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PI-SPI obligatoire dès le 2 novembre : ce que la BCEAO change pour le mobile money

L’essentiel

Dès le 2 novembre 2026, les transferts interopérables de monnaie électronique de l'UEMOA passent par PI-SPI, gratuits jusqu'à 8 000 FCFA par jour.

À retenir

Dès le 2 novembre 2026, les transferts interopérables de monnaie électronique de l'UEMOA passent par PI-SPI, gratuits jusqu'à 8 000 FCFA par jour.

À partir du 2 novembre 2026, tout transfert de monnaie électronique dit interopérable, c’est-à-dire entre deux établissements différents de l’UEMOA, devra passer par PI-SPI, le système de paiement instantané géré par la BCEAO. La banque centrale en profite pour revoir les prix : les envois nationaux deviennent gratuits tant que leur total quotidien reste sous 8 000 FCFA, et la réception l’est dans tous les cas.

Ce que prévoit le communiqué du 2 octobre

La décision figure dans un communiqué signé à Dakar le 2 octobre 2026 par la banque centrale et détaillé notamment par Financial Afrik et Droit Médias Finance. Elle concerne les virements entre particuliers qui passent d’un établissement à un autre : d’un compte bancaire ou de microfinance vers un compte tenu par un établissement de monnaie électronique ou de paiement, et inversement, ou encore entre ces deux dernières catégories d’établissements.

Le nouveau barème tient en trois points :

  • Envoi national : aucun frais tant que le total envoyé dans la journée reste sous 8 000 FCFA ou l’atteint tout juste, ce plafond s’appréciant pour chaque utilisateur et chez chaque participant, quel que soit le nombre d’opérations.
  • Au-delà du seuil : l’établissement peut prélever de zéro à 0,8 % du montant hors taxes. Droit Médias Finance insiste sur ce point : il s’agit d’un plafond, pas d’une facturation imposée.
  • Réception : toujours gratuite, quels que soient la somme reçue et le nombre de virements.

Selon la BCEAO, la gratuité ainsi définie couvre les trois quarts des opérations de monnaie électronique réalisées dans l’Union. Pour les envois d’un pays membre vers un autre, ces règles ne s’appliqueront qu’au 1er juin 2027.

Un an après son lancement, un réseau qui s’étoffe

Mise en service le 30 septembre 2025, la plateforme réunit 175 participants, et plus de 38 millions de personnes y ont accès, d’après le communiqué. Dans sa tribune publiée par Financial Afrik, l’économiste Youssaou Koanda relève que 175 institutions étaient autorisées à proposer le service au public au 30 septembre 2026, contre 104 deux mois plus tôt. Senego rappelle de son côté que les banques de l’Union devaient s’y raccorder au plus tard le 30 septembre 2026.

Les administrations s’y mettent aussi. Dans un communiqué daté du 8 octobre 2026, la BCEAO indique que le Trésor public de Côte d’Ivoire, qui répond à toutes les exigences techniques de la plateforme, y fait passer régulièrement ses paiements de masse. Les Trésors peuvent ainsi verser ou encaisser salaires, bourses, subventions, impôts et taxes, quel que soit l’établissement qui tient le compte de l’usager, et la banque centrale dit accompagner les autres Trésors de l’Union vers une intégration progressive.

Ce que cela change pour les usagers et les fintechs

Pour l’usager, le changement le plus visible touchera les petits envois du quotidien entre deux établissements différents, gratuits dans la limite du seuil journalier. Pour les émetteurs de monnaie électronique et les banques, l’équation est moins confortable : selon Youssaou Koanda, les transferts nationaux entre particuliers, désormais gratuits sous le seuil, étaient justement le segment qui leur rapportait le plus, et les frais au-delà sont plafonnés. L’économiste en conclut que se raccorder à PI-SPI relève d’une dépense de conformité plutôt que d’un investissement rentable en soi.

Selon lui, la bataille se déplace donc vers les services bâtis au-dessus de la plateforme. Or l’« API Business », qui permet de construire des produits programmables sur PI-SPI, n’avait été homologuée que pour 24 institutions dans la liste mise à jour le 17 septembre 2026, et Ecobank était la seule présente dans les huit pays. Koanda s’attend d’abord à des outils de paie et de rapprochement comptable pour les PME, le crédit ne venant qu’ensuite.

Les points encore flous

Plusieurs questions restent ouvertes. Le seuil s’apprécie « par utilisateur et par participant » : ni le communiqué ni les articles consultés ne précisent comment il jouera pour un usager qui détient des comptes chez plusieurs établissements. Par ailleurs, entre le 2 novembre 2026 et le 1er juin 2027, les transferts d’un pays de l’Union à l’autre resteront hors du nouveau barème. Enfin, aucun opérateur ne dit, dans les sources consultées, comment il compensera le manque à gagner ; Youssaou Koanda évoque des revenus à chercher ailleurs que dans le simple transfert, du crédit à la micro-assurance en passant par l’épargne programmée et les outils de trésorerie destinés aux entreprises.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que PI-SPI ?

PI-SPI est le sigle de « Plateforme interopérable du système de paiement instantané », l’infrastructure de la BCEAO mise en service le 30 septembre 2025. Elle relie banques, institutions de microfinance et établissements de monnaie électronique et de paiement des huit pays de l’UEMOA.

Tous les transferts de mobile money deviennent-ils gratuits ?

Non. La gratuité fixée par la BCEAO ne vise que les envois nationaux interopérables, dans la limite de 8 000 FCFA par jour, par utilisateur et par participant. Au-delà, l’établissement peut facturer jusqu’à 0,8 % du montant hors taxes ; la réception, elle, reste gratuite.

Quand les transferts entre pays de l’UEMOA seront-ils concernés ?

À partir du 1er juin 2027, selon le communiqué de la BCEAO : les envois d’un pays de l’Union à un autre bénéficieront alors des mêmes conditions que les transferts nationaux.

Sources

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