Rapyd évolue dans les infrastructures financières et les paiements, avec une proposition destinée aux entreprises qui opèrent au-delà de leur marché domestique : leur éviter de construire séparément chaque connexion bancaire ou chaque intégration à un moyen de paiement local. Établie au Royaume-Uni, la société commercialise une plateforme accessible par des interfaces de programmation, ou API. Elle s’adresse notamment aux plateformes numériques, aux places de marché et aux acteurs du commerce qui doivent gérer des flux financiers internationaux.
Des origines israéliennes à une implantation internationale
Fondée en 2016 par Arik Shtilman, Arkady Karpilov et Omer Priel, Rapyd possède des racines entrepreneuriales israéliennes et a installé son siège à Londres. Son développement s’inscrit dans l’essor de la finance intégrée : des services autrefois proposés séparément par des établissements financiers deviennent des fonctions directement incorporées dans un logiciel ou un parcours d’achat.
L’entreprise a combiné développement technologique et acquisitions pour élargir ses capacités. Le rachat de Valitor, acteur islandais de l’acquisition commerçants et des paiements, finalisé en 2022, a renforcé sa présence européenne. Celui de Neat, société hongkongaise spécialisée dans les services financiers aux entreprises, a contribué à étoffer son offre pour les activités transfrontalières. Ces opérations traduisent une stratégie qui ne repose pas uniquement sur le logiciel, mais aussi sur l’accès aux réseaux de paiement et aux infrastructures locales.
Une plateforme entre logiciel et réseaux financiers
Rapyd rassemble plusieurs briques : acceptation des paiements, versements à des bénéficiaires, portefeuilles électroniques et services liés à l’émission de cartes. Selon les pays et les produits disponibles, ses clients peuvent intégrer des paiements par carte, des virements ou d’autres moyens de paiement locaux. L’objectif est de proposer une couche technique commune au-dessus de systèmes nationaux qui restent fragmentés.
Pour une place de marché, cette infrastructure peut servir à encaisser un acheteur puis à rémunérer un vendeur. Pour une entreprise internationale, elle peut faciliter les décaissements vers des prestataires ou des partenaires. La valeur du service tient autant à l’orchestration des flux qu’à la réduction du nombre d’intégrations nécessaires.
Rapyd ne doit toutefois pas être assimilée à une banque universelle. Les prestations accessibles, les entités contractantes et le cadre réglementaire varient selon les territoires. La connaissance client, les contrôles contre le blanchiment et la prévention de la fraude constituent donc des dimensions centrales de son activité, au même titre que la disponibilité technique.
Et maintenant ?
Pour Rapyd, l’enjeu est de transformer l’étendue de son offre en une expérience cohérente pour les développeurs et les directions financières. L’intégration des acquisitions, la fiabilité opérationnelle et la maîtrise des obligations réglementaires seront déterminantes. Dans un secteur concurrentiel, sa capacité à simplifier réellement les paiements transfrontaliers devra se mesurer à la qualité du service, à la lisibilité des coûts et à la couverture utile pour chaque client.