Le jeudi 5 novembre 2026, les quatre principaux syndicats de cheminots ont appelé à la grève, le même jour qu’une mobilisation interprofessionnelle contre le projet de budget 2027. Résultat : des TGV peu touchés, mais des trains régionaux et franciliens nettement réduits. Ce rare front commun pose une question pour les semaines qui viennent : la négociation salariale à la SNCF va-t-elle déboucher, ou ouvrir un conflit plus long ?
Un front syndical complet chez les cheminots
Selon Ulysse, qui a détaillé l’appel dès le 20 octobre, CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots se sont alignés sur la même date ; Infos Yvelines confirmait le 3 novembre le dépôt d’un préavis unitaire. Il est inhabituel que ces quatre organisations, aux stratégies souvent divergentes, avancent ensemble. Leurs revendications portent sur les salaires, les primes, les conditions de travail, l’emploi et les effets de l’ouverture à la concurrence.
Le calendrier n’était pas anodin. Un rassemblement était programmé le 3 novembre devant le siège de la SNCF à Saint-Denis, au moment d’une réunion consacrée aux rémunérations. L’UNSA-Ferroviaire avait résumé la séquence d’une formule : « Le 3 novembre rassemblés, le 5 en grève ». Autrement dit, la grève servait de levier sur une négociation déjà ouverte.
Une journée doublée d’une mobilisation contre le budget 2027
Le mouvement des cheminots s’est superposé à une grève interprofessionnelle. D’après le suivi en direct de Selectra, la CFDT, la CGT, FO, l’Unsa et la FSU appelaient à manifester contre le projet de budget 2027, avec des demandes salariales distinctes : hausse de 10 % du smic pour la CGT, 100 euros de plus par mois pour la CFDT, entre 100 et 150 euros pour FO.
Les chiffres de participation divergent selon les sources, comme souvent. Le ministère de l’Intérieur comptait 270 000 manifestants dans 180 cortèges hors Paris à la mi-journée, la CGT revendiquant plus de 250 000 personnes dans 73 villes. Dans la fonction publique d’État, le taux de grévistes atteignait 9,9 % en début d’après-midi, selon les chiffres repris par Selectra.
Ce qui a roulé, et ce qui n’a pas roulé
SNCF Voyageurs avait annoncé des TGV « légèrement perturbés », mais des Intercités et des TER « perturbés ». En Île-de-France, l’écart entre lignes était marqué : un train sur trois seulement sur le RER D, un sur deux sur le RER C et les lignes H, N, R et U, deux sur trois sur le RER E et les lignes J et L. Les lignes K et V roulaient normalement. La RATP annonçait de son côté un trafic normal sur le métro, les bus et le RER A, même si 25 stations de métro ont été fermées à partir de 11 heures sur décision de la préfecture de police.
Pour les trajets entre Paris et la Normandie, aucune des sources consultées ne donne de chiffre ligne par ligne. Les voyageurs réguliers de Paris–Rouen ou Paris–Caen devaient donc se reporter à l’information publiée la veille, puisque, comme le rappelle Ulysse, les plans de transport définitifs sortent en général vers 17 heures le jour précédent.
Billets, remboursements et pièges à éviter
En cas de train supprimé sur TGV INOUI ou Intercités, l’échange sans frais ou le remboursement intégral est possible lorsque des mesures commerciales exceptionnelles sont ouvertes. Ulysse précise que ce remboursement n’est pas toujours automatique : il faut parfois annuler soi-même dans son espace client. Pour les TER, un billet reste en général valable toute la journée sur le même trajet, sauf trains à réservation obligatoire. Ulysse ajoute que les voyageurs qui ont laissé leurs coordonnées peuvent être prévenus par SMS ou courriel si leur train est modifié ou supprimé.
Et maintenant ?
La dernière mise à jour du direct de Selectra, à 17 h 12, ne donnait pas de bilan définitif, et aucune nouvelle date n’était annoncée dans les sources consultées. L’issue dépend surtout de la suite donnée par la direction de la SNCF aux discussions salariales du 3 novembre. Un front uni de quatre syndicats donne du poids aux revendications, mais il reste à voir s’il tiendra au-delà d’une journée d’action.
Questions fréquentes
Quels syndicats appelaient à la grève SNCF du 5 novembre ?
CGT-Cheminots, UNSA-Ferroviaire, SUD-Rail et CFDT-Cheminots, sur les salaires, les primes, l’emploi et les conditions de travail.
Un billet annulé pour grève est-il remboursé automatiquement ?
Pas toujours. Quand des mesures exceptionnelles sont ouvertes, il faut parfois annuler soi-même son billet dans son espace client pour obtenir le remboursement.
Une nouvelle grève est-elle prévue ?
Aucune date n’était annoncée dans les sources consultées au 8 novembre ; la suite dépend des négociations salariales en cours.
Sources
- Grève du 5 novembre : le direct (trains, écoles, salaire) — Selectra, 2026-11-05
- TGV, TER, Intercités : grève nationale SNCF le 5 novembre — Ulysse, 2026-10-20
- Grève jeudi 5 novembre dans les Yvelines : trains, RER, écoles — Infos Yvelines, 2026-11-03