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Fuite de données au PCF, à LFI et Renaissance : ce que risquent les militants

L’essentiel

Un pirate revendique des fichiers du PCF, de LFI et de Renaissance. Données exposées, réponses des partis et réflexes pour les militants et sympathisants.

À retenir

Un pirate revendique des fichiers du PCF, de LFI et de Renaissance. Données exposées, réponses des partis et réflexes pour les militants et sympathisants.

Entre le 23 et le 24 octobre 2026, un pirate a revendiqué la diffusion de fichiers attribués au Parti communiste français, à La France insoumise et à Renaissance, affirmant détenir des informations sur plus de 180 000 personnes. Les trois partis ne réagissent pas de la même façon, mais un point est commun : apparaître dans le fichier d’un parti peut révéler une opinion politique, une donnée que le RGPD protège tout particulièrement.

Ce qui a été revendiqué

Selon le Journal du Net, qui s’appuie sur l’examen par Le Monde de sept fichiers publiés sur un forum fréquenté par des cyberdélinquants, le pirate, habitué des attaques à visée lucrative, propose de vendre l’ensemble de sa prise. Les chiffres avancés restent ses propres déclarations.

Côté PCF, Fuites Infos rapporte qu’une base de 194 641 lignes portant sur 183 363 personnes a été mise en vente le 24 octobre, avec environ 114 000 numéros de téléphone et 77 000 adresses électroniques annoncés. Un extrait de 1 000 lignes comporte noms, adresses postales, téléphones et courriels de particuliers de l’Ain et de l’Aisne. Aucun champ n’y mentionne toutefois une adhésion ou une cotisation : le lien avec le fichier du parti n’est pas démontré.

Pour LFI, Fuites Infos décrit environ 544 Mo de fichiers diffusés gratuitement. Ils concernent surtout des opérations de porte-à-porte pour les municipales de 2026 et la présidentielle de 2027 : adresses visitées, noms ou pseudonymes d’environ 200 militants, quelque 11 400 événements de groupes locaux avec les contacts des organisateurs. Fuites Infos estime à près de 5 900 le nombre de personnes identifiables ; ces fichiers restent une revendication non confirmée par LFI.

Trois partis, trois réponses

  • PCF : le parti a annoncé la fuite dès le 23 octobre, après une alerte de l’ANSSI. Il a notifié la CNIL, annoncé une plainte, présenté ses excuses et prévoit d’informer les personnes concernées par courriel. Il juge lui-même ces données « hautement sensibles au sens du RGPD ».
  • LFI : le coordinateur national Manuel Bompard assure qu’aucune donnée personnelle n’a fuité au-delà de ce qui était déjà public. Le mouvement n’a pas confirmé d’intrusion. Le Monde, cité par le Journal du Net, a pourtant relevé des numéros et des courriels introuvables publiquement.
  • Renaissance : les fichiers ne contiennent pas de coordonnées mais relient des noms, prénoms et photos de responsables à des actions militantes ; ils proviendraient du site Attalpresident.fr. Le parti évoque des informations publiques, probablement collectées de façon automatisée, affirme que ses systèmes n’ont pas été pénétrés et n’avait pas saisi la CNIL.

Pourquoi ces fuites sont plus sensibles que d’autres

Un numéro de téléphone exposé est banal ; associé à un engagement politique, il l’est beaucoup moins. Le Journal du Net note que certaines personnes repérées dans les fichiers n’avaient jamais rendu public leur militantisme. Outre l’hameçonnage, Fuites Infos évoque le risque que ces informations servent à identifier, contacter ou harceler des militants. Deux autres fichiers, très volumineux, contiennent surtout des millions d’adresses postales sans nom, utilisées pour organiser le porte-à-porte.

Que faire si vous êtes adhérent, militant ou sympathisant

  • Méfiez-vous des messages au nom d’un parti : appel à cotisation, mise à jour de profil, invitation à un événement. Passez par le site ou l’application officiels plutôt que par un lien reçu.
  • Restez prudent au téléphone et par SMS, même si votre interlocuteur connaît votre section ou une date de porte-à-porte. Ne transmettez jamais un code, un mot de passe ou des coordonnées bancaires.
  • Signalez tout contact hostile et conservez les preuves ; en cas de harcèlement, un dépôt de plainte est possible.
  • Exercez vos droits : vous pouvez demander au parti quelles données il détient sur vous, et saisir la CNIL si la réponse ne vous satisfait pas.
  • Faites-vous aider gratuitement par cybermalveillance.gouv.fr, comme le recommande Fuites Infos.

Questions fréquentes

Les coordonnées bancaires des adhérents sont-elles touchées ?

Le PCF affirme que le fichier concerné ne contient ni coordonnées bancaires ni moyens de paiement. Aucune des sources consultées ne fait état de données bancaires pour LFI ou Renaissance.

Comment savoir si je figure dans les fichiers ?

Le PCF s’est engagé à prévenir les personnes concernées par courriel. Pour LFI et Renaissance, qui contestent toute fuite de données privées, le plus sûr est d’adresser une demande d’accès à ses données au parti.

Le chiffre de 180 000 personnes est-il fiable ?

Non, pas à ce stade : il provient du pirate lui-même. Fuites Infos souligne que le lien entre l’extrait mis en vente et le fichier du PCF n’est pas établi, et LFI affirme que rien de non public n’a fuité.

Sources

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