer directement avec les téléphones mobiles. Baptisé Starlink Mobile, ce système doit succéder à la première génération du service « Direct to Cell », déjà commercialisée en Afrique par Airtel. Mais la décision comporte des reports et des conditions qui en limitent la portée immédiate.

Ce que la FCC a réellement autorisé

Selon Via Satellite, la décision vise une constellation en orbite non géostationnaire, distincte du réseau Starlink de connexion haut débit par antenne. Aux États-Unis, ces satellites pourront fournir une couverture complémentaire depuis l’espace sur des fréquences de téléphonie mobile, ainsi qu’un service mobile par satellite sur des fréquences rachetées à EchoStar. Hors du territoire américain, ils pourront assurer un service mobile par satellite et des liaisons directes vers les téléphones.

Les engins évolueront en orbite très basse, sur neuf couches situées entre 326 et 335 kilomètres d’altitude. Devant la FCC, SpaceX fait valoir que cette basse altitude permet des faisceaux de petite taille, qui facilitent la coordination avec les autres utilisateurs des fréquences. Le régulateur indique avoir examiné son plan de limitation des débris orbitaux. Il juge en revanche que la protection de l’astronomie optique échappe à sa compétence, tout en obligeant SpaceX à tenir ses engagements pour limiter l’effet de la réflectivité de ses satellites sur les observations, selon le texte de l’autorisation de la FCC.

Une autorisation partielle et conditionnelle

La FCC n’a pas tout accordé. D’après Via Satellite, elle a reporté une demande portant sur la bande 2020-2025 MHz dans le sens Terre-espace et n’a pas statué sur deux bandes plus élevées, très utilisées par les administrations fédérales. Surtout, les droits de SpaceX sur les fréquences d’EchoStar dépendent d’une seconde étape de la transaction, attendue vers le 30 novembre 2027. D’ici là, SpaceX peut déployer des satellites et tester leurs charges utiles avec l’accord d’EchoStar, mais pas exploiter ces fréquences en dehors des essais.

Le calendrier reste long. SpaceX prévoit de lancer ses premiers satellites Starlink Mobile en 2027, avec un service attendu avant la fin de cette année-là. L’autorisation fixe aussi des jalons : SpaceX doit avoir lancé et mis en service la moitié des satellites autorisés au plus tard le 7 octobre 2032, et le reste au plus tard le 7 octobre 2035. Gwynne Shotwell, présidente de SpaceX, affirme que cette génération pourrait être cent fois meilleure que le service actuel : c’est un objectif d’entreprise, pas un débit mesuré.

En Afrique, la première génération est déjà sur le terrain

Le service actuel repose, toujours selon Via Satellite, sur environ 650 satellites. Selon Airtel Africa, son premier déploiement commercial sur le continent a eu lieu le 14 août 2026 à Kinshasa, avec Airtel Congo RDC et Starlink RDC, comme l’a rapporté Digital Business Africa. Il fonctionne sans parabole, sur une sélection de smartphones Android disposant d’une vue dégagée du ciel, et concerne d’abord les SMS et les applications peu gourmandes en données, comme WhatsApp.

Le besoin est réel : selon des données de l’UIT citées par le média, seuls 19,7 % des Congolais utilisaient Internet en 2024. La RDC est le premier des 14 marchés africains d’Airtel Africa à recevoir cette technologie, dans le cadre d’un partenariat avec SpaceX annoncé en décembre 2025. Les autres pays attendent le feu vert de leurs propres régulateurs.

Ce que cela change, et ce que cela ne change pas

Pour les zones blanches, Airtel Africa met en avant des usages concrets : transporteurs, agriculteurs, équipes médicales ou humanitaires pourraient garder un lien là où le réseau terrestre manque, y compris lors d’une catastrophe. Mais le service actuel reste cantonné aux messages et aux usages peu gourmands en données. La décision de la FCC ne dispense pas non plus des autorisations nationales : en Afrique, l’extension du service aux autres marchés d’Airtel dépend de l’accord de chaque régulateur.

Questions fréquentes

Mon smartphone pourra-t-il se connecter directement à Starlink Mobile ?

Dans sa demande à la FCC, SpaceX dit viser des téléphones mobiles ordinaires. En pratique, le service actuel ne fonctionne en RDC que sur une sélection de smartphones Android, via l’opérateur Airtel.

Quand la nouvelle constellation sera-t-elle disponible ?

SpaceX prévoit de lancer les premiers satellites en 2027 et d’ouvrir le service d’ici la fin de cette année-là, sous réserve des autorisations accordées dans chaque pays.

Le service est-il déjà proposé en Afrique ?

Oui, dans sa première génération : Airtel l’a lancé commercialement en RDC le 14 août 2026 pour les SMS et les messageries légères. Les 13 autres marchés africains d’Airtel dépendent de l’accord de leurs régulateurs.

Sources

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