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Prêt Solidarité Commerce de Bpifrance : qui peut obtenir jusqu’à 50 000 € à taux zéro

L’essentiel

Commerce dégradé les 17 et 18 octobre ? Bpifrance ouvre un prêt à taux zéro de 5 000 à 50 000 euros, sans garantie. Conditions, pièces à fournir et limites.

À retenir

Commerce dégradé les 17 et 18 octobre ? Bpifrance ouvre un prêt à taux zéro de 5 000 à 50 000 euros, sans garantie. Conditions, pièces à fournir et limites.

Depuis le vendredi 23 octobre 2026, les commerçants dont la boutique a été dégradée lors des violences des 17 et 18 octobre peuvent demander à Bpifrance un « prêt Solidarité Commerce » de 5 000 à 50 000 euros, sans intérêt et sans garantie. Remboursable sur trois ans avec un an de différé, ce prêt vise d’abord la trésorerie. Voici qui peut y prétendre, ce qu’il faut préparer et ce que ce dispositif ne réglera pas.

Ce que contient exactement le prêt Solidarité Commerce

D’après la dépêche de l’AFP reprise par Boursorama le 23 octobre, la banque publique a ouvert le dispositif le jour même. Le montant va de 5 000 à 50 000 euros. Aucun intérêt n’est facturé et aucune sûreté, ni personnelle ni réelle, n’est exigée. La durée est de 36 mois, dont un différé de 12 mois sur le remboursement du capital : concrètement, le commerçant ne rembourse rien du principal pendant la première année.

L’argent doit servir aux besoins de trésorerie : reconstituer un stock pillé, payer les charges pendant la fermeture, relancer l’activité. Selon Entrevue, plusieurs milliers de commerces ont été dégradés en France, sans qu’un chiffre précis soit avancé. Le prêt est accessible en métropole comme dans les départements et régions d’outre-mer.

Son directeur général, Nicolas Dufourcq, explique vouloir aider les commerçants à « retrouver au plus vite les moyens de poursuivre leur activité ».

Qui est éligible, et qui risque de rester à la porte

Les conditions, détaillées par l’AFP et par Entrevue le 24 octobre, sont nombreuses :

  • le local doit avoir réellement subi des dégâts ;
  • l’entreprise doit être une entreprise individuelle, une TPE ou une PME du commerce, créée depuis plus d’un an ;
  • elle doit fournir au moins douze mois de documents comptables ;
  • elle doit disposer d’un compte bancaire professionnel ;
  • elle doit être suivie par un expert-comptable inscrit à l’Ordre ;
  • elle doit autoriser Bpifrance à consulter ses relevés bancaires récents.

Deux catégories risquent donc d’être exclues. D’abord les boutiques ouvertes depuis moins d’un an, souvent les plus fragiles financièrement. Ensuite les petits indépendants qui tiennent eux-mêmes leur comptabilité, puisque l’accompagnement par un expert-comptable inscrit à l’Ordre fait partie des conditions.

Comment déposer sa demande sans perdre de temps

La demande se fait uniquement en ligne, sur la plateforme de Bpifrance. Entrevue précise que l’accès aux relevés se fait en lecture seule, de façon sécurisée, dans le cadre des règles européennes sur le partage des données bancaires. Aucune des sources consultées ne publie de liste officielle de pièces justificatives. Entrevue conseille de préparer, avant de déposer le dossier, ses documents comptables et les informations décrivant les dégâts. À titre de simple conseil de bon sens, et non d’exigence de Bpifrance, on peut ajouter :

  • les photos des dégâts et, le cas échéant, le dépôt de plainte ;
  • une estimation chiffrée des pertes (stock, vitrine, jours de fermeture) ;
  • les coordonnées de son expert-comptable, puisque son accompagnement est une condition du prêt.

Prévenir son comptable dès maintenant est sans doute un geste utile, puisqu’il détient l’essentiel des documents comptables.

Un prêt, pas une indemnisation : les limites à garder en tête

Le point essentiel, rappelé par Entrevue, est qu’il s’agit d’une dette. Un commerçant qui emprunte 30 000 euros devra rembourser 30 000 euros, même sans intérêts. Le différé d’un an laisse le temps de rouvrir, mais les mensualités arriveront ensuite, au moment où d’autres charges reprennent.

Le même média souligne que le montant peut ne pas couvrir l’ensemble des dégâts, et que l’efficacité réelle dépendra de la rapidité de traitement, du versement des indemnités d’assurance et du retour des clients. Pour un dirigeant, la bonne logique consiste donc à utiliser ce prêt comme une avance de trésorerie en attendant l’assureur, et non comme un substitut à la déclaration de sinistre.

Selon l’AFP, ce prêt s’inscrit dans un ensemble de mesures annoncées par le gouvernement le mardi 20 octobre, qui comprend aussi le recours au chômage partiel pour les salariés et un fonds de soutien destiné aux plus petits commerces. Il peut donc être utile d’examiner ces dispositifs en parallèle avant de s’endetter.

Questions fréquentes

Le prêt Solidarité Commerce est-il une subvention ?

Non. C’est un prêt à taux zéro, remboursable en totalité sur 36 mois, avec un différé de 12 mois sur le capital. Il ne remplace pas l’indemnisation par l’assurance.

Mon commerce a moins d’un an, puis-je en bénéficier ?

D’après les conditions publiées, non : l’entreprise doit avoir été créée depuis plus d’un an et fournir au moins douze mois de comptabilité. Il faut alors se tourner vers les autres mesures annoncées par le gouvernement.

Faut-il apporter une caution personnelle ?

Non. Aucune sûreté personnelle ou réelle n’est demandée, ce qui protège le patrimoine du dirigeant. En revanche, Bpifrance consulte vos relevés bancaires récents pour instruire le dossier.

Sources

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