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Cybersecurity

Belgique : 588 incidents cyber signalés au CCB en neuf mois, plus qu’en 2025

L’essentiel

De janvier à septembre 2026, le CCB a reçu 588 signalements d'incidents, plus que sur toute l'année 2025. Comptes piratés, rançongiciels : ce qui monte.

À retenir

De janvier à septembre 2026, le CCB a reçu 588 signalements d'incidents, plus que sur toute l'année 2025. Comptes piratés, rançongiciels : ce qui monte.

Les signalements d’incidents informatiques continuent de grimper en Belgique. Entre le 1er janvier et le 28 septembre 2026, le Centre pour la cybersécurité Belgique (CCB) a reçu 588 déclarations, contre 556 sur l’ensemble de 2025. Derrière ce total, les compromissions de comptes et de systèmes progressent nettement, et 80 attaques par rançongiciel ont déjà été recensées.

Une progression continue depuis 2024

Les chiffres, rendus publics par le CCB le 15 octobre dans un rapport intitulé « Stormy Weather », ont été repris par ITdaily et par The Brussels Times, qui s’appuie sur L’Echo. Ils dessinent une courbe ascendante : 372 signalements en 2024, 556 en 2025, puis 588 sur les neuf premiers mois de 2026, soit plus de deux par jour en moyenne. Le total de 2025 est donc dépassé avant même la fin du troisième trimestre.

Comptes et systèmes compromis en tête

Le détail publié par The Brussels Times montre où se concentre la hausse. Les compromissions de comptes sont passées de 72 en 2024 à 144 en 2025, et atteignent déjà 156 sur les neuf premiers mois de 2026. Les compromissions de systèmes, où l’attaquant prend la main sur une machine ou un serveur, ont presque doublé : 50 sur toute l’année 2025, 97 depuis janvier 2026. ITdaily ajoute que les déclarations de ce type ont triplé par rapport au deuxième trimestre et la présente comme la catégorie la plus signalée ; sur le cumul des neuf mois, les compromissions de comptes restent pourtant devant, ce qui laisse penser que la poussée est récente.

Côté rançongiciels, 80 attaques ont été enregistrées depuis janvier 2026, selon The Brussels Times. ITdaily rappelle par ailleurs une estimation communiquée plus tôt en 2026 par le CCB, d’environ 22 attaques par rançongiciel par jour dans le pays. Les deux chiffres ne mesurent pas la même chose, des attaques estimées d’un côté, des déclarations de l’autre, et il faut se garder de les comparer directement. Ils rappellent néanmoins que les signalements ne donnent qu’une vue partielle de la menace.

Pourquoi les déclarations s’envolent

Le CCB ne livre pas d’explication unique, selon ITdaily. Il évoque une pression croissante sur la résilience des entreprises, des failles dans des logiciels très répandus et des faiblesses de la chaîne d’approvisionnement qui permettent de frapper plusieurs organisations d’un seul coup. Il cite aussi l’IA, qui aide les attaquants à trouver plus vite les vulnérabilités et à rédiger des messages frauduleux plus crédibles. L’appât du gain reste le premier moteur, d’après les données relayées par The Brussels Times, même si de l’espionnage lié à des groupes associés à la Russie, à la Chine et à l’Iran a également été détecté.

Les exemples ne manquent pas. Selon Secutec, cité par The Brussels Times, l’attaque d’un portail de partenaires d’un prestataire informatique américain a touché au moins 270 organisations belges. ITdaily mentionne le réseau de formation wallon IFAPME, dont les données de 700 000 citoyens auraient été dérobées, ainsi que les perturbations subies par Albert Heijn et Delhaize, avec des services en ligne coupés et des rayons vides dans certains magasins. The Brussels Times rappelle aussi qu’en 2025, selon Rapid7, il s’écoulait en médiane cinq jours entre la divulgation d’une faille grave et les premières preuves de son exploitation.

On pourrait être tenté d’attribuer la hausse à la directive européenne NIS2. Ni ITdaily ni The Brussels Times ne font pourtant ce lien dans leurs articles. ITdaily ne cite NIS2 qu’à propos du référentiel gratuit CyberFundamentals, que le CCB présente comme un outil déterminant pour la mettre en œuvre en choisissant les bonnes mesures.

Ce que le CCB demande aux dirigeants

Le centre adresse aux chefs d’entreprise une série de recommandations, résumées par ITdaily :

  • désigner nommément des responsables pour chaque mesure de sécurité clé ;
  • protéger les comptes par l’authentification à plusieurs facteurs, en priorité ceux des administrateurs et les accès à distance ;
  • réduire au strict nécessaire les systèmes accessibles depuis Internet ;
  • corriger en premier les vulnérabilités déjà exploitées ;
  • déconnecter un système d’Internet dès les premiers signes suspects ;
  • former le personnel à repérer les courriels douteux et à vérifier toute demande de paiement inhabituelle ;
  • mettre à l’abri les sauvegardes essentielles pour pouvoir restaurer rapidement.

Pieter Philippaerts, chercheur en cybersécurité à la KU Leuven cité par The Brussels Times, résume l’état d’esprit attendu : les entreprises doivent se préparer à subir une attaque réussie, la contenir vite, limiter les dégâts et reprendre leur activité. Aux organisations qui veulent mesurer leur niveau de maturité, ITdaily signale aussi un diagnostic en ligne, Safeonweb at Work.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le CCB ?

Le Centre pour la cybersécurité Belgique est l’organisme public auquel les organisations belges déclarent leurs incidents informatiques. Il publie aussi des recommandations et des outils, comme le référentiel CyberFundamentals ou l’auto-évaluation Safeonweb at Work.

Plus de signalements, est-ce forcément plus d’attaques ?

Pas nécessairement dans la même proportion, car un signalement dépend aussi de la volonté de déclarer. Les sources consultées ne tranchent pas ce point, mais la progression des compromissions de systèmes et le nombre de rançongiciels recensés témoignent d’une menace bien réelle.

Que doit faire une PME belge en priorité ?

Activer l’authentification à plusieurs facteurs sur les comptes administrateurs et les accès à distance, limiter ce qui est exposé sur Internet, corriger vite les failles déjà exploitées et protéger ses sauvegardes, comme le recommande le CCB.

Sources

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