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HyLight lève 13 M€ pour remplacer l’hélicoptère d’inspection par des dirigeables

L’essentiel

HyLight boucle une série A de 13 M€ pour industrialiser ses dirigeables à hydrogène, qui inspectent lignes électriques, voies ferrées et gazoducs.

À retenir

HyLight boucle une série A de 13 M€ pour industrialiser ses dirigeables à hydrogène, qui inspectent lignes électriques, voies ferrées et gazoducs.

La deeptech francilienne HyLight a bouclé une série A de 13 millions d’euros menée par Rubio Impact Ventures, dont la presse spécialisée a fait état les 12 et 13 octobre 2026. Ses dirigeables autonomes de 12 mètres, propulsés grâce à une pile à hydrogène, inspectent lignes électriques, voies ferrées et canalisations de gaz. Elle veut faire voler 15 appareils en même temps en 2027, contre 4 aujourd’hui, et recruter 50 personnes.

Un dirigeable plutôt qu’un drone

Le HyLighter tient en l’air comme un ballon. Selon FrenchWeb, Teréga précise que les appareils utilisés lors de son expérimentation sont gonflés à l’hélium ; l’hydrogène, lui, alimente une pile à combustible qui fournit l’électricité aux moteurs. L’engin peut voler jusqu’à dix heures, vise une distance de 350 kilomètres et emporte jusqu’à 10 kg de capteurs : caméras, LiDAR et détecteurs de méthane. Tech.eu évoque une résolution d’un millimètre par pixel à 25 mètres d’altitude et un nuage LiDAR de plus de 1 000 points par mètre carré. Les vols sont gérés à distance depuis le centre de contrôle de l’entreprise, à Paris, précise Tech.eu.

L’argument central est la distance. Martin Bocken, cofondateur et directeur général, estime qu’un drone classique couvre une vingtaine de kilomètres par jour ; en septembre 2026, HyLight dit avoir inspecté environ 3 000 kilomètres, dont 350 en une seule mission.

L’hélicoptère dans le viseur

Aujourd’hui, la surveillance des grands réseaux linéaires repose largement sur l’hélicoptère, coûteux, bruyant et émetteur : Tech.eu cite jusqu’à une tonne d’équivalent CO2 par heure de vol. Martin Bocken affirme que ses appareils accomplissent déjà le même travail « avec davantage de précision et moins de risques ». Enedis, NaTran, Teréga, SNCF Réseau et VINCI figurent parmi les clients, et la société revendique plus de 750 heures de vol. Chez Teréga, une expérimentation sur 107 kilomètres annoncée en février 2026 prévoit des survols tous les deux mois, en complément des hélicoptères et non à leur place, note FrenchWeb.

Le client ne reçoit pas des milliers d’images brutes mais une liste d’anomalies géolocalisées. Le logiciel maison repère, selon l’entreprise, plus de cinquante types de défauts sur les réseaux électriques ainsi que les risques liés à la végétation.

Qui investit, et pour quoi faire

Rubio Impact Ventures mène le tour, auquel participent DRW et Teampact Ventures ; les investisseurs historiques Y Combinator et Ring Capital remettent au pot. HyLight avait levé 3,7 millions d’euros, soit 4 millions de dollars, en avril 2024, rappelle AeroTime ; FrenchWeb chiffre à 16,7 millions d’euros le cumul des levées annoncées en 2024 et en 2026. La valorisation n’est pas communiquée. Fondée en 2022 par Martin Bocken, Josef Rokusek et Thomas Laporte, la société est installée sur la base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge et compte environ quatorze salariés selon Tech.eu.

L’argent doit d’abord servir à industrialiser la flotte : un site de production fonctionne déjà et l’entreprise internalise des composants jugés stratégiques. Les 50 embauches prévues concernent l’ingénierie, l’IA et la donnée, les opérations, les affaires réglementaires et le développement commercial. L’Allemagne et les Pays-Bas sont les marchés prioritaires pour 2027, la Belgique est à l’étude. À plus long terme, HyLight imagine des jumeaux numériques des infrastructures, puis des débouchés dans l’assurance, l’agriculture ou la gestion du territoire.

Les obstacles à franchir

La réglementation reste le premier filtre. Les vols hors de la vue du télépilote relèvent en Europe de la catégorie dite « spécifique » : chaque autorisation fixe des conditions d’exploitation tirées d’une analyse de risques et ne vaut pas permis de survol général, rappelle FrenchWeb, et chaque nouveau pays demande ses propres démarches. Les performances annoncées sont par ailleurs des chiffres de l’entreprise : FrenchWeb rappelle que le vent de face freine la progression au sol et que l’autonomie comme la distance couverte dépendent de la charge emportée et des conditions de mission. La concurrence s’organise aussi : le finlandais Kelluu, autre fabricant de dirigeables autonomes, a levé 15 millions d’euros en avril 2026 lors d’un tour mené par le fonds d’innovation de l’OTAN et vise une usine capable de produire 100 appareils par an. Passer de quatre à quinze engins en un an sera enfin un test industriel pour une équipe encore réduite.

Questions fréquentes

Pourquoi un dirigeable plutôt qu’un drone ?

Pour l’endurance. Le gaz porte l’appareil tandis que l’hydrogène sert à la propulsion, deux fonctions distinctes selon FrenchWeb, ce qui autorise jusqu’à dix heures de vol. Tech.eu souligne qu’un drone classique est limité sur les longues distances.

Le HyLighter vole-t-il grâce à l’hydrogène ?

Pas directement. D’après les éléments rapportés par FrenchWeb, la portance vient de l’hélium ; l’hydrogène sert de carburant à la pile qui alimente les moteurs électriques.

Qui utilise déjà ces dirigeables ?

HyLight cite Enedis, NaTran, Teréga, SNCF Réseau et VINCI, Ses appareils opèrent surtout en France, d’après AeroTime, et ont déjà volé dans plusieurs pays européens, selon Tech.eu.

Sources

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