La fintech égyptienne Paymob a annoncé le 21 septembre 2026 une levée de 35 millions de dollars, un tour de pré-série C mené conjointement par Mubadala, l’investisseur souverain d’Abou Dhabi, et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD). L’opération confirme un déplacement de son centre de gravité : près de la moitié de son chiffre d’affaires vient désormais des marchés du Golfe.
Un tour mené par Mubadala et la BERD
D’après Wamda, British International Investment, Global Ventures et DPI Ventures complètent le tour de table. Le total des fonds levés et rendus publics par Paymob dépasse ainsi 125 millions de dollars, après une série B de 50 millions en 2022 puis une extension de 22 millions emmenée par la BERD en 2024. Aucune des sources consultées ne mentionne de valorisation.
Fondée en 2015 par Islam Shawky, Alain El Hajj et Mostafa Menessy, l’entreprise propose une plateforme de paiement omnicanale qui donne accès à plus de 60 moyens de paiement. Selon The Condia, son offre couvre la passerelle de paiement en ligne, les terminaux de caisse, l’encaissement directement sur smartphone (SoftPOS) et les liens de paiement. Elle revendique plus de 390 000 commerçants répartis entre l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et Oman.
Le Golfe, nouveau moteur de croissance
Les chiffres communiqués par l’entreprise dessinent une trajectoire nette. Au cours des dix-huit mois précédant l’annonce, son chiffre d’affaires consolidé a triplé sur ses quatre marchés, tandis que celui réalisé dans les pays du Conseil de coopération du Golfe a été multiplié par sept. Un jalon réglementaire a précédé cette accélération : en janvier 2025, Paymob a obtenu de la banque centrale émirienne une licence de services de paiement de détail. Depuis, environ 20 000 commerçants ont rejoint la plateforme dans ses trois marchés du Golfe.
Son cofondateur et directeur général, Islam Shawky, décrit lui-même la transformation de Paymob en plateforme régionale, portée par l’essor de ses activités dans le Golfe. Côté investisseurs, la BERD estime que Paymob a bâti l’infrastructure de paiement qui manquait aux petites et moyennes entreprises de la région, sur des marchés longtemps mal servis par la finance numérique.
PME et commerce « agentique » au programme
Les fonds doivent servir à étendre l’activité d’acceptation des paiements dans la région MENA et à développer de nouveaux produits pour les PME, ainsi que pour le commerce dit agentique. The Condia définit ce dernier comme les outils permettant à des agents logiciels d’effectuer des transactions pour le compte de leurs utilisateurs. Les sources consultées ne détaillent ni les produits envisagés ni leur calendrier : il s’agit pour l’instant d’une orientation plus que d’une offre.
Le contexte régional rend l’opération notable. Selon les données MAGNiTT citées par The Paypers, les fintechs de la région MENA ont levé 617 millions de dollars en 57 opérations au premier semestre 2026, et les Émirats et l’Arabie saoudite en ont capté environ 85 %. Le média classe le tour de Paymob parmi les plus importantes opérations fintech de la région depuis janvier 2026.
Une seule levée, et le mois égyptien change de visage
L’opération montre aussi combien les classements mensuels sont sensibles à un seul dossier. Selon le bilan de septembre publié le 7 octobre 2026 par Wamda, l’Égypte a réuni 49,2 millions de dollars sur le mois, répartis entre sept startups, ce qui la replace sur le podium régional après un mois d’août sans aucune levée. Paymob pèse à elle seule environ 71 % de ce total.
Reste une question pour l’écosystème égyptien : quand une entreprise née en Égypte réalise une part croissante de ses revenus à l’étranger, la valeur créée profite-t-elle encore à son marché d’origine ? Les sources consultées ne précisent ni la répartition de ses effectifs entre pays ni la part exacte de l’Égypte dans ses revenus, ce qui empêche de trancher.
Questions fréquentes
Qui a investi dans Paymob en septembre 2026 ?
Mubadala et la BERD ont co-mené le tour de 35 millions de dollars, avec la participation de British International Investment, Global Ventures et DPI Ventures.
Dans quels pays Paymob est-elle présente ?
En Égypte, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite et à Oman. Les marchés du Golfe représentent désormais près de la moitié de son chiffre d’affaires.
À quoi serviront les 35 millions de dollars ?
À étendre l’acceptation des paiements dans la région MENA, à développer des produits pour les PME et à préparer des outils de commerce agentique, c’est-à-dire des transactions réalisées par des agents logiciels.
Sources
- Paymob raises $35 million pre-Series C co-led by Mubadala, EBRD — Wamda, 2026-09-21
- Paymob raises $35 million pre-Series C to expand payments business across MENA — The Condia, 2026-09-21
- Paymob raises USD 35 million in pre-Series C funding round — The Paypers, 2026-09-22
- MENA startup funding surges to $1.1 billion in September 2026 — Wamda, 2026-10-07